L’enquête judiciaire pour faire la lumière sur les inondations du 30 mars qui ont fait 11 morts s’est poursuivie hier avec le témoignage de deux employés de la General Construction Co Ltd, le contracteur qui devait construire la 3e voie à Port-Louis. Abdool Cader Nahaboo, le Chef ingénieur de cette compagnie, devait maintenir que le Ruisseau du Pouce n’avait en aucun cas été obstrué ce jour-là malgré les sous-plateformes qui étaient placées dans le lit du ruisseau pour effectuer les travaux.
Le chef ingénieur de General Construction Ltd devait indiquer lors de la séance d’hier que la compagnie avait obtenu un contrat avec la Road Development Authority (RDA) pour la conception de la troisième voie et même temps élargir le Ruisseau du Pouce pour améliorer le trafic après la construction de cette voie. Les travaux ont débuté le 20 novembre 2012 avec l’aide de la RDA et de plusieurs ingénieurs et de dessinateurs de General Construction. Sur le chantier, le Site agent était Jean Maurel et l’ingénieur en second Allan Wright. Le chef ingénieur devait soutenir qu’il n’était pas prévu de dévier l’eau du pont selon le contrat de travail mais que la compagnie avait fait installer une plateforme avec des sous-plateformes de 60 cm pour permettre les travaux hors de l’eau circulant dans le Ruisseau du Pouce. Selon lui, la plateforme érigée avec des gravats particulièrement ne dépassait pas 80 cm de hauteur et avait trois ouvertures dont un drain inversé près du Caudan Waterfront et deux drains inversés du côté de la State Property Development Company (SPDC). Abdool Cader Nahaboo devait soutenir qu’un passage avait été créé dans la plateforme pour permettre l’éboulement des eaux dans le ruisseau du Pouce et devait affirmer qu’en temps de crue, l’eau pouvait passer sur la plateforme. Il devait indiquer que la veille des inondations, la plateforme et les sous-plateformes avaient été réduites. Questionné par Me Keschri Soochit, représentant le DPP, sur les événements du 30 mars 2013, le témoin devait affirmer qu’après un constat des lieux après les inondations, « à aucun moment l’eau n’a traversé sur le pont du Ruisseau du Pouce vu qu’il n’y avait pas de boue alors que la Place d’Armes avait été envahie par de la boue et les barrières temporelles donc légères placées sur le pont étaient toujours en place. » Selon lui, les matériaux qui constituaient les sous-plateformes « étaient poreux et non compactés et avaient été déplacés par la force de l’eau en ne présentant aucune résistance possible à l’écoulement de l’eau. » Il devait soutenir que « les sous-plateformes ne constituaient aucun obstacle à l’écoulement des eaux vu que le Ruisseau du Pouce dégageait plus de deux fois la surface disponible en amont. » Questionné sur le fait que le contracteur n’avait pas effectué l’enlèvement des sous-plateformes avant le 30 mars 2013, le Chef ingénieur devait indiquer « qu’il était matériellement impossible de le faire le vendredi 29 car on avait terminé les travaux dans la soirée. Et aussi on ne voulait pas enlever des “evidences” vu qu’il y avait une enquête policière en cours suite aux inondations du 30 mars. »
La séance d’hier a aussi vu le témoignage de Jean Maurel, affecté comme site agent lors des travaux sur la troisième voie de la M1. Son travail consistait à organiser la machinerie et les matériaux nécessaires pour exécuter les travaux selon le contrat. Il était aussi responsable de la construction de la plateforme au ruisseau du Pouce, selon le plan de travail. Questionné par la poursuite du fait que les sous-plateformes avaient été emportées par l’écoulement des eaux lors des inondations, il devait soutenir que « les restes des sous-plateformes constituées de gravats avaient été conçus pour être emportés si jamais il y avait des inondations ».
Questionné sur ses conclusions concernant les causes des inondations, Jean Maurel devait déclarer que « toutes les obstructions se trouvant en amont ont contribué aux inondations. L’on pouvait trouver des piliers, des colonnes et des rampes construits dans les lits des rivières et même des portails et des escaliers dans ces cours d’eau. »