Un des plus jeunes entraîneurs en Super League, Jérôme Thomas (38 ans), coach de Roche-Bois Bolton City, a connu cinq saisons avec ce club de la capitale. Après une carrière de footballeur, c’était sans surprise que cet habitant de Roche-Bois s’est converti en coach désireux de faire remporter des titres à son club. À son palmarès, il ne lui manque que le titre de champion de Super League.

Ses débuts

Amoureux du ballon rond, Jérôme Thomas a vite tapé à l’œil des clubs mauriciens depuis son enfance. C’est au poste de latéral gauche, à 11 ans, qu’il rejoint la formation de sa localité, Mer Rouge SC. Par la suite, c’est Benjamin Bourdon, formateur de l’école de foot de Roche-Bois, qui perçoit le talent de ce jeune footballeur, mais celui-ci n’allait faire qu’une saison avec cette équipe. Après ses belles prestations, il rejoint le Centre Régional Préformation, alors dirigé par Mamade Elahee, icône du football mauricien. « Cela a été une succession d’apprentissages avec Mamade Elahee, et de là j’ai pu défendre Maurice chez les U15 », nous dit-il. À 16 ans, alors qu’il devait rejoindre l’équipe de Maurice Espoirs, le football mauricien connaissait un coup d’arrêt, ce qui l’a empêché de se hisser en équipe nationale.

Parcours en tant que joueur

Après deux ans sans toucher le ballon, Jérôme Thomas rejoint La Cure Sylvester SC dans la ligue régionale, où avec ses coéquipiers ils remportaient le titre, et après deux saisons avec les Sylvesters, il rejoint l’Association Sportive de Port-Louis 2000, qui à cette époque était la meilleure équipe d’île, pour une saison comme milieu gauche. L’ASPL 2000 avait comme entraîneur Sarjoo Gowreesunkur. « On pouvait dire que l’équipe nationale se trouvait dans la capitale. Néanmoins, c’était vraiment difficile de s’imposer, mais l’aventure a été formidable, car j’ai eu l’occasion de faire une tournée en France et une Coupe d’Afrique. Je dois remercier le coach Gowreesunkur, car il m’a beaucoup appris, il a su trouver les bons mots pour motiver chacun de ses joueurs », fait-il ressortir. Entre 25 à 30 ans, Jérôme Thomas évolue dans plusieurs clubs, dont le Pamplemousses SC, les PAS Mates, La Cure Sylvester et Roche-Bois Bolton City.

Premiers pas dans le coaching

Alors joueur de l’équipe première de Bolton City, ses dirigeants lui proposent d’entraîner l’équipe juniors. « Comme je venais de terminer mes diplômes d’entraîneur, j’ai eu l’occasion de diriger les jeunes et cela fut vraiment une belle expérience », déclare-t-il. Il a remporté alors le tournoi de Riverland. Mais après cette aventure avec les juniors, la saison 2013-14 allait bouleverser la jeune carrière de Jérôme Thomas. Après la relégation de Bolton City en Division 1, Jérôme Thomas succède à Claude Ross. « Nous avons passé deux saisons en D1 et à chaque fois on perdait le titre par deux ou trois points. Néanmoins, lors de la saison 2014-15, alors deuxième de la ligue, la MFA avait changé ses règlements et les deux premiers de la ligue ont eu l’occasion d’être promus sans passer par les barrages », souligne-t-il. À cette époque, des jeunes comme Christopher Casernes, Fabrice Brasse et Marvine Samane font partie de cette formation. Les trois joueurs cités évoluent cette saison avec Roche-Bois Bolton City.

2015-16 à 2019-20, la deuxième place

Alors que le football mauricien débute son aventure dans le monde professionnel, Jérôme Thomas entame lui sa première aventure en Super Ligue. « Lors de notre première saison, nous avions recruté des joueurs camerounais et l’objectif était le maintien », nous dit-il. Mais plus que le maintien, la formation roche-boisienne avait enregistré sept victoires consécutives sans encaisser le moindre but. Ce qui était un exploit pour un promu. Lors des trois saisons suivantes, Jérôme Thomas a remporté la Coupe de la République (2016-17), la MFA Cup (2017-18) dont une qualification pour la Coupe de la Confédération africaine de football, et le Charity Shield (2019-20). « La qualification lors de la Coupe de la CAF restera pour moi l’un des plus forts moments de ma jeune carrière avec mon club. C’était une aventure inexplicable, car avant notre première rencontre, on n’avait eu que deux semaines de préparation. Malgré notre qualification au second tour, la tâche était compliquée pour l’équipe », fait-il ressortir.

Néanmoins, la deuxième place lui colle à la peau, car durant les trois saisons qui se sont écoulées, il a toujours terminé derrière le leader. Lorsque la saison 2019-20 a été annulée par la MFA, Bolton City était en course pour le titre en comptant le même nombre de points, mais avec un but de moins que le leader GRSE Wanderers. De ce fait, personne ne saura si Jérôme Thomas a raté la possibilité de remporter le titre de champion.

Les joueurs qui l’ont marqué

Durant sa carrière, Jérôme Thomas a rencontré plusieurs footballeurs dans son club, mais il y en a eu qui l’ont tapé dans l’œil. « Sans minimiser l’exploit et l’effort des joueurs que j’ai pu coacher, certains ont été pour moi des rencontres formidables. Des joueurs locaux comme Giano Li Tien Kee, Christopher Caserne, Percy Buckland, des étrangers comme Marcel Wamba, Amand M’Poue, Yves Longang ont été, avec les autres, des modèles pour ce club de la capitale », dit-il.

Un avenir pas encore tracé…
À 38 ans, Jérôme Thomas « n’a encore rien prouvé à Maurice. S’il me manque le titre, c’est que je dois apprendre encore. Le football évolue de jour en jour, et un entraîneur se doit de se réinventer. Une équipe nationale peut avoir un bon niveau sur la scène locale, mais c’est en jouant sur le continent que nous voyons la différence », fait-il ressortir. « Personne ne connaît son avenir, mais je m’efforcerai de me donner toujours au maximum afin d’aider mon équipe. Dans le futur, je pourrai bien évidemment entraîner une autre équipe que mon club actuel, et si je parviens à remporter un jour le titre national, j’aurais certainement un regret, celui de ne pas l’avoir décroché avec Roche-Bois Bolton City », conclut Jérôme Thomas.