La Journée mondiale des orphelins du sida est observée en ce lundi 7 mai. Créée en 2002, cette journée a pour but d’attirer l’attention sur la détresse de millions d’enfants affectés par ce virus. Nombre d’entre eux sont contaminés à leur naissance par leur mère. Certains restent orphelins après le décès de leurs parents, et, dans bien des cas, des enfants sont abandonnés et livrés à leur sort.

« Des orphelins du sida, c’est-à-dire, des enfants qui ont perdu père et mère à cause de la maladie, il y en a définitivement à Maurice », indique Nicolas Ritter, directeur et fondateur de PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida). « Nous sommes conscients qu’il y a des cas, d’une part, et de l’autre, qu’il y a des processus d’adoption en cours également ». Néanmoins, poursuit notre interlocuteur, « on ne peut en dire plus à défaut d’études en bonne et due forme sur le sujet ». Ce qui amène M. Ritter à attirer l’attention sur la nécessité « de développer une approche concrète et professionnelle envers la question.»

Pour étayer son argument, le directeur de PILS fait remarquer que « l’épidémie du sida à Maurice est loin d’être en régression, bien au contraire !» A cet effet, il cite les chiffres des nouvelles contaminations annuelles; données qui comprennent les Mauriciens et les étrangers dépistés par les services en vigueur.

Ainsi, pour 2015, le total des nouvelles contaminations était de 269, contre 329 en 2016, et 384 pour 2017. « Ces chiffres interpellent car c’est la plus haute augmentation enregistrée depuis plusieurs années, note M. Ritter. Et, valeur du jour, du fait que les traitements sont disponibles et accessibles à Maurice, nous aurions dû être dans une situation de zéro nouvelle contamination. Et zéro contamination chez les femmes enceintes de même ! Et pourtant, non. Ce qui veut dire que nous avons encore beaucoup de chemin à faire ».