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Les actes de violence et d’indiscipline dans les institutions primaires et secondaires, en particulier, sont devenus monnaie courante. Les recteurs et les enseignants ne cessent de tirer la sonnette d’alarme à ce sujet. L’initiative du ministère de l’Education de mettre en place une Student Behaviour Policy n’a pas été d’une grande aide pour venir à bout de ce problème. À tel point que le ministère travaille sur une révision de ce document. Vikash Ramdonee, secrétaire de l’Union of Rectors and Deputy Rectors of State Secondary Schools, plaide pour des procédures simplifiées afin que les responsables d’établissement puissent appliquer des sanctions plus facilement. Il souhaite également la collaboration des parents. Dharam Gokhool, ancien ministre de l’Education, est, lui, en faveur d’une stratégie impliquant pédagogues, psychologues et sociologues afin d’aider les écoles à trouver des solutions durables. Pour sa part, la psychologue Véronique Wan Hok Chee est d’avis qu’il ne faut pas appliquer le rendez-vous chez le psy comme une punition pour les jeunes. Elle plaide également pour la discrétion et met en garde contre la stigmatisation.

VIKASH RAMDONEE (Secrétaire de l’Union des recteurs) :
« Les parents doivent faire leur part du boulot »

Quel est votre constat général concernant l’indiscipline au collège ?
Je note qu’en 2019, il y a eu moins de cas rapportés comparé aux années précédentes. Toutefois, on se retrouve avec des cas d’une certaine gravité. Cela va de l’abus de drogue, d’alcool et de technologie au “bullying”. On a même aujourd’hui des “dealers” au collège, ce qu’on n’entendait pas auparavant. Il y a des étudiants qui osent défier l’autorité. Ils vous disent qu’ils connaissent leurs droits. Beaucoup de parents n’ont pas donné les valeurs de base à leurs enfants, comme le respect de l’autre. Il y a comme un laisser-aller, une érosion des valeurs. C’est pour cela que l’Union of Rectors and Deputy Rectors of State Secondary Schools a proposé la mise sur pied d’une école des parents.

Cela veut dire que vous n’avez pas la collaboration des parents ?
Je ne peux généraliser. Certains sont très consciencieux, mais la grande majorité ne collaborent pas. On sent que, pour eux, l’école est un endroit où l’on vient déposer ses enfants. Un peu comme une garderie. Or, l’école et les parents doivent travailler de pair pour le bien de l’enfant. N’oublions pas que l’éducation commence à la maison. Si les parents n’assument pas ce rôle, c’est l’école qui se retrouve avec des problèmes après. Un parent doit suivre son enfant. Il doit savoir ce que son enfant fait à l’école, qui il fréquente, vérifier ses cahiers. Si les parents ne font pas leur part du boulot, je ne vois pas comment nous allons redresser la situation.

Avez-vous le soutien nécessaire des autorités pour combattre l’indiscipline ?
D’abord, je dis merci aux autorités d’avoir financé notre atelier de travail sur l’indiscipline et la violence l’année dernière. Mais dans la gestion quotidienne, c’est assez difficile. Par exemple, nous avons une Student Behaviour Policy, élaborée par le ministère, qui donne des “guidelines” pour gérer l’indiscipline. Mais celui-ci n’aide pas vraiment dans la réalité, car les procédures prennent trop de temps. J’ai appris qu’on est en train de retravailler ce document et j’espère que nos observations seront prises en considération. L’actuelle Student Behaviour Policy vous dit, par exemple, que, pour les offenses mineures, il faut donner un avertissement. Pour les offenses sérieuses, il faut donner des “detentions” après avoir informé les parents en écrit. Mais qui surveillera les enfants après l’école ou un samedi ? La plupart du temps je le fais moi-même.
Autre chose : un étudiant qui récidive doit avoir obtenu trois avertissements avant d’être suspendu. Ces procédures prennent du temps et parfois on arrive déjà à la fin de l’année scolaire avant d’avoir pu prendre les sanctions nécessaires. Qui plus est, maintenant, comme vous prenez des sanctions, les parents vont se plaindre dans les médias. Et souvent, le ministère écoute plus les parents que nous. C’est assez compliqué.

