Vue s'ensemble du premier temple hindou de Maurice

Situé dans le nord, Gokoola est un tout petit village. Cette localité se trouve entre Piton et L’Amitié. Affecté par de nombreuses inondations, l’endroit semble oublié de tous. Le village ne possède même plus de panneau qui indique son emplacement. C’est pourtant dans ce lieu que le premier temple indien de Maurice a été construit.

L’origine du nom Gokoola est associée à celui de Gokul, ville de l’État d’Uttar Pradesh en Inde, où des milliers de croyants se rendent en pèlerinage en l’honneur du dieu Krishna. Regroupé au village de L’Amitié, Gokoola est un village dortoir. Les habitants se rendent dans d’autres villes pour travailler, être scolarisés ou même faire leurs achats. Le village est situé dans le nord de Maurice, dans le district de Pamplemousses/Rivière du Rempart. En passant par Mapou, il faut ensuite traverser le village de Piton. Quelques champs de cannes, sur la droite un immense manguier… et on arrive à Gokoola. Il n’y a plus de panneau indiquant l’entrée du village.

Le jardin public, situé à l’entrée du village

“Rien n’a bougé”.

La limite avec Piton et l’Amitié est difficilement observable. Il est donc assez facile de ne pas se rendre compte que l’on a traversé Gokoola. Tout est très calme, les rues presque désertes. Deux boutiques et des habitations longent la route. Le village est coupé en deux par la route A6. Ce lieu est très fréquenté par le passage de voitures, autobus et camions, dont l’affluence est impressionnante et dangereuse.

Kushal Jeebun, 26 ans, chauffeur de camion, raconte : “C’est tranquille ici. Je suis arrivé il y a vingt ans avec mes parents. Rien n’a bougé, on n’observe aucun développement. Nous sommes abandonnés, il n’y a rien. Avec les inondations et après de nombreuses critiques, le gouvernement a fait construire des drains, mais c’est tout. Il n’y a pas de complexe sportif. Il y avait un parc pour enfants assez récent, mais les inondations ont tout emporté. C’est pourtant un endroit où vivent beaucoup de jeunes, Nombre d’entre eux, faute d’occupations, tombent malheureusement dans l’alcool. Nous sommes pour la plupart des ouvriers et nous devons nous déplacer pour aller travailler. Pour tout à vrai dire. Il y a très peu de boutiques et un centre social.”

Pluies torrentielles et inondations.

L’endroit est marqué par l’histoire du temple Shivala. Construit en 1867, ce temple hindou est le tout premier à voir le jour à Maurice. Très bien entretenu, il ne fait pas son âge. Placé au début du village, il borde la route en face du jardin public de la localité.

Gokoola est habité par un peu plus de 1,500 personnes. Il y a beaucoup de maisons, mais les rues sont désespérément vides. Pas de marchands, peu de passants. On voit quelques ouvriers qui construisent des drains.

Kushal jeebun, 26 ans, vit depuis vingt ans à Gokoola

Cette localité est très marquée par les inondations, qui se produisent de façon récurrente dès que les grosses pluies arrivent. Certains habitants en font les frais très régulièrement. Sangeeta Doobary, 42 ans, confie : “Je suis née ici. J’y ai passé une belle enfance. C’est un petit village et tout le monde se connaît. J’aime y vivre, c’est plutôt tranquille. Un peu trop puisqu’une de mes filles, qui est handicapée moteur, ne peut pas aller à l’école faute de transport adapté. Par ailleurs, avec toutes ces inondations, tout devient très difficile. Depuis des années déjà, dès qu’il y a des pluies torrentielles, l’eau envahit notre maison, dans laquelle nous vivons à huit personnes. Nous devons alors compter sur la solidarité des gens et les meubles qu’ils nous prêtent, car il est impossible financièrement de renouveler ceux-ci une ou plusieurs fois par an. On se sent oublié, il n’y a aucun changement. On aimerait que les choses bougent. Et on a l’impression que c’est du chacun pour soi.”