Les examens du barreau pour cette année débutent le 16 septembre pour les aspirants avocats, avoués et notaires. Cette année encore, en dépit des échecs répétés, ils sont nombreux, soit au nombre de 150, à prendre part à ces examens, qui se dérouleront sur deux semaines au Council for Vocational Legal Education. L’exercice d’inscription a déjà eu lieu depuis le 5 août alors que certains modules n’ont toujours pas été complétés. Ces étudiants n’auront toutefois pas la possibilité d’avoir un renvoi comme chaque année.

Une fois encore, ces étudiants déplorent toute l’organisation de la formation qui, disent-ils, est « pénalisante ». Module incomplet, peu de temps à consacrer à la révision et un manque d’exposition à l’aspect pratique du métier sont autant de défis auxquels devront une fois de plus faire face ces étudiants qui aspirent à la profession légale.

En effet, cette année les cours ont débuté avec du retard et, à quelques semaines des examens, les modules n’ont toujours pas été complétés. Dans certains cas, ils sont encore à mi-chemin et n’auront probablement pas le temps de compléter le programme avant les examens