La magistrate Niroshini Ramsoondar, siégeant en Cour intermédiaire, a décidé de rayer les charges portées contre Dilmohamed, Mahamoodally et Gangoo, qui étaient poursuivis pour avoir comploté afin de commettre un hold-up de Rs 2,5 M au préjudice d’une agence de voyages. Le délit aurait été commis en août 2006 rue Sidanier, à Port-Louis.
Le procès intenté à trois personnes pour avoir participé, d’une manière ou d’une autre, à un hold-up de 2,5 M au préjudice d’une agence de voyages a pris fin en Cour intermédiaire, tous trois ayant finalement été blanchis. Il était reproché à Dilmohamed d’avoir participé au hold-up en compagnie d’autres personnes, un sac contenant plusieurs devises – locales et étrangères – ayant été arraché au Marketing Manager de l’agence, qui transportait l’argent à motocyclette. À Mahamodally, il était reproché d’avoir accepté de garder en sa possession une somme de Rs 950 000, qui représentait une partie de la somme volée. Enfin, Gangoo, elle, avait été accusée d’avoir donné des instructions aux assaillants afin de commettre le délit, et ce alors qu’elle était stagiaire à l’agence de voyage. Les trois accusés avaient plaidé non-coupable des charges portées contre eux.
Par ailleurs, la police avait retrouvé Rs 950 000, qui se trouvait au domicile de Mahamoodally, et la somme de 1,5 M, qui avait été restituée à l’agence de voyages. Le reste de la somme avait été rendu par un certain Nahim Roodur, complice dans cette affaire et qui avait été condamné auparavant. Selon les faits allégués, le hold-up aurait été commis le 24 août 2006 rue Sidanier, à Port-Louis. Un groupe de six personnes auraient alors comploté afin de commettre un braquage de Rs 2,5 M, représentant les recettes du jour d’une agence de voyages. L’argent était transporté à motocyclette par le Marketing Manager de ladite agence.
L’accusée Gangoo, qui était stagiaire à l’époque, avait indiqué aux assaillants d’agir au moment opportun, soit quand il y aura une certaine somme dans les caisses de la compagnie. L’accusée aurait même indiqué à ses complices la couleur de vêtement que porterait le cadre de la compagnie quand il transporterait l’argent. Pour commettre leur méfait, les malfrats se seraient servis d’une voiture portant une fausse plaque d’immatriculation et auraient heurté la motocyclette afin d’extirper le sac contenant la somme d’argent. Deux complices dans cette affaire,  condamnée pour ce délit, ont été appelés à témoigner. Le premier, Nahim Roodur, devait ainsi indiquer que le délit avait été commis il y a quelques années, soutenant dès lors en Cour qu’il ne se souvenait plus des évènements qui se sont produits ce jour-là. Le deuxième complice, Salim Roodur, en fait son demi-frère, condamné pour complicité, devait pour sa part soutenir ne jamais avoir impliqué l’accusé Dilmohamed dans cette affaire, et ce contrairement à ce qui a été consigné dans sa déposition à la police. Le témoin avait indiqué qu’il ne savait ni lire ni écrire  et qu’il se pourrait qu’il ait été « piégé » par la police au moment de donner sa déposition.
Dans son jugement, la magistrate devait statuer que concernant l’accusé Dilmohamed, la poursuite n’était en présence d’aucune preuve démontrant qu’il était impliqué dans cette affaire. De plus, les témoins venus auditionner avaient soutenu qu’il ne faisait pas partie du groupe de personnes ayant volé le sac d’argent. Les charges ont ainsi été rayées contre lui. Concernant Mahamodally, la magistrate devait là encore statuer qu’aucune preuve n’a été présentée confirmant que l’accusé savait que l’argent qu’il avait reçu provenait du hold-up car l’expéditeur lui avait seulement demandé de conserver cette somme « pour l’achat d’une maison ». La juge lui a ainsi accordé le bénéfice du doute. Enfin, concernant l’accusée Gangoo, la magistrate a pris en considération le fait que les deux témoins/complices ne l’avaient pas impliquée comme étant celle ayant donné des instructions afin de commettre le délit. La charge de “giving instructions for the commission of a crime” a ainsi été rayée.