Les haltérophiles mauriciens ont placé la barre très haut ! En effet, il y a quatre ans à La Réunion, cette discipline avait été le plus gros pourvoyeur de médailles avec 21 en or. Les leveurs de fonte devront rester sur ces standards ou faire mieux. Les épaules devront être très solides pour soutenir le poids de tout un pays. La sélection nationale d’haltérophilie ont effectué les derniers réglages dans la préparation finale au Olympic Training Center de Tianjin.

C’est d’ailleurs le 27 mai que la délégation composée de 15 athlètes, à savoir Roilya Ranaivosoa, Alison Sunee, Shalinee Valaydon, Ketty Lent, Yannick Coret, Jonathan Coret, Dorian Madanamoothoo, Anthony Madanamoothoo, Jérémy Félicité, Khelwin Juboo, Émile Wilhem, Yovin Gyadin, Dinesh Pandoo, Akshay Jeeloll et Cédric Coret, avait mis le cap sur la Chine. Les Mauriciens étaient accompagnés du directeur technique national (DTN), le Roumain Constantin Dabija, et de l’assistant-entraîneur national, Gino Soupprayen.

Le but de ce stage de six semaines était de permettre aux locaux de parfaire leur préparation, eux qui sont déjà de retour au pays. Avant ce déplacement en Chine, les sélectionnés se sont aussi rendus en Roumanie. L’erreur n’est donc pas permise pour ces athlètes déterminés à défendre au mieux le quadricolore. Ce n’est un secret pour personne qu’en interne, il existe nombre de querelles intestines notamment liées au technicien roumain, dont les méthodes de travail sont d’ailleurs loin de faire l’unanimité.

Qui plus est, selon certaines sources concordantes, ce dernier n’aurait aucune autorité sur une partie de l’équipe, qui a clairement décidé de faire l’impasse sur ses instructions, préférant suivre son propre programme.

Il y a également le cas de l’entraîneur Ravi Bhollah, l’entraîneur national, lui aussi de plus en plus contesté. Qui plus est, tout récemment, l’un des réservistes de la sélection, Yannick Coret, avait été rapatrié à Maurice après avoir manqué un contrôle antidopage inopiné en Chine. Autant dire que la Mauritius Amateur Weightlifters’ & Powerlifters’ Association (MAWPA) est loin de connaître des jours heureux. Mais cette fédération a aussi toujours été en proie à des conflits, comme il y a quatre ans, mais cela n’a pas empêché les leveurs d’être performants. Heureusement d’ailleurs que la force mentale de ces forces de la nature soit au rendez-vous.

Roilya Ranaivosoa, l’assurance tous risques

Roilya Ranaivosoa, triple médaillée d’or des derniers JIOI, est une athlète confirmée qui aura à cœur de guider les siens vers les sommets. Car en dépit des problèmes récurrents liés à sa fédération, elle garde toujours la tête haute. « Je suis là pour faire mon job. Il faudra compter sur moi pour les Jeux », souligne-t-elle. « C’est quelque chose d’accueillir ce type d’événement sur ses terres. Ce sera une première pour moi et j’ai envie de marquer le coup », avait-elle soutenu. « Il y a certes le trac, mais une fois la compétition enclenchée, je suis dans ma bulle. Et je me donne à 200%. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a beaucoup investi sur les athlètes. De ce fait, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Le public attend que nous soyons au rendez-vous », affirme notre interlocutrice.

Cette dernière reconnaît aussi que lors de la précédente édition, le sourire et l’enthousiasme régnaient en maîtres. « C’était le résultat de six mois de sacrifices, de larmes pour atteindre nos objectifs. C’était un moment fort en émotion, inoubliable. » C’est l’ancien DTN, Urdas Constantin, qui avait alors réussi à tirer le meilleur des haltérophiles.
Seule médaillée des derniers Jeux du Commonwealth à Gold Coast en Autralie, cette assurance tous risques de 28 ans sera l’attraction phare du clan mauricien. Les yeux seront aussi rivés sur la jeune étoile montante, Ketty Lent.

Participant à l’âge de 14 ans à ses premiers Jeux en 2015, elle revient quatre ans plus tard avec une détermination amplifiée et des muscles taillés dans de la pierre, mais surtout avec la ferme intention de décrocher sa première médaille indianocéanique. « J’étais déçu en 2015. Mais je dois dire que cette déception a été le moteur de ma progression. Cela m’a aidé à avancer. Et maintenant, je suis davantage motivée et déterminée pour ces Jeux des îles qui se feront chez nous. J’ai mûri et j’ai acquis de l’expérience. J’ai plus de confiance en moi-même. Je fais ce que je dois faire pour atteindre mon objectif : remporter une médaille d’or », dit-elle.

Du côté des messieurs, Cédric Coret pourrait faire coup double en s’adjugeant l’or une nouvelle fois. Les frères Madanamoothoo (Anthony notamment), ont une belle carte à jouer. Cette nouvelle génération doit perpétuer le cycle, car au Gymnase James Burty David à Curepipe, la fonte devra se transformer en or. La balle est dans leur camp pour sonner la charge !

Anthony Madanamoothoo , double médaillé de bronze en 2015 compte s’abjuger l’or cette fois

La sélection
Hommes : Emile Wilhem (55 kg), Dorian Madanamoothoo (61 kg), Jonathan Coret (67 kg), Dinesh Pandoo (73 kg), Anthony Madanamoothoo (81 kg), Cédric Coret (89 kg), Jeremy Félicité (96 kg), Alwin Jooron (102 kg) Yovin Gyadin (109 kg), Khelwin Juboo (109 kg +)
Dames : Maëva Matelot (45 kg), Roilya Ranaivosoa (49 kg), Doushka Goopaloodoo (59 kg), Ketty Lent (64 kg), Aurélie Appaya (71 kg) Alison Sunee (76 kg), Wendy Iram (81 kg), Anastasia Babet (81 kg), Joycemee Agathe (87 kg), Shalinee Valaydon (81 kg +)

Le programme
Dimanche 21 juillet
Première Journée
Gymnase Dr. James Burty David
15h : Dames (45 kg-49 kg)
18h : Hommes (55 kg-61 kg)