Ils réclament un tarif de Rs 2 500 la tonne de cannes, au lieu d’être payés sur la production de sucre

Cinq mois après leur dernière rencontre avec le Premier ministre, Pravind Jugnauth, les petits planteurs de canne sont restés sur leur faim. Le comité technique annoncé ne s’est jamais réuni et il n’y a aucune indication sur les propositions soumises pour répondre à la situation de crise. Ainsi ont-ils décidé de lancer un mouvement, qui organise sa première mobilisation à l’auditorium Octave Wiehe ce dimanche sur le thème “Aret kokin nou kas”. Leur principale revendication : vendre leurs cannes à Rs 2 500 la tonne aux usiniers au lieu d’être payé sur la production de sucre.

Pour Kreepalloo Sunghoon, porte-parole du mouvement des petits planteurs, le rassemblement de dimanche est la première d’une série d’actions prévues dans les mois à venir. Une autre est déjà annoncée pour le 1er février. Il avance que lors de leur rencontre avec le Premier ministre en juin, ce dernier avait promis la mise sur pied d’un comité technique qu’il présidera personnellement. « On nous a même demandé de soumettre nos propositions dans un délai de deux jours. Nous avons pu négocier pour avoir dix jours. Mais il semble qu’à leur tour, ils ne sont pas pressés du tout de nous rencontrer. Nous attendons toujours que le Premier ministre organise la première réunion du comité technique. »
Lors du rassemblement de demain, les petits planteurs ont prévu de voter plusieurs résolutions. Outre leurs membres, les anciens et l’actuel ministres de l’Agro-industrie sont également invités au rassemblement. Plusieurs dirigeants politiques sont aussi attendus car « ils sont tous concernés par le sujet », disent les petits planteurs.

Il rappelle que le secteur sucre « passe par une période difficile ». Si depuis des années les revenus sont en baisse, « pour la première fois, les petits planteurs ont dû puiser de leurs poches » pour faire la récolte. « Certains ont même préféré ne pas faire de récolte du tout. » Déjà, rappelle-t-il, beaucoup de planteurs ont abandonné leurs champs. De 32 000 petits planteurs en 2000, il n’en reste qu’un peu plus de 12 000. « Si on ne fait rien, les petits planteurs vont disparaître d’ici trois ans. »

Les petits planteurs revendiquent le prix de Rs 2 500 la tonne de cannes livrée à l’usine. Or, actuellement, ils sont payés sur la production de sucre. « Pour l’heure, nous avons entre Rs 1 000 à Rs 1 100 la tonne de sucre. Or, nous n’avons aucun contrôle sur la production. Car une fois que nous avons déposé nos cannes à l’usine, c’est elle qui prend tout en charge. On ne peut justifier la quantité de sucre produite à partir de nos cannes. C’est pour cela que nous demandons plutôt un prix sur les cannes livrées à l’usine. »
L’autre requête des petits planteurs est de leur permettre de diversifier leurs cultures. « La loi ne nous permet pas aujourd’hui de planter autre chose que de la canne sur nos terres.

Or, si on nous permettait de diversifier, les planteurs n’auraient pas abandonné leurs terres. » À cela, Kailash Ramdhary ajoute que plus de 25 000 arpents de terres agricoles ont été abandonnés en raison des difficultés dans le secteur. « Cela représente un problème pour les planteurs et le pays à la fois, car la productivité est en baisse. De plus, les terres agricoles sont devenues rares maintenant à Maurice. » Les porte-parole du mouvement sont d’avis que si le gouvernement relance le secteur, beaucoup de petits planteurs reviendront aux affaires.

Lors du rassemblement de demain, les petits planteurs ont prévu de voter plusieurs résolutions. Outre leurs membres, les anciens et l’actuel ministres de l’Agro-industrie sont également invités au rassemblement. Plusieurs dirigeants politiques sont aussi attendus car « ils sont tous concernés par le sujet », disent les petits planteurs.