Hamada Madi Boléro occupera le poste de secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI) à partir de juillet prochain, succédant à Jean-Claude de l’Estrac, qui est arrivé au terme de son mandat de quatre ans. La candidature du M. Boléro, étant présentée par le ministre comorien des Affaires extérieures, a été acceptée à l’unanimité par le Conseil des ministres de la COI, qui s’est tenu à St Denis, La Réunion, vendredi dernier.
Les ministres du Conseil, les élus de La Réunion, les représentants des partenaires et les officiers permanents de liaison ont tous rendu un hommage appuyé à Jean-Claude de l’Estrac, qui participait à son dernier Conseil des ministres. Lors de la cérémonie d’ouverture, Béatrice Atallah, ministre malgache des Affaires étrangères et présidente sortante du Conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien (COI), a passé le flambeau à André Vallini, secrétaire d’État français au Développement et à la Francophonie. La présidence française aura pour priorités « les questions de sécurité, notamment la lutte contre le terrorisme et la piraterie, les questions climatiques dans la continuité de la COP21 et la connectivité », a précisé André Vallini.
La réunion de vendredi a également été marquée par l’octroi du statut d’observateur à la République populaire de Chine. L’ambassadeur de Chine à Maurice, Li Li, a, dans son intervention, mis en exergue la volonté de son pays de « travailler de concert avec la COI en faveur du développement de cette région riche en potentialité ».
Trois conventions de financement ont été signées vendredi : une convention de financement pour une facilité de coopération technique d’un montant de 910 000 d’euros sur quatre ans de l’Union européenne, pour la préparation des projets du 11e Fonds européen de développement ; un accord sur la formation en ligne en agrosciences avec l’Institut agronomique, forestier et vétérinaire de France (Agreenium) et les universités des pays membres ; et, finalement, un accord concernant le renouvellement du partenariat entre la COI et la Plateforme d’intervention régionale pour l’océan Indien (PIROI) en matière d’adaptation au changement climatique et de gestion et réduction des risques naturels.
Le 31e Conseil des ministres de la COI, organisé à La Réunion le 26 février dernier, a été l’occasion de passer en revue une trentaine de dossiers couvrant un large éventail de secteurs de la coopération régionale. Outre les questions politiques et diplomatiques, ce sont notamment les enjeux de sécurité, du climat et de la connectivité qui ont marqué les débats.
Parmi les sujets évoqués, figuraient la lutte contre le terrorisme et les trafics criminels. Le ministre des Affaires étrangères et des Transports des Seychelles, Joël Morgan, a ainsi rappelé que « le président des Seychelles, à son investiture, a souligné la nécessité pour les pays de la COI de lutter ensemble contre les trafics de drogue ». Le Conseil a adopté la proposition d’un plan d’action et de la création d’une unité spécialisée en matière de lutte contre ce fléau.
Sur le plan de la connectivité aérienne, Etienne Sinatambou, Chef de la diplomatie mauricienne, a salué « le travail effectué par la COI pour le rapprochement des autorités de l’aviation civile et des compagnies aériennes qui ont débouché sur la création de l’Alliance Vanille ». Les ministres ont également approuvé la position défendue par la COI, visant à améliorer la desserte aérienne interîles par la création d’une compagnie “low cost”. Pour le sénateur réunionnais et président du Conseil régional, Didier Robert, « seule une compagnie de ce type, à laquelle participent les transporteurs de la région, est en mesure d’apporter une réponse efficace ».
Les membres du Conseil ont également manifesté leur intérêt pour les avancées en matière de connectivité numérique, notamment pour la coopération nouée avec l’Estonie, Leader européen en matière de gouvernance numérique.
« Dans le domaine de la connectivité maritime, conscient de l’ampleur de nos échanges commerciaux par cette voie, il apparaît évident que le projet de cabotage maritime est mutuellement avantageux pour nos pays. Ainsi, la validation de l’étude de faisabilité sur la mise en place d’un système régional de cabotage maritime est une étape importante franchie », a résumé Béatrice Atallah, ministre des Affaires étrangères de Madagascar.
Sur le plan climatique, Marjaana Sall, ambassadeur de l’Union européenne, a fait part de son « appréciation positive du rôle de la COI dans la défense des intérêts des Petits États insulaires en développement sur la scène internationale », notamment à l’occasion de la COP21 marquée par la signature d’une déclaration commune COI-UE. Pour que la COI aide au mieux ses pays membres à faire face aux défis climatiques, le Conseil a souligné l’importance de compléter les démarches pour que l’organisation puisse accéder aux fonds qui serviront à financer des plans d’atténuation et d’adaptation aux effets du changement climatique.
Les ministres de la COI se sont aussi félicités des avancées récentes dans le domaine de la sécurité alimentaire, notamment en ce qu’il s’agit de la mise en oeuvre annoncée du programme régional de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (COI-PRESAN), coproduit avec la FAO. « Certes, il reste beaucoup à faire pour que Madagascar redevienne le Grenier de l’Indianocéanie et pour que chacun de nos pays améliore ses capacités propres et ses filières d’excellence. Mais déjà, le COI-PRESAN est vu par la FAO comme un modèle repliable, qui sera présenté à la conférence de la FAO pour l’Afrique en avril prochain à Abidjan », a précisé Jean-Claude de l’Estrac.