L’Union des recteurs a soumis des propositions pour gérer le problème d’indiscipline. Quelles ont été les retombées ?
Nous avons soumis nos propositions, en effet, suivant l’atelier organisé l’année dernière. Nous nous attendons à ce que le ministère ouvre les discussions sur la manière dont nous voulons les implémenter. Malheureusement, nous avons demandé une réunion avec la ministre et son Senior Chief Executive depuis l’année dernière et nous attendons toujours. Donc, nous ne savons pas dans quelle direction aller. Bien sûr, nous avons eu l’occasion d’en parler de manière non officielle, mais il faut que les choses soient mises sur papier pour qu’on puisse faire le suivi. Je réitère donc ma demande pour une réunion officielle.

Vous avez récemment été appelé à diriger un collège réputé difficile. Comment cela s’est-il passé pour vous ?
J’ai en effet hérité d’un collège, le Mapou SSS, rebaptisé Beekrumsingh Ramlallah SSS, où il y avait eu quelques difficultés par le passé. Il était connu que les enfants se sauvaient de l’école, notamment. Quand je suis arrivé, j’ai pris le temps d’étudier le problème, avant de mettre en place une stratégie, avec le soutien du personnel. Je me suis dit, qu’en premier lieu, pour que l’élève soit intéressé à rester à l’école et à entrer en classe, il fallait créer l’environnement approprié. J’ai introduit une série d’activités. Nous avons, notamment, organisé l’année dernière, notre premier tournoi de foot, avec la participation de quatre autres collèges d’État, pour les élèves des Grades 9 et 10. Nous aurons la deuxième édition cette année. Il y avait un lieu, connu comme le “dark spot” de l’école, où on empilait des chaises cassées, notamment, et où les élèves allaient fumer… Nous avons converti le lieu en un jardin endémique, avec le soutien de Lux Collective. Nous avons aussi mis en place un projet aquaponique, que nous invitons les garçons à reproduire chez eux, et ce afin de leur donner le goût de la terre.
Finalement, nous avons introduit un système de contrôle. Pour qu’un élève soit en classe, il faut que le professeur y soit avant tout. J’ai donc demandé à mon staff d’être à l’école à l’heure, d’entrer en classe à l’heure et de quitter la classe à l’heure. C’est le prof lui-même qui prend les présences et les retards. Si un étudiant arrive au collège après 8h30, il passe à mon bureau pour des explications et c’est moi qui lui donne un papier pour que le prof le laisse entrer en classe. Si un enfant est absent quand on fait le registre l’après-midi, alors qu’il était là le matin, les parents sont prévenus et des sanctions sont appliquées.
Tout cela ne s’est pas fait sans difficulté. Mais on a pu inculquer une nouvelle culture à l’école. Je crois que la clé pour maintenir la discipline à l’école est d’avoir un “strong leadership”. Le ministère doit considérer cela quand il nomme des personnes. Maintenant, nous attendons les retombées au niveau des résultats du SC. L’année dernière, le taux de réussite était de 45%. Nous avons mis la barre à 65% cette année. Nous avons travaillé en équipe pour cela et je suis convaincu qu’ensemble, on peut faire beaucoup de choses.

Le gouvernement a annoncé le recrutement de Discipline Masters dans le dernier budget. Où en est-on avec ce projet ?
Cela a en effet été annoncé, mais à ce jour, il n’a pas encore été implémenté et je n’ai rien entendu sur le recrutement non plus. Ceci étant dit, même si nous avons réclamé des Discipline Masters par le passé, nous réalisons aujourd’hui, qu’avec l’évolution de la situation, il nous faut plutôt des Welfare Officers ou psychologues, car il ne faut pas donner l’impression de punir, mais d’encadrer. L’école a également la responsabilité de construire la société de demain.

