Depuis le début de la semaine écoulée, il était clair comme l’eau de roche qu’il y avait une préparation de l’opinion à l’effet qu’il n’y avait rien d’anormal dans le fait qu’un commissaire, de surcroît président du MTC, des jockeys, un bookmaker, des punters notoires et autres turfistes se retrouvent pour un paella-karaoké party dans une table d’hôte qui appartient à Gilbert Merven et son fils Lionel, située dans le Domaine de St-Denis à  Chamarel.
Le communiqué du Mauritius Turf Club daté du vendredi 15 juin – mais qui était, selon nos informations, en circulation depuis jeudi dans certains sphères et qui a été rédigé à quatre mains et en quatrième vitesse pour répondre aux demandes d’éclaircissements du PMO et de la GRA vient donc confirmer la rumeur.
Une missive qui ne convainc personne
Signée par Stéphane de Chalain, en tant que Chairman of Racing Stewards, cette missive qui n’aura convaincu personne, excepté ses auteurs et ses commanditaires de l’intérieur du club, confirme les soupçons de tous ceux qui étaient convaincus que la pseudo-enquête du MTC sur le MTC n’était qu’un eye-wash.
Non seulement elle a servi ce qui ressemble étrangement à «cover-up», mais elle s’est voulue accusatrice vis-à-vis des dénonciateurs et non des «fauteurs», ceux qui étaient à la fête, fait pourtant indiscutable et indélébile malgré la tentative de gommage de Monsieur de Chalain: le président du MTC était de la fête en compagnie de jockeys, d’un bookmaker et d’un punter très influent dans le domaine hippique.
Cela est éthiquement inacceptable, moralement condamnable et ne donne pas à la fonction présidentielle la hauteur et le détachement nécessaires à sa totale indépendance sur ses sujets. Les photos que notre confère du Mauricien a publiées dans son édition d’hier matin et que nous reproduisons ici plombent  l’enquête préliminaire du Chief Stipe sur ce déjeuner, rapport qui du coup montre l’incompétence du MTC et jette désormais le doute sur l’ensemble des conclusions de cette instance.
 En effet, venons-en aux faits. Depuis samedi dernier, la nouvelle à l’effet que les photos de ce déjeuner privé dans le restaurant du Domaine Saint Denis où des jockeys, un punter, un bookmaker et le président du MTC s’étaient retrouvés étaient dans le domaine du public, s’est propagée comme une traînée de poudre. Dès lundi, en effet, les photos de cette journée pas comme les autres ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux, dont inévitablement sur Facebook. Le Chief Stipe ne peut ignorer aujourd’hui le fait de n’avoir pas eu connaissance de ces photos puisque nous pouvons confirmer qu’un commissaire administratif  a pris le soin de, lui les faire parvenir, avant qu’il ait rendu publiques ses conclusions sur cette affaire.
Mais comme il le souligne lui-même dans le communiqué, son board était surtout concerné «whether there were any breaches of any provisions of the Rules of Racing and or/condition of licence of jockeys and or/bookmakers».  Cependant dans son enquête, Stéphane de Chalain est arrivé à 14 conclusions (came to light). Entre autres que:
(a) The event was attended by a group of six jockeys who had paid for their lunch package.
(b) There were some 90 persons present at the said event and no other officials or employees of the Mauritius Turf Club were present, save for the President of the Club.
(c) No trainer or stable Manager was present at this event and the Board of Racing Stewards received no report from any trainer and/or stable manager in respect of this event.
(d) The group of jockeys was seated at one table with their respective families.
(e) Sometime after they arrived at the premises, a licensed bookmaker together with her family arrived for the same lunch event and sat at another table.
(f) The group of jockeys as well as the other guests had noticed the arrival and presence of a licensed bookmaker and her family on the premises.
(g) All the jockeys were always aware and alert of the specific condition in their licence with the Mauritius Turf Club and the provisions of the Rules of Racing as mentioned above.
Il est vrai de dire qu’il n’existe pas, pour l’heure, des séances filmées de ce paella-karaoké party. Mais les photos que nous publions confirment bien nos informations à l’effet que les jockeys sont arrivés par autobus, qu’il y avait une séance de karaoké, que le King Elvis local était bien présent dans cette journée, qu’un punter très connu sur la place et son épouse qui possède une licence de bookmaker était présente que tout ce beau monde a «socialised» et s’est bien amusé. Bien sûr ils n’ont rien fait de visiblement répéhensible sur place mais les proximités engendrées porteront certainement leurs fruits sur la piste si ce n’est déjà fait. Payant certes mais quel investissement sur l’avenir. Le Chief Stipe n’avait lui qu’un choix: partir ou avoir  une toute autre lecture de ce déjeuner qui continue à scandaliser le monde hippique.
Un full-fledged inquiry not warranted
Pour conclure, Stéphane de Chalain estime que « A full-fledged inquiry under the Rules of Racing is therefore not warranted in the circumstances», puisque selon lui «As matters stand and after having carefully assessed all the informations gathered, the Board of Racing Stewards has concluded that there is no substance in the allegations and/or insinuations made and/or reported in the press and that there has been no breach of any of the above-mentioned provisions of the Rules of Racing and Conditions of Licence of Jockeys  and/or bookmakers». Toutefois, il est à noter que le Chief Stipe termine son rapport sur un ton assez menaçant :«The Board of Racing Stewards draws the attention of all licensees to the provisions of the Rules of Racing and more particularly to Rule 209 (m) of the Rules of Racing, “Any person who misleads or attempts to mislead the Racing Stewards or the Appeal Board at an inquiry, investigation, objection or appeal”, shall be guilty of an offence under the Rules of Racing. If found guilty, the person convicted is liable to any penalties provided under Rule 11 (d) including being warned off from the Champ de Mars.» … Envers qui? Si d’aventure il visait la presse, qu’il sache que les journalistes ne sont pas des “licensees” du MTC.
De toute façon, dans une affaire où la fonction suprême du MTC est mise en cause, la chambre des Racing Stewards était incompétente pour faire toute enquête. C’est un Fact Finding Committee (FFC) qui aurait dû avoir été mis sur pied.
Interrogé, sur les conclusions de cette affaire, le commissaire Jean-Michel Giraud,   a tout simplement déclaré: «le mal est fait.»
Food for thought…