L’enquête judiciaire sur les inondations du 30 mars 2013, qui ont fait 11 victimes, se poursuit. Indradev Nundloll, Acting Operation Manager à la State Property Development Company (SPDC) à l’époque du drame, a attesté hier que la compagnie était au courant que des vigiles de Rapid Security opéraient sans permis et que ceux-ci se sauvaient en voyant des policiers en patrouille. Il a par ailleurs indiqué que la SPDC avait envoyé une lettre à la compagnie de sécurité afin de remédier à la situation.
Indradev Nundloll, à présent comptable à la SPDC, devait indiquer lors de la séance d’hier que la SPDC , qui s’occupe de la maintenance et de la sécurité au Port-Louis Waterfront, n’avait pas sa propre  compagnie de sécurité, raison pour laquelle elle avait eu recours à Rapid Security en 2011, et ce après un appel d’offres. Selon le témoin, les règlements de travail étaient mentionnés dans le contrat de la compagnie de sécurité, Rapid Security étant alors dans l’obligation de répondre aux exigences de la SPDC. Après des réunions régulières avec l’administration des deux compagnies, poursuit-il, le travail était délégué par le Security Officer de la SPDC, qui faisait un contrôle journalier et s’assurait que les vigiles soient à leur place dans les différentes parties du Port-Louis Waterfront. Il devait toutefois concéder que certains vigiles n’avaient pas leur permis, affirmant même, qu’une fois, l’un d’entre eux avait été arrêté pour cette raison. La SPDC avait alors fait une requête à la compagnie de sécurité pour que les vigiles se plient à la loi en vigueur. Et de préciser que les vigiles opéraient avant d’avoir reçu l’autorisation du Commissaire de Police, « qui était une longue procédure ».
Questionné par la poursuite sur la formation de ces vigiles, Indradev Nundloll devait affirmer : « C’était le rôle des directeurs de la compagnie de sécurité de veiller à la formation de ces vigiles. Si les vigiles n’étaient pas à la hauteur, ils étaient remplacés. » Concernant les plaintes des locataires des tabagies du tunnel Sud, il devait indiquer : « Les locataires se plaignaient tout le temps qu’il n’y avait pas de vigiles dans les tunnels pendant les heures de travail, mais je veillais personnellement à ce qu’ils soient à leur place tous les jours. » Quant aux pompes situées dans les tunnels, il affirme que celles-ci fonctionnaient le jour des inondations, mais qu’elles ne pouvaient gérer une telle accumulation d’eau, « qui plus est boueuse ». Enfin, concernant les caméras de surveillance défectueuses, il devait concéder qu’elles ne fonctionnaient plus depuis 2009 et que la SPDC ne disposait pas des fonds nécessaires pour les remplacer, la compagnie était en instance de rénovation. En revanche, a-t-il ajouté, comme mesures de précautions, la SPDC a désormais demandé aux vigiles de fermer personnellement les grilles des tunnels et de procéder à l’évacuation dès que de l’eau commence à pénétrer dans les tunnels, et ce pour éviter un tel drame.  
L’ASP Anerood Sookareeah, du National Disaster Risk Reduction and Management Centre (NDRMC), a également été appelé à témoigner hier. Il devait à cette occasion soutenir que le “Warning System” de la station météorologique concernant les inondations à Maurice devrait être revu, vu qu’il n’était pas effectif. Il devait ajouter qu’après les inondations du 30 mars 2013, des réunions du conseil de la NDRMC – qui comprend plusieurs autorités locales – avaient été effectuées afin de remédier aux problèmes de sécurité en cas d’inondations. Il devait par ailleurs indiquer que la NDRMC est venue de l’avant avec un nouveau projet de prévention, lequel aura pour but d’informer les utilisateurs de téléphone portables se trouvant dans des endroits à risques afin de prendre les précautions nécessaires en vue d’inondations imminentes. Cependant, ce projet est toujours en cours de concrétisation.
Girish Gunness, secrétaire permanent à la National Development Unit, qui fait partie du ministère des Infrastructures publiques, devait pour sa part maintenir que la responsabilité concernant la maintenance des drains, notamment des “cut-off drains” à hauteur de la Montagne des Signaux, revenait à la municipalité de Port-Louis. Et d’ajouter que si cette dernière manquait des fonds nécessaires pour l’effectuer, elle pouvait introduire une requête à la NDU pour obtenir l’aide appropriée. Or, affirme-t-il, la mairie de la capitale n’a jamais fait de telles demandes. Il devait attester qu’après consultations avec les autorités locales, la municipalité de Port-Louis savait qu’elle était responsable de la maintenance de certains drains et n’avait en aucun cas objecté pour prendre en main ces drains. Enfin, concernant les drains sur la troisième voie de l’autoroute M1, le secrétaire permanent de la NDU devait soutenir que la responsabilité du nettoyage de ces drains revenait à la Road Development Authority (RDA), qui avait entrepris d’en nettoyer plusieurs dans la capitale après les inondations meurtrières.