Alors que les réservoirs sont à sec et que la population peine à être alimentée en eau potable, les espaces verts se réduisent comme une peau de chagrin. Après la promenade Roland Armand, le projet controversé de by-pass à Anse-La Raie, au tour de la région de Grand-Bassin de connaître, à nouveau, des dégâts écologiques.

Cette région, non loin de Mare aux Vacoas, déjà victime d’un abattage massif d’arbres avec le projet de ferme éolienne de Plaine Sophie non abouti, a encore été la proie des tronçonneuses. C’est plus précisément au niveau du grand parking du site religieux et touristique de Grand Bassin que 200 arbres ont récemment été abattus dans la discrétion la plus totale.

L’objectif est de faire place à des aires de stationnement que les autorités planifient en marge du prochain pèlerinage de Grand-Bassin.

Pourtant les experts sont formels, les arbres et autres espaces verts jouent un rôle important dans la détermination des pluies. Les abattre constitue un réel danger pour notre écosystème. Mais il semblerait que cet aspect n’a aucun poids auprès des autorités.

Rappelons qu’au début de l’année 2018,  la construction d’une route, inaugurée en grande pompe par le Premier ministre pour les pèlerins arrivant du Sud, avait déjà nécessité l’abattage de plusieurs centaines d’arbres. Cette fois c’est pour faire plus de place au stationnement des voitures au plus près du lieu de culte que les arbres sont abattus.

La pratique de raser les terrains dans cette région humide ne date pas d’hier. Il y a une véritable surenchère politicienne depuis plusieurs années, quels que soient les partis au pouvoir. Et cela a grandement contribué à la dégradation de ce lieu boisé déjà atteint par les nombreux projets d’agrandissement de la route menant vers le lac sacré.

Il est un fait aujourd’hui que le pèlérinage vers le Ganga Talao se fait de plus en plus au moyen de véhicules motorisés et nécessite des infrastructures plus adaptées.Il est peut être temps de mettre sur pied un projet de développement, à moyen et long termes, de cette région afin de trouver la meilleure adéquation entre la nature et son indispensable végétation et le développement des routes et des parkings nécessaires aux pèlerins. Il faudrait à cet effet qu’un organisme apolitique, réunissant entre autres des hauts  fonctionnaires, des représentants de pèlerins et des experts en environnement se mettent au travail à cet effet.

Dans la conjoncture actuelle, les pluies sont devenues plus rares dans la région, nuisant au stock d’eau que retenaient les arbres dans le sol.

Un tour à Mare-aux-Vacoas confirme l’assèchement du réservoir largement en dessous de la moyenne. Les écologistes avertis se demandent si les autorités qui, avec l’aval des Bois et Forêts, ont entrepris d’abattre ces 200 arbres comptent, comme le stipule la loi, en replanter deux fois plus. Et si c’est le cas, dans quelle région?