Alors que les trois championnats masculins ont été suspendus par la MFA en mars à la suite du COVID-19, l’actualité chez les footballeuses n’a jamais été aussi inexistante. Si depuis environ trois mois toutes les disciplines sportives sont à l’arrêt, cela fait plusieurs années que le football féminin n’avance plus. Mais cela pourrait évoluer si une des footballeuses mauriciennes s’octroie un stage à l’étranger, ce qui inspirera les jeunes mauriciennes à franchir un palier.

Les années se suivent et se ressemblent pour les footballeuses mauriciennes. Les défaites ont fait que le football féminin à Maurice se trouve à la dernière place au classement FIFA, soit 159e. Devant Maurice, nous retrouvons Madagascar (158e) et les Comores (156e). Chez nos amis les Comores, la fédération souhaite miser sur les expatriés afin d’inspirer les autres à développer cette discipline. À l’exemple de la Française d’origine comorienne Jamila Hamidou (21 ans), qui évolue avec l’Olympique de Marseille.

À Maurice, la page du Lady Club M est tournée et on se doit se miser sur la jeune génération. Si dans le passé des joueuses comme Martine Kelly ou Cynthia Édouard sortaient du lot, la nouvelle génération est aussi talentueuse, à l’exemple de l’attaquante des U20 Jerusha Ramasawmy, du milieu de terrain Julie Gopal et la défenseuse Coralie Verloppe. Si ces jeunes filles reçoivent l’encadrement nécessaire afin de décrocher un stage en France, notamment en sport-études, les autres Mauriciennes pourront s’en inspirer et se dire qu’il y a une chance à saisir. On devra donc compter sur le nouveau directeur technique national, le Sud-Africain Zunaid Mall, afin que cela puisse se réaliser.

Aussi, il faudrait revoir les différents projets de la MFA concernant le football féminin. Nous avons eu droit à un championnat l’an dernier après trois ans d’absence. Comment préparer une sélection si les joueuses mêmes n’enchaînent pas les matches ? Un autre aspect à prendre en considération : le coaching. De 2016 à 2019, le Lady Club M a connu trois sélectionneurs, le Mauricien Alain Jules, le Français Pierre Yves Bolideau et le Congolais Kofi Kawata, qui occupe actuellement le poste. Ce dernier porte également la casquette de sélectionneur des U17 (filles) et U20 (garçons). Toutes ces responsabilités pour un seul homme ? N’y a-t-il pas d’entraîneur assez qualifié à Maurice pour diriger chaque sélection ?

Cette année, Martine Kelly a fait le voyage en Afrique du Sud afin de se peaufiner dans le rôle d’entraîneur, et c’est peut-être elle qui prendra les commandes du Lady Club M un jour. Avec Cynthia Édouard, qui a été l’adjointe de Kawata lors du tournoi de l’Union des fédérations de football de l’océan Indien en 2019, elles pourront certainement constituer un binôme parfait. Mais pour cela, il faudrait revoir les bases et s’inscrire sur le long terme, avec certainement des joueuses locales mais également miser sur les expatries qui apporteront un plus à la sélection féminine.

Avant tout, la MFA devra prendre ses responsabilités et trouver des solutions après que la situation sanitaire se rétablisse à Maurice pour relancer correctement le football féminin. Au cas contraire, Maurice se retrouvera toujours à la dernière place du classement FIFA.