Pour les Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) 2019, 98 officiels, toutes disciplines confondues, seront de la partie pour Maurice. Le nombre n’est pas encore confirmé pour les autres délégations. Officiels, arbitres, juges arbitres ou commissaires : peu importe le nom qu’on leur donne, ils sont essentiels dans une compétition sportive. Ces bénévoles ont souvent le mauvais rôle.

Le nom pour désigner ceux qui assurent l’arbitrage diffère selon les catégories sportives. Des 14 épreuves à l’honneur pour les JIOI, hormis l’athlétisme, le kitesurf et le cyclisme, le terme utilisé pour qualifier cette fonction dans les autres disciplines (volley-ball, beach-volley, football, badminton, basket-ball, rugby, tennis de table, judo, haltérophilie, natation) est arbitre ou juge arbitre.

Cela demande du temps, de l’expérience et une certaine maturité pour savoir arbitrer. “En athlétisme, nous parlons d’officiel et non d’arbitre”, précise Suren Ayadassen, Competition Director des JIOI 2019. “Il est aussi important de former des officiels que des athlètes”, ajoute notre interlocuteur. Un programme étoffé l’attend au cours des prochaines semaines. Il est en charge de l’ensemble de la compétition : épreuves, cérémonies de médailles, validations des performances, etc. “L’arbitrage mauricien est de haut niveau dans les différentes disciplines sportives.”

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Bien connaître les règlements.

À 47 ans, Leslie Chérubin, qui en est à ses cinquièmes JIOI, détient une licence internationale en arbitrage de basket depuis 19 ans. “Cette licence était renouvelée tous les quatre ans, mais depuis ces dix dernières années, cela se fait tous les deux ans. Nous devons nous soumettre à un test au niveau international.”

Pas de place pour l’amateurisme non plus en judo. Poorunsingh Doobooree en est à ses cinquièmes JIOI. Dans le métier depuis vingt ans, la ceinture noire pratique la discipline depuis 33 ans. À 23 ans, Adrien Rivalland (affilié à la World Rugby) est un des plus jeunes arbitres de rugby mauricien des JIOI. Il est conscient de ses responsabilités. “Le rugby compte un arbitre qui suit l’action sur le terrain. Et deux arbitres de touche qui courent le long de la ligne.”

Peu importe le nombre d’années d’expérience, si l’arbitre est actualisé sur les règlements et a suivi une bonne préparation physique, il sera en mesure d’arbitrer dans de bonnes conditions. Connaître les règlements en vigueur et se tenir informé des amendements sont une des bases d’un bon arbitre. Rohit Caullychurn, arbitre de volley-ball, souligne que son rôle est de diriger la rencontre mais qu’il doit avoir une connaissance approfondie des règlements, “pour être en mesure d’intervenir au bon moment”. Yvan Rivet, arbitre pour le beach-volley, abonde dans le même sens. “Pour être en mesure de maintenir et justifier les décisions (prises de concert avec l’assistant arbitre et le juge de ligne), il faut bien connaître les règles.”

Pas le droit à l’erreur.

Certaines disciplines requièrent que les arbitres se soumettent à des tests physiques et théoriques qui garantissent leur capacité physique et mentale à arbitrer une compétition d’un certain niveau. Adrien Rivalland a entamé lundi dernier un stage de préparation avec la sélection nationale de rugby à 7 en Afrique du sud pour parfaire sa préparation. “Il ne faut pas oublier que le rugby est un jeu rapide et un sport physique”, confie-t-il. Arbitrer un match de rugby demande beaucoup de concentration. “Il faut être lucide et prendre les bonnes décisions en une fraction de seconde. Cela me prend 45 minutes avant une rencontre pour faire le vide.”

Rohit Caullychurn n’en est pas à ses premiers JIOI. “Le niveau des Jeux est très élevé. Il faut une préparation aussi bien physique que mentale.” Quelle que soit la discipline où il assure l’arbitrage, un arbitre a besoin d’être sur “le qui-vive tout le long du match. Il n’a pas le droit à l’erreur”. Faire de la marche permet à Rohit Caullychurn de parfaire sa condition physique et d’asseoir son mental.

En ce qui concerne le basket, Leslie Chérubin précise que comme pour chaque JIOI, “tous les arbitres doivent passer un test physique avant le début des compétitions”. Après un stage de trois jours plus tôt dans l’année, dispensé par un expert de la FIBA, “ils ont dû se soumettre à un test pour examiner le niveau de leur condition physique. Un deuxième test est prévu le 19 juillet”.

Tous bénévoles.

Être arbitre n’est pas de tout repos. Décisions huées par public, entraîneurs et joueurs qui s’emportent, menaces de part et d’autre… C’est bénévolement, par sens du patriotisme et l’amour pour le sport, que les arbitres donnent de leur temps. “Nous sommes tous bénévoles car c’est la passion pour le sport qui nous anime”, confie Suren Ayadassen. Leslie Chérubin précise qu’on ne peut pas vivre de l’arbitrage en Afrique, comme en Europe. “C’est plus un passe-temps qu’un métier. Il faut aimer le sport pour être un bon arbitre. Il faut aussi être conscient qu’on ne peut pas satisfaire tout le monde”, pense Yvan Rivet. À la fin d’un match, “c’est souvent aux décisions de l’arbitre auxquelles on attribue la défaite. On affirme que c’est lui qui a mal géré le match. L’arbitre doit savoir gérer le stress”.

Être arbitre est un métier gratifiant, avance Poorunsingh Doobooree. “C’est un honneur car les gens nous respectent. Nous arbitrons dans plusieurs pays. C’est une fierté pour moi, ma famille, mes proches et aussi pour le lieu où j’habite”, confie cet habitant de Goodlands. Mais c’est une fonction qui “n’intéresse plus autant les jeunes”. À quelques exceptions près, le paysage sportif est occupé majoritairement par les anciens.