Les lauréats avec le jury du concours

La journée mondiale de la Francophonie, célébrée le 20 mars, a été cette année marquée par un concours d’éloquence sur des thèmes variés ayant un lien direct avec la société contemporaine. Cet événement a été organisé à l’Institut français de Maurice donnant ainsi l’occasion aux étudiants du secondaire et ceux des institutions tertiaires de démontrer leurs connaissances et talents face à un jury composé de quelques personnalités. Sur 359 participants, un jeune du collège Saint-Joseph et une étudiante de l’université Panthéon-Assas ont été récompensés.

La grande éloquence de Grégory Albert, âgé de 17 ans et élève en Grade 12 au collège Saint-Joseph, et celle d’Alexia Quenette, 19 ans et étudiante en droit à l’Université Panthéon-Assas, à l’Uniciti de Médine, ont visiblement séduit le public présent hier matin à l’IFM lors de la cérémonie de remise de prix. Pour sa première participation à un concours d’élocution, Grégory Albert a pu se distinguer par ses qualités et a répondu aux critères d’exigences du jury.

S’il n’avait aucune connaissance de ce concours, c’est son camarade de classe qui l’a poussé à tenter l’aventure. « Je n’étais pas au courant de ce concours. Mon enseignant, qui en avait pris connaissance, avait déjà porté son choix sur deux élèves : l’un, très doué en slam, et l’autre, assez proche de lui. Toutefois, ce dernier n’a pas voulu participer et m’a encouragé à prendre sa place. C’est ainsi que je me suis lancé », raconte le gagnant.

Primé pour la demi-finale sur les superhéros, Grégory Albert se souvient d’avoir incarné un personnage héroïque et, pour la finale, il a choisi les beaux-arts. « J’ai choisi ces thèmes car je sentais pouvoir mieux les gérer », dit-il. Cet élève avoue que « participer à des concours n’est vraiment pas ma tasse de thé » mais qu’il préfère être encouragé afin d’y prendre part. « C’est peut-être le premier concours tout court auquel je participe », dit-il. Et d’ajouter : « Le côté positif qui ressort de cette participation, c’est d’avoir pu vaincre le trac. »

Quant à Alexia Quenette, chaudement applaudie par le public, elle maîtrise déjà l’art oratoire. Ayant fait du théâtre et réussi son bac avec brio, cette jeune fille n’a pas hésité à participer à ce concours grâce aux qualités qu’elle a développées avec l’aide de ses enseignants. « Je suis étudiante en droit, et l’art oratoire a toute son importance », dit-elle. Ayant choisi le thème « tradition, richesse ou carcan », Alexia Quenette avance que la tradition « peut être bien exploitée », tout en expliquant que de nouvelles pratiques, qui sont recréées, « présentent aussi des avantages ».

Parlant de la Journée internationale de la Francophonie, l’ambassadeur de France à Maurice, Emmanuel Cohet, a mis en relief « la forte relation » entre Maurice et la France. « Ce que nous possédons tous, c’est la langue française, qui est porteuse de culture », dit-il, en faisant référence à un discours du président français, Emmanuel Macron. Selon l’ambassadeur, les statistiques démontrent que « le nombre de locuteurs français augmentera significativement dans le monde ».

Présente lors de cette remise de prix, la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, a mis l’accent sur l’importance de l’art oratoire. Elle a rappelé le changement qui s’opère dans le monde éducatif, où une importance particulière est accordée à l’éloquence pour que les enfants « puissent développer des compétences langagières ». Elle poursuit : « C’est la base de notre réforme éducative pour que nos jeunes puissent s’épanouir. L’éloquence est une façon de connaître la capacité d’une personne à parler. » Sur les 359 participants, 70 étudiants ont été sélectionnés pour les demi-finales et 20 pour la finale. Sur les 20 étudiants, six ont été lauréats, dont deux élèves de Rodrigues. Par ailleurs, 274 millions de francophones à travers le monde, issus de 84 pays différents, ont fêté leur langue.