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  • Le GM a déjà investi Rs 2,8 milliards dans le projet Metro Express sur des “estimates” de Rs 4,5 milliards en 2017/18
  • Des “Outstanding Loans” de Rs 10 milliards des corps para-étatiques, dont Rs 6 milliards pour les seules CWA et WWMA des Public Utilities

Le dernier rapport de l’Audit pour l’exercice financier se terminant au 30 juin dernier confirme une tendance qui s’est accentuée au fils des années : les investissements des fonds publics dans les corps parapublics ne sont nullement rentables. Ainsi, en 2017/18, des placements de Rs 18 milliards n’ont rapporté que des dividendes de Rs 303 millions, soit à peine un “Rate of Return” de 2%. Malgré cela, le gouvernement poursuit dans la même veine avec des investissements de Rs 4,5 milliards dans le projet Metro Express, avec Rs 2,8 milliards déjà réalisées. D’un autre côté, les “Outstanding Loans” de ces mêmes corps parapublics se montent à Rs 10 milliards, avec les deux entités sous la tutelle du Deputy Prime Minister’s Office et ministère des Utilités publiques, soit la Central Water Authority et la Wastewater Management Authority. Avec le secteur bancaire, où le privé a réalisé des milliards de profits, le gouvernement n’a pas non plus eu la main heureuse. La MauBank tente de se dépêtrer d’un bourbier financier de Rs 3,2 milliards.

La remarque du rapport de l’Audit est des plus cinglantes au sujet des “Return on Investments”. « As at June 2018, total cost of investments in shares in Quoteed and Unquoted Companies amounted to Rs 17,9 billion. During 2017/18, dividends received amounted to some Rs 303 million, representing a return of some 2% only », souligne ainsi le rapport, en ajoutant que le “Target” minimal de Rs 525 millions fixé par le gouvernement n’a même pas été réalisé.

La dernière fois que le gouvernement a encaissé des dividendes frisant la barre des Rs 1 milliard remonte à décembre 2014. De janvier 2015 à juin 2018, le “Return on Public Investment” a été des plus maigres, soit autour des Rs 300 millions. Peut-être par moquerie, le rapport de l’Audit note à la page 23 que « there has been a slight increase in the amount of dividend received during the current financial year compared to that received for the previous year (Rs 298 024 518) ».

Parmi les entités parapubliques ayant contribué aux dividendes, relevons Airports of Mauritius Ltd, avec Rs 145 millions en baisse, comparativement à l’année dernière, la SBM Holdings, avec Rs 74,8 millions, contre Rs 44,9 millions pour le précédent exercice financier, la Mauritius Housing Company Ltd (Rs 30 millions) et l’Air Mauritius Holding Ltd (Rs 22,9 millions).

Le gouvernement a également bénéficié de recettes générées par des “Quasi-Corporations”, soit un montant de Rs 1,5 milliard au 30 juin dernier, représentant une baisse de Rs 300 millions par rapport au 30 juin 2017. La Financial Services Commission émerge du lot avec des versements de Rs 823,7 millions, soit presque Rs 100 millions de plus en une année, la Banque de Maurice (Rs 477 millions) et la Mauritius Ports Authority (Rs 100 millions). La State Trading Corporation, qui avait contribué pour Rs 787 millions en 2017, ne s’est pas manifestée au chapitre des dividendes cette année.

Par ailleurs, des “Investments at Cost” de Rs 2,2 milliards dans une série de corps parapublics n’ont rien rapporté aux fonds publics en 2017/18, dont Air Mauritius (presque Rs 100 millions de placements), la BDM (Rs 496 millions d’investissements), le National Real Estate, alimenté de quelque Rs 500 millions des fonds publics, ou encore la Cargo Handling Corporation (Rs 765,6 millions). « Investments (at cost) totalling Rs 11,2 billion and representing some 48% of total investments, did not yield any return at all since they have been acquired », s’insurge les auteurs de l’Audit.

En guise d’explication aux critiques de l’Audit, les autorités trouvent que « the primary objective of the investment in the various entities is not to geerate dividend or other financial returns, but to enable time to sustain their operations and improve service delivery ». Même si ces entités publiques continuent à accumuler des pertes au point de ne pouvoir assurer de dividendes, elles se retrouvent avec des “Outstaning Loans” de Rs 10 milliards, dont Rs 3,1 milliards pour la Wastewater Management Authority et Rs 3 milliards pour la CWA, soit 61%.

Sur le plan général de l’endettement public, l’Audit confirme qu’au 30 juin dernier, la barre des Rs 300 milliards était franchie, soit Rs 63 milliards de plus qu’au 31 décembre 2014. Et cela même si le rapport avance que « over the past five financial periods, Public Sector Debt has been increased by Rs 62,5 billion when compared to Rs 237,7 billion recorded of in Decembre 2014 ».