DHARAM GOKHOOL (Ancien ministre de l’Éducation) :
« Pour une stratégie globale et pluridimensionnelle »

Quel est votre constat de l’indiscipline et la violence dans notre système éducatif ?
En tant qu’ancien ministre de l’Éducation (2005-2008), parent et citoyen, je note qu’il y a un consensus parmi tous les “stakeholders” du système éducatif que la situation s’est dégradée au cours de ces dernières années. Les nombreux échos dans les médias, les témoignages répertoriés dans les rapports Lam Shang Leen et de l’Ombudsperson for Children, les initiatives récentes des Managers et des recteurs des collèges pour attirer l’attention du public et les autorités concernées, les publications des recherches autour de ce problème et l’inquiétude grandissante des parents en sont autant d’indications. Il y a urgence pour une stratégie globale et pluridimensionnelle – pédagogique, psychologique et sociologique et administrative – à court, moyen et long termes, pour gérer cette situation de façon efficace et durable. Cette démarche aurait dû être une composante intégrale de tout projet de réforme éducative et aurait permis d’élaborer une approche holistique et cohérente à l’indiscipline et la violence dans notre système éducatif. C’est ce qui est recommandé dans un document du Mauritius Research Council, de 2006. Or, la Student Behvaiour Policy du ministère de l’Éducation est plutôt bureaucratique que stratégique. Une de ses faiblesses est le manque d’Empowerment des chefs d’établissement en termes de pouvoir, de “decision-making” et des ressources appropriées pour une gestion efficace et durable de la situation.

La qualité de l’éducation dans nos collèges peut-elle en souffrir ?
L’environnement dans lequel évoluent les apprenants et leur performance sont étroitement liés. L’indiscipline et la violence dans les salles de classe et dans la cour des établissements scolaires créent souvent des relations conflictuelles et tendues entre les apprenants, les éducateurs et administrateurs et les parents. Les interférences de toutes sortes pour qu’il n’y ait pas de mauvaise publicité pour l’institution concernée compliquent davantage la situation et donne lieu à un laisser-aller. Depuis quelque temps, “the writings are on the walls”. Les signes d’un nivellement par le bas et la baisse dans la qualité sont notés et les récentes performances dans les “core subjects” au niveau du PSAC en témoignent. Les inquiétudes exprimées d’une part et d’autres dans le milieu éducatif par rapport à l’implémentation des National Certificate of Examinations (NCE), surtout l’impact sur les apprenants de l’Extended Stream, démontrent qu’il y a effectivement un réel problème de la qualité de l’éducation. L’indiscipline et la violence dans le milieu scolaire découragent les parents qui sont nombreux à se tourner vers l’éducation privée payante. Ce phénomène touche surtout les établissements scolaires publics. On voit paraître à l’horizon une éducation à deux vitesses – l’une pour les riches et l’autre pour les pauvres.

On parle souvent de la démission des parents. Partagez-vous cette opinion ?
L’éducation, c’est un partenariat et les parents ont un rôle clé à jouer. La première école, c’est le foyer familial. Mais la vie professionnelle est devenue très exigeante et stressante pour de nombreuses familles qui, non seulement, n’ont plus de temps à consacrer à leurs enfants, mais aussi n’ont pas les compétences voulues pour gérer le problème de l’indiscipline et la violence. Le “blame game” n’est pas la solution.
La communication, la sensibilisation, l’éducation et la formation des parents demeurent les axes principaux pour engager les parents de façon durable et responsable face à leurs responsabilités parentales comme partenaires de l’éducation. Il faut aussi encourager les PTAs à être plus impliquées et faire appel à la société pour apporter sa contribution.

Le syndicat des recteurs propose l’introduction d’un Community Service. Qu’en pensez-vous ?
L’idée d’un Community Service pour les jeunes devrait être intégrée dans tout projet éducatif et constituer un élément essentiel dans toute la panoplie des “Co-Curricular and Extra-Curricular activities”. Un programme bien planifié et structuré peut contribuer à diminuer le problème de l’indiscipline et la violence dans notre système éducatif. Je ne suis pas partisan des mesures “piece-meal”, fragmentées et isolées. Et je ne pense pas que les jeunes d’aujourd’hui réagiront positivement à un projet qui leur est imposé d’en haut. Il faut de la concertation et la participation dans l’élaboration et l’implémentation. Dans un premier temps, un projet pilote sur une base volontaire pourrait être envisagé.

