Lutchmeeparsad Ramdhun a été contraint à prendre sa retraite comme directeur du Government Information Service (GIS) aux termes d’un conflit qui l’oppose à l’“establishment” depuis plusieurs mois. En effet, dans une correspondance que lui a adressée cette semaine le secrétaire au cabinet et chef de la fonction publique, Nayen Koomar Ballah, il lui est annoncé qu’à la demande de la PSC, il doit obligatoirement quitter ses fonctions à partir du 16 septembre en raison de son âge. Ainsi, sur la base de différentes dispositions de la PSC, le chef de la fonction publique l’informe que « having attained the age of 60 years, you should be compulsorily retired from the Public Service on the grounds of age ».

C’est la deuxième fois en quatre mois qu’il reçoit une lettre d’éviction. La dernière date de mai dernier lorsque Dev Manraj agissant comme secrétaire au cabinet par intérim lui avait demandé, dans une correspondance, de prendre sa retraite dans le sillage d’un projet de restructuration. Toutefois, il avait eu la possibilité de donner des explications sur les raisons pour lesquelles il ne devrait pas prendre sa retraite. C’est ce qu’il a fait par le biais d’une pétition en cour et l’affaire devait être entendue le 21 octobre.

Depuis l’année dernière, Lutchmeeparsad Ramdhun s’est retrouvé en porte-à-faux avec le gouvernement. En mai 2017, le secrétaire au cabinet l’avait informé qu’il avait été choisi pour représenter le PMO au conseil d’administration de la MBC. Quelque mois plus tard, en octobre, il a été informé qu’il serait « seconded for duties » comme consultant auprès de la MBC. Il n’a pu toutefois assumer ses fonctions à la suite d’une décision de l’Officer in charge de la MBC qui avait informé le PMO de l’annulation de l’offre concernant le poste de consultant. Ce qui l’avait forcé à prendre un long congé.

Depuis, Lutchmeeparsad Ramdhun s’était éclipsé des fonctions officielles malgré le fait qu’en tant que directeur du GIS, il était chargé d’assurer les relations avec la presse. Ainsi, lors des visites officielles de plusieurs chefs d’État cette année dont la dernière en date est celle du pape François, c’est Pradeep Goburdhone qui avait assumé les fonctions imparties au directeur du GIS dont l’accréditation des journalistes locaux et internationaux.

Le Mauricien n’a pu entrer en contact avec Lutchmeeparsad Ramdhun pour connaître la suite qu’il compte donner à cette injonction du chef de la fonction publique.

Interrogé ce matin, le président d’une confédération syndicale regroupant les syndicats de la fonction publique explique qu’aux termes des dispositions du PRB, il n’est pas correct de contraindre un fonctionnaire à la retraite contre sa volonté. « Il revient à ce dernier de décider s’il doit prendre ou pas une retraite prématurée. Le contraire constituerait une violation de ses conditions de travail », a souligné le syndicaliste.

« Un fonctionnaire peut avoir pris des engagements financiers ou autre sur la base de son départ à la retraite à 65 ans. Un départ forcé avant cette date peut lui porter préjudice d’autant plus qu’un fonctionnaire n’est pas autorisé à prendre un deuxième emploi alors qu’il est en fonction », a ajouté le syndicaliste. Il souhaite que le gouvernement explique clairement la raison de sa décision afin de dissiper toutes les inquiétudes parmi les fonctionnaires qui ont choisi de travailler jusqu’à 65 ans.