Après qu’une enquête judiciaire ait été instituée pour faire la lumière sur les inondations du 30 mars 2013, les proches des 11 victimes de cette catastrophe sont toujours dans l’expectative de sanctions à être prises contre les autorités para-étatiques pointées du doigt par la magistrate Ida Dookhy-Rambarrun dans ses observations. Ils ont par ailleurs saisi la Cour suprême pour réclamer des dommages de Rs 20 M par famille à l’État.
Le porte-parole des familles des 11 victimes, Allan Wright, dit attendre toujours que des sanctions soient prises contre les autorités concernées, dont la part de responsabilité avait été pointée du doigt par la magistrate Ida Dookhy-Rambarrun, qui avait présidé l’enquête judiciaire. Quatre mois après les conclusions de cette enquête, les familles des victimes déplorent le fait qu’aucune sanction n’ait été prise contre ces institutions para-étatiques, qui, directement ou indirectement, « ont leur part de responsabilité » dans ce drame survenu le 30 mars 2013. Allan Wright, qui a perdu sa femme et son fils ce jour-là, réclame qu’une commission d’enquête soit mise sur pied afin que des sanctions soient prises contre les institutions mises en cause. « Ena boukou institision a blame pou sa kinn arive e zot trouv zot sou le parapluie de l’État », soutient Allan Wright, répondant au fait qu’une demande d’injonction a été logée en Cour suprême contre l’État.
Ces corps para-étatiques, notamment les services météorologiques, la municipalité de Port-Louis, la Road Development Unit, la State Property Development Company ou encore le National Disaster Operations and Coordination Centre, font partie de ces compagnies sous l’égide de l’État pointées du doigt. Selon les proches des victimes, les recommandations de la magistrate n’ont en rien fait évoluer les choses et « c’est pour cela ki nou konba pe kontinie afin ki nou gagn dedomazman pou sa kinn arrive », indique Allan Wright. Ce dernier ajoute avoir même été reçu par le Premier ministre sir Anerood Jugnauth pour faire part de leurs doléances. L’action portée devant la Cour suprême sera, quant à elle, appelée pro-forma le 21 mai. Les familles sont représentées par Me Antoine Domingue, Senior Counsel et par l’avouée Diya Gouges.
La magistrate Ida Dookhy-Rambarrun avait donné ses conclusions sur les inondations du 30 mars le 31 décembre 2014. Malgré le fait qu’elle ait conclu qu’il n’y a pas eu de « foul play », elle déplore cependant plusieurs failles institutionnelles, l’état des drains de la capitale et le fait que certains drains, dont ceux construits près des parkings d’Air Mauritius et de Rogers, ou encore ceux à la succursale KFC, rue La Chaussée, avaient été avalisés par des lois votées au Parlement.
Les victimes des inondations meurtrières du 30 mars 2013 sont Jeffrey Allan Wright, Sylvia Wright, Toolsee Ram Ramdhari, Pravin Kumar Khoosye, Karmish Saligram Tewary, Dhanraj Saligram Tewary, Retnon Sithanen, Rabindranath Bhobany, Fan Lan Wong Tat Chong Lai Kim, Christabel Moorghen et Stevenson Henriette.