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« Faut-il qu’il y ait mort d’homme pour que les autorités prennent au sérieux ce qui se passe en pleine mer entre les pêcheurs et les employés d’un “centre de pêche” de la région ? », s’interrogent Antonio et Eddy Massée, deux frères pêcheurs, tous deux habitant Grand-Baie. « À chaque fois que nous allons récupérer les casiers que nous avons déposés la veille au fond de l’eau, nous constatons qu’ils sont détruits et nous rentrons bredouilles à la maison. »

Les deux frères pointent du doigt des employés d’un “centre de pêche”, qui détruiraient les casiers, disent-ils, « pour plaire aux touristes, qui protestent énergiquement contre cette technique de pêche et qui prétendent que nous détruisons les fonds marins » par cette manière de pêcher. « Depuis que nous sommes enfants, nous avons appris cette technique de pêche avec notre père, qui était un professionnel. Une technique que nous considérons comme naturelle. Nous ne comprenons pas pourquoi, après tant d’années, ils remettent en cause cette manière de pêcher. Pour nous, pêcheurs, la pêche au casier est une pêche responsable, car elle n’abîme pas les fonds marins. Nos prises restent vivantes. Les captures ramenées à bord sont donc fraîches et les poissons d’une taille inférieure à la taille réglementaire peuvent être rejetés vivants. Bizin aret konsider bann peser kouma bann dimounn vulger ou ki pa konpran narien dan lanvironman », dit Antonio avec beaucoup de colère.

Et pourtant, disent-ils, ils suivent les règlements dans les zones limitées et selon les critères définis. « Nou pa touss travay person. Nou krwar ki tou dimounn bizin viv. Mais malheureusement, les conflits deviennent de plus en plus fréquents. Les officiers de la garde-côte dressent des contraventions, mais il est difficile pour eux de rester toute une journée dans l’eau à surveiller les conflits entre les différents protagonistes. » Les autorités, suggèrent-ils, « doivent réagir » face à la multiplication des incidents en mer.

Avec les développements nautiques, Eddy estime « tout à fait normal » que la fréquentation de certaines passes soit en hausse. « Je pense que si cette situation perdure, on se dirigera tout droit vers une confrontation directe. Il faut mettre tout le monde autour d’une table pour trouver un terrain d’entente. » Il suggère également au ministère de la Pêche de choisir un ou deux pêcheurs de la région pour faire partie d’un comité où pourraient se joindre toutes les parties concernées, voire de créer une instance où tout un chacun pourrait donner son point de vue pour remédier à la situation. « Nou diman lotorite azir bien vite », lancent les deux frères.