Neuf hauts fonctionnaires, dont sept Rodriguais, poursuivis sous une charge de “public official using office for gratification”, ont comparu en Cour intermédiaire hier. Il est reproché à ces cinq femmes et quatre hommes d’avoir alloué un contrat de service de sécurité à une agence qui avait un “non responsive bids”. Leur avocat, Me Yousuf Mohamed, a logé une motion pour l’arrêt des poursuites contre les Rodriguais. La magistrate Razia Janoo-Jaunbocus a, dans un ruling rendu hier, rejeté la motion, ordonnant que les charges soient maintenues. L’affaire a été fixée du 9 au 20 mars 2015.
Me Yousouf Mohamed avait indiqué, lors de la dernière séance, que les neuf prévenus sont des fonctionnaires devant être poursuivis sous la Public Officers Protection Act. L’avocat avait souligné que le délai de deux ans pour les poursuivre était dépassé car le délit remonte à 2007, le procès ayant été logé en 2012. Au moment des faits, les accusés étaient postés à différentes commissions, notamment des Arts et de la Culture, l’Éducation et la Santé. Après plusieurs mois d’enquête au sujet de l’octroi par l’Assemblée régionale de Rodrigues en 2007, à l’époque où le MR était au pouvoir, de deux contrats de gardiennage, l’ICAC avait procédé en janvier à neuf arrestations, tous des hauts fonctionnaires de l’administration, dont deux Mauriciens. Parmi eux se trouvent un ancien Island Chief Executive sous l’administration du MR, et aujourd’hui Head of Department dans une commission de l’Assemblée régionale, Joseph Ah-Leong Chang Siow, le Head of Department à la Commission des Arts et de la Culture, le Mauricien Jacques Roger Rousseau, le Head of Department de la Commission de l’Éducation, Christelle GrandCourt, dont l’époux avait été commissaire à l’Infrastructure, et Daniel Nima, membre du Departmental Tender Committee de la Commission de la Santé de Rodrigues. Les autres fonctionnaires poursuivis sont Nathalie Roussety, Jean-Daniel Roussety, Rolanda Castelle, Marylaine Spévillle et Marie Noelette Speville, qui sont Finance Officer,  Assistant Procurement and Supply Officer et Financial Operation Officer dans l’administration de l’Assemblée régionale. Ils sont inculpés sous la section 7 de la Prevention of Corruption Act, accusés notamment de “public official using his office for gratification”. Chacun a dû fournir une caution de Rs 15 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 50 000 pour retrouver la liberté provisoire en Cour de Rodrigues.
L’affaire remonte à 2007 lorsqu’une société gérée par Giovanni Etienne, proche du MR, s’était vu octroyer deux contrats de gardiennage alors que les procédures d’appels d’offres n’auraient pas été scrupuleusement suivies à la lettre. La principale contention de l’ICAC demeure que les “Bids” soumises étaient “Non-Responsive” et auraient dû être éliminées car la société ne détiendrait pas les permis d’opérations.