Le gouvernement a introduit des Discipline Masters. Est-ce suffisant selon vous ?
Je crois savoir que le ministère a l’intention de recruter un nombre limité de Discipline Masters qui seront déployés dans certains établissements scolaires publics. Cette mesure ne concerne pas les établissements scolaires privés. J’ai aussi noté une polémique : Discipline Masters ou Welfare Officers ? N’oublions pas que des établissements scolaires publics ont déjà des Superintendent pour épauler les recteurs. Il faut bien réfléchir sur les attributions et les compétences de ces Discipline Masters, car ils n’auront pas la tâche facile. Sinon on aurait créé des postes pour offrir un emploi à certains sans atteindre les objectifs.
Les professionnels sont pour des équipes pluridisciplinaires – pédagogues, psychologues, sociologues et “social workers”. Je suis plus en faveur d’une “Team-based approach” pour conseiller et épauler le chef d’un établissement qui devrait exercer les “decision-making responsibilities and accountabilities” qu’on attend des personnes qui occupent ce genre de poste.

En tant qu’ancien ministre de l’Éducation, pensez-vous qu’il y a une mesure forte qui pourrait aider à changer la situation ?
Je suis pour une stratégie globale, intégrée et durable, et non pas pour des initiatives isolées et fragmentées. Il faut jouer la carte du professionnalisme. Le chef d’un établissement est un capitaine. C’est lui qui doit connaître le mieux l’école qu’il dirige. Les problèmes de l’indiscipline et la violence doivent être gérés selon les principes établis et reconnus en matière de bonne gestion. “Problems should be resolved nearest to the point where they occur.”
Le ministère doit créer les conditions nécessaires permettant aux chefs d’établissement d’agir avec professionnalisme et efficacité, à travers un système de décentralisation, de délégation et d’Empowerment. Il faut aussi cesser avec cette pratique de transferts fréquents des chefs d’établissements scolaires publics. Les établissements scolaires privés arrivent à mieux gérer le problème d’indiscipline et violence, car cette pratique de transferts fréquents n’y est pas présente.

VÉRONIQUE WAN HOK CHEE (Psychologue) :
« L‘école est devenue un endroit où on donne libre cours à ses frustrations »

Les responsables des écoles et collèges tirent la sonnette d’alarme sur l’indiscipline. Qu’en pensez-vous ?
Je dois d’abord faire ressortir que l’indiscipline ne se trouve pas uniquement à l’école. Si un jeune a un comportement rebelle, il va passer à l’acte ailleurs également. L’indiscipline peut exprimer un profond mal-être. Cela se traduit par des actes d’incivilité, de violence, de défi de l’autorité… On parle beaucoup aujourd’hui d’ingratitude également. Beaucoup de parents, qui après avoir tout donné à leurs enfants, se voient confrontés à l’insolence de ces derniers.
Il faut aussi chercher la cause dans ce genre de comportement. Cela peut être un débordement de trop plein d’émotions qu’on n’arrive pas à gérer, de frustration et on l’exprime de manière négative. Avec l’influence des médias, d’Internet et des jeux vidéos, il y a de nouvelles pistes à exploiter. Parfois, les jeunes peuvent vouloir transposer ce qu’ils ont vu sur ces supports.
Souvent, l’indiscipline ne concerne qu’une poignée de têtes brûlées dans une école, un collège et cela pourrit toute l’ambiance. Pour trouver une solution à ce problème, il faut un travail d’équipe, de longue haleine, regroupant le personnel de l’école, des professionnels et les parents. Si ces derniers sont eux-mêmes indisciplinés à la maison, comment l’enfant va-t-il réagir ?

Faut-il un encadrement spécifique pour les enfants à problèmes ?
Définitivement. Quand les jeunes se retrouvent en groupe, ils croient qu’ils peuvent transgresser les règles, dépasser les limites. En groupe, on a plus de puissance que si on est seul. Souvent, ceux qui ne sont pas des enfants indisciplinés ont tendance à faire comme les autres pour adhérer à un groupe. D’où l’importance d’un bon encadrement pour éviter que la situation n’empire. Il faut également chercher s’il n’y a pas de problème au niveau individuel, dans les comportements.

