Le comité organisateur de la célébration du tricentenaire de la présence française à Maurice, en collaboration avec la galerie Hélène de Senneville à Pointe-aux-Canonniers, accueil les amateurs d’art, de poésie et le public en général le temps d’un voyage dans l’univers baudelairien reconstruit par une quarantaine d’artistes mauriciens et étrangers. Et ce, sous forme d’une exposition qui durera jusqu’au 30 septembre.
La grande baie vitrée qu’arbore la galerie laisse paraître une installation en boîtes de conserve rouges et blanches sur lesquelles sont inscrites : Charles Baudelaire et 1841. Pour l’anecdote, un séjour de 18 jours à Maurice, soit du 1er au 18 septembre 1841, a inspiré le poète pour l’écriture d’une des plus belles oeuvres littéraires, Les Fleurs du mal. Ses poèmes ont à leur tour influencé nombre d’artistes. En est témoin l’exposition retraçant le parcours du poète Charles Baudelaire à la galerie Hélène de Senneville, laquelle présente des oeuvres découlant de ses travaux. Hélène de Senneville explique que ce sont seulement les nouvelles oeuvres réalisées pour être montrées durant cette présente exposition qui ont été acceptées.
Le tableau d’Anton Molnar inspiré de À une Dame créole donne le ton à la manifestation. Sur le mur de droite, une grande toile de Maryann Maingard et une sculpture de Nirmal Hurry, les deux puisant de L’Albatros. Et à droite de la porte d’entrée, trois peintures de Mélissa Rivet-Deweer inspirées de trois poèmes : À une Malabaraise, À une Dame créole et L’Albatros. Ce qui mène le visiteur dans un coin discret de la galerie où est exposée une orchidée, le Sabot-de-Vénus sur une tablette surmontée d’un poème accroché au mur et de la première image illustrant Les Fleurs du mal, fait ressortir Hélène de Senneville, la galeriste et commissaire d’exposition.
D’oeuvre en oeuvre, à travers la sensibilité de chaque artiste — chacun à sa manière, dans le style qui lui est propre — le visiteur est imprégné de l’univers de Charles Baudelaire. Tantôt c’est de la poésie, tantôt le portrait du poète, mais aussi, des abstraits ou semi-figuratifs avec l’exploration des couleurs pour illustrer l’atmosphère à Maurice en cette période de l’année. Une atmosphère qui n’a certainement pas changé, comme le souligne Hélène de Senneville.
D’autres encore, comme Nirveda Alleck, ont choisi de jouer la carte de l’« héritage ». À cet effet, le patrimoine est un thème qui revient dans cette exposition avec le travail inédit de Jérémie Bennequin, connu pour son « art de l’effacement ». Cet artiste français a été commissionné pour retourner sur les traces de Charles Baudelaire à Maurice. Il a visité les lieux qu’il a habités, s’est approprié de ses textes avant de les réinvestir dans ses propres écrits, tentant de recréer ce que le poète a vécu durant ce séjour. Au premier étage, incursion au sein de l’atelier de la galerie avant de poursuivre le voyage dans la chambre de Baudelaire. Première chambre ouverte dans le cadre du projet résidence d’artiste de la galerie. De retour au rez-de-chaussée, une vidéo permet d’apprécier quelques autres travaux exposés dans l’espace aménagé à ce titre.
L’exposition est ouverte jusqu’au 30 septembre. L’entrée est gratuite.