Faute de pouvoir se déplacer dans l’archipel d’Agaléga pour les 90 ans de la chapelle Sacré-Cœur-de-Jésus, l’évêque de Port-Louis, le cardinal Maurice Piat, a adressé une lettre aux Agaléens. Il n’a pas manqué de commenter les travaux d’infrastructure entrepris dans l’archipel, notamment la construction de la piste d’atterrissage et la nouvelle jetée. Il a souligné que la principale conséquence sera que l’archipel se rapproche du monde extérieur. Toutefois, cet événement de nature religieuse a débouché sur une plus étroite collaboration entre les travailleurs venus de l’Inde pour le compte des contracteurs d’Afcons Infrastructure et les habitants de l’archipel. lls ont travaillé ensemble pour la rénovation de la chapelle et ont participé pendant le week-end aux célébrations en partageant le plat de la fraternité des îles.

D’emblée, dans sa lettre aux Agaléens, le cardinal Piat exprime son profond regret de ne pouvoir faire le déplacement pour participer à cet événement. « J’aurais fait le déplacement avec beaucoup de plaisir, mais avec les préparatifs avec la visite du pape François à Maurice, ce n’est vraiment pas possible pour moi », dit-il. Mais ce qui retient l’attention aussi dans ce message du cardinal Piat c’est son commentaire sur les travaux d’infrastructure d’envergure en cours dans l’archipel et qui entraîne de « grands bouleversements » dans le quotidien des habitants. « L’île connaît actuellement de grands bouleversements avec la construction d’un quai, d’une piste d’atterrissage et de grands travaux d’aménagement. Cela rapprochera Agalega du monde extérieur », affirme-t-il, en ajoutant que « je souhaite que les habitants soient partie prenante des développements tout en ayant la possibilité de préserver leur culture. »

Rassembler régulièrement

D’un point de vue purement religieux, l’évêque de Port-Louis évoque la visite du premier missionnaire dans l’archipel en 1897 ainsi que les différentes étapes de la vie de l’Église dans l’archipel, aussi bien que la présence des religieuses depuis l’an 2000 « pour accompagner les fidèles dans la foi. » Il situe l’importance de cette chapelle de l’île du Nord pour les habitants. « La chapelle Sacre-Cœur-de-Jésus permit aux fidèles de se rassembler régulièrement pour partager la parole et célébrer les sacrements lors des passages de prêtres. Je remercie ceux et celles qui, durant ces longues années sans prêtres, ont eu le souci de garder une communauté chrétienne vivante dans l’île. » De nos jours, les Agaléens reçoivent la visite d’un prêtre à l’occasion de deux principales fêtes au calendrier de l’Église, à savoir Noël et la Pâques.

Une « belle entente »

Ce message du cardinal Piat « a touché les habitants ». « C’est un message très profond et réconfortant pour la population. Le cardinal reconnaît les efforts de tous ceux qui œuvrent au sein de l’Église ici. Et surtout, il suit de près les changements qui s’opèrent dans l’île avec les gros travaux de construction. On sent que le cardinal se soucie de l’avenir de l’île et de ses habitants », dit un père de famille engagé dans l’archipel.

Par ailleurs, la célébration le week-end dernier des 90 ans de la chapelle Sacré-Cœur-de-Jésus, alors que la chapelle Sainte-Rita dans l’île du Sud est déjà centenaire, a témoigné, aux dires des habitants, d’une « belle entente » entre la population agaléenne, les travailleurs indiens et les fonctionnaires en poste dans l’archipel. « Nous avons célébré cet anniversaire dans la fraternité et la solidarité. Des travailleurs indiens et des fonctionnaires en service ont participé à l’événement et ce fut un beau rassemblement », témoigne sur un ton ému un membre du comité organisateur.

Par ailleurs, les organisateurs se félicitent du coup de main « très apprécié » obtenu du contracteur indien d’Afcons Infrastructure pour remettre à neuf cet édifice religieux. « Dès le lendemain de notre demande, Afcons a envoyé un groupe de travailleurs à la chapelle pour faire un constat des travaux à entreprendre et les ouvriers y sont toujours à l’œuvre. En tout cas, les habitants sont touchés par ce geste de solidarité et nous remercions vivement cette entreprise indienne pour sa contribution et de s’être associée à cet anniversaire, qui est un grand événement dans la vie de l’archipel », devaient-ils s’appesantir.

Après l’office de dimanche dernier, des religieuses présentes sur une base permanente dans l’archipel, en collaboration avec des laïcs, ont partagé des moments agréables avec l’assistance, dont un déjeuner et une animation musicale. Mais les habitants de l’île du Nord regrettent de n’avoir pas eu avec eux pour cet événement leurs parents et amis de l’île du Sud, car la mer était démontée et impraticable ce jour-là et toute traversée aurait été risquée. « La mer pa bon ditou depi plizier zour », reconnaissent-ils.

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