Photo illustration

✱ Le ministre n’a pas dévoilé l’avis du SLO qu’il dit détenir

✱ Les statuts de cette fédération sont au Registrar of Associations suivant une rencontre tenue le 27 mars 2019, affirme-t-il

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, n’a pas été en mesure d’éclaircir la chambre, mardi dernier, sur une question très sensible. Il a même évité de dire si la Mauritius Football Association (MFA) est toujours dans une situation d’illégalité par rapport aux lois sportives du pays comme expliqué dans une correspondance du Registrar of Association en date du 7 juin 2018 ! Il répondait alors à une question du député du MMM, Franco Quirin. Le plus grave, c’est que Stephan Toussaint, qui disait détenir un avis du State Law Office (SLO) sur cette question, n’a pu donner des éclaircissements à ce sujet.

Ce que nous savons désormais, c’est que des développements sont intervenus, après une réunion tenue le 27 mars 2019, selon les dires mêmes de Stephan Toussaint. Une rencontre qui faisait suite à celle du 25 septembre 2018 et qui avait conduit le MJS à prendre la décision de suspendre toutes les subventions accordées à la MFA, à l’exception de celle du Club M. Il était alors question de la non-conformité de cette fédération avec le Registration of Association Act et plus particulièrement de l’organisation de son assemblée générale du 8 juin 2018 à Trianon menant à l’institution de son comité directeur. Dans un communiqué d’ailleurs, le MJS avait indiqué qu’il avait pris la décision de solliciter l’avis du SLO pour une interprétation de la Second Schedule, Section 2 (2) (d) (i) et (ii). Dans sa réponse, mardi dernier, Stephan Toussaint a expliqué avoir déjà dit au Parlement, le 27 novembre 2018, que la MFA – malgré les engagements pris par la fédération et son président, Samir Sobha – n’avaient toujours pas fait enregistrer ses statuts de 2012 comme demandé. Il a ainsi précisé qu’une rencontre s’est tenue le 27 mars 2019 à son bureau entre les représentants de la MFA, le Registrar of Association et le bureau de l’Attorney General. Il a déclaré que lors de cette réunion, il avait été «agreed that the federation will look anew into its rules so as to ensure that they are in conformity with the Sports Act 2016 and subsequently submit same to the Registrar of Association», avant d’ajouter: «This has been now done.»

Quels statuts soumis au Registrar ?

C’est justement là que le bât blesse. Car la question est de savoir de quels statuts parle-t-il. Est-ce des statuts de 2012 dont le Registrar a déjà statué sur leur non-conformité par rapport au Sports Act 2016 ou est ce des statuts avec amendements ? Si ce sont avec des amendements, on aurait alors bien aimé savoir si la MFA a convoqué une assemblée générale extraordinaire pour débattre des changements ? Ce qui inquiète encore plus, c’est la position du ministre Toussaint, suite aux questions fort embarrassantes de Franco Quirin, sur l’avis sollicité du SLO, en septembre 2018. Pressé de questions, Stephan Toussaint a répété que la MFA avait déjà soumis ses statuts au Registrar of Association. Ce qui a poussé Franco Quirin à préciser : « Je parle du SLO. Est-ce que le ministre peut être clair et net ? Est-ce que le dossier est toujours au SLO, est-ce qu’il est au bureau du ministre et qu’il ne veut pas dévoiler ce qui a été dit dans le jugement ?»

Stephan Toussaint a alors avancé : « Madame la Présidente, c’est clair et net que le SLO a donné un ruling, mais je le redis, j’ai plusieurs documents avec moi là, mais je vais le chercher et je vais le déposer si besoin. »

Ce qui interpelle toutefois, c’est que si le SLO a bien donné son ruling, Stephan Toussaint, en tant que ministre, aurait dû être au courant de cet avis, même s’il ne retrouvait pas le document comme il l’a affirmé ! Ces réponses très peu convaincantes sur ce sujet, ont fi ni par agacer le député Arvind Boolell, qui a parlé de «connivence entre le Registrar of Association et la MFA». Ce qui a forcé la Speaker, Maya Hanoomanjee, à intervenir pour lui demander d’assumer ses propos jugés, comme «very serious statement».

Le député rouge a maintenu ses propos et a demandé au ministre de déposer le document concernant l’avis du SLO sur la table de l’Assemblée. Mais la Speaker a coupé court aux échanges en passant à une autre question.