On parle aujourd’hui de la nécessité d’avoir des psychologues à plein temps dans les collèges. Est-ce une option selon vous ?
J’ai travaillé avec certains collèges et j’y allais deux à trois fois par semaine. Ce que je peux vous dire, c’est qu’on ne peut pas obliger un enfant à aller voir le psy. L’enceinte de l’école n’est pas toujours appropriée non plus, car tout le monde va savoir qui va chez le psy ou pas. Et parfois, on peut même s’en moquer. Je ne pense pas qu’un psy à plein temps à l’école soit la meilleure solution. L’idéal serait de diriger les jeunes vers un psy en dehors des heures de classe, en toute discrétion. Et puis, quand un jeune vient me voir à l’école, il est souvent impatient, car il a peur de rater la classe.
Je dirais également qu’il ne faut pas envoyer des enfants chez le psy comme une punition, car malheureusement, c’est ce que j’entends souvent dans les écoles et collèges. « Tu as fait ça, on va t’envoyer chez le psy ». La consultation du psy n’est pas un tribunal. Souvent, le jeune quand il vient me voir, il est deux fois plus en colère et est aigri. Il ne faut pas non plus stigmatiser le jeune. Sinon ça ne va pas marcher. Il est important de revoir notre relation avec les jeunes. Il faut qu’il y ait une relation de confiance et de respect mutuel. C’est à ce moment-là qu’il sera réceptif à ce qu’on lui dit.

Il y a beaucoup de critiques à l’égard des parents qui auraient tendance à « laisser aller ». Partagez-vous cette opinion ?
On ne peut généraliser. Il y a des parents qui viennent me voir parce qu’ils sont dépassés. Ils ne savent plus quoi faire. Mais il est vrai qu’il y en a d’autres qui viennent aussi et me disent “gete ki ou pou fer ar li”. Les parents ont aussi besoin d’aide. Ils ne savent pas comment procéder et, souvent, ils n’ont pas les ressources psychologiques ou financières. Sans oublier que les parents ont leurs propres problèmes, à leur travail, dans leur couple… C’est pour cela que je dis qu’il faut un travail d’équipe.

Quand faut-il commencer à appliquer la discipline à son enfant ?
Depuis tout petit. Avant la maternelle. L’enfant doit entrer à l’école déjà avec une bonne base. Depuis petit, il faut lui apprendre qu’il y a une heure pour manger, une heure pour se coucher, une heure pour jouer, surtout avec l’avènement des tablettes et “smartphones” à la disposition des plus jeunes. Tout cela contribue à gâcher les valeurs des jeunes. Ils deviennent dépendants et privilégient les jeux vidéos et les réseaux sociaux aux valeurs familiales. Ils ne se socialisent pas suffisamment. La tendance de l’enfant roi est d’actualité. Combien de parents me disent qu’ils doivent supplier leurs enfants pour avoir un coup de main à la maison ?

Les enseignants et recteurs ont-ils également besoin d’une formation spéciale ?
Bien sûr. Aujourd’hui, la situation a évolué. Un directeur d’établissement ne peut plus avoir une attitude autoritaire, voire faire abus d’autorité. Les jeunes vont se rebeller. Et c’est là qu’il risque d’y avoir des dérapages. Il faut une formation spéciale pour apprendre aux enseignants et aux recteurs à gérer les situations difficiles avec les jeunes. Ce qui était applicable hier ne l’est plus aujourd’hui. Et puis, comme je l’ai dit, il faut aussi des professionnels pour les épauler.

L’indiscipline et la violence à l’école reflètent-elles ce qui se passe dans la société ?
Je dirai que l’école est un endroit où les jeunes viennent aujourd’hui donner libre cours à leurs frustrations. Sans aucun doute, un jeune vient à l’école avec tous ses problèmes. Et si quelqu’un a un comportement indiscipliné, violent à l’école, il va le reproduire dans la société.

Comment aider les parents à inculquer les bonnes bases à leurs enfants ?
Les parents sont démunis et ne doivent pas hésiter à chercher de l’aide. Il y a des professionnels qui sont là pour ça. Les parents doivent également se préoccuper du bien-être intégral de leurs enfants et non pas se concentrer uniquement sur l’aspect académique. Il y a sa personnalité aussi qui compte. Je dirais aux parents de donner l’exemple également. Comment voulez-vous que votre enfant soit discipliné si vous-mêmes vous ne l’êtes pas ? Aussi, n’oubliez pas que c’est vous les parents et que c’est vous qui appliquez les règles. Ne cédez pas à ce que vos enfants vous imposent.