Dans une lettre adressée à la jeunesse sportive, l’Évêque de Port-Louis, le Cardinal Maurice Piat encourage les athlètes, tout en les mettant en garde contre les dangers qui pourraient les guetter.

Rejoignant l’injonction du ministre Toussaint qui, lors de l’unique rassemblement du Club Maurice en juin, avait exigé des Jeux propres et sans dopage, Maurice Piat a lui aussi souligné l’importance de rester « clean » et d’éviter l’idolâtrie. « Le sportif, devant les exigences infernales de la réussite, peut faire violence à son corps en se dopant et en ne respectant plus alors les règles imposées », écrit-il.

Citant par ailleurs le sprinteur namibien Frankie Fredericks, médaillé d’argent aux JO d’Atlanta en 1996, Maurice Piat conseille aux athlètes de relativiser, demandant par la même occasion une vigilance accrue face aux dérives, dont la violence.

Mais plus qu’une mise en garde, cette lettre se veut aussi un message d’encouragement aux athlètes, alors qu’ils entament l’ultime ligne droite en amont des Jeux. Le chef de l’église catholique de Maurice demande aux athlètes d’être les vecteurs du mauricianisme.

« La vitesse à laquelle les billets ont été vendus atteste de l’engouement national pour ces Jeux et de notre désir de soutenir nos compatriotes. Cet élan nous fait embrasser une cause qui dépasse les frontières de nos tensions communalistes », écrit-il encore.

S’il reconnaît que ce ne sont que les prémisses d’un état d’esprit, il soutient qu’il ne tient qu’aux athlètes de « garder la flamme allumée […] au-delà d’un événement » qui ne dure que quelques jours. »

Terminant sa lettre par l’aspect pédagogique du sport, Maurice Piat dira également que les victoires comme les défaites font partie de l’apprentissage. « La jubilation dans ses réussites laisse parfois place à la déception lorsqu’advient l’échec. Il peut en profiter pour rebondir. Ceci en apprenant de ses erreurs, tout en s’entraînant encore plus dur. » Et finalement, il rappellera que le sport peut éloigner des fleaux que sont la drogue, la pornographie ou encore le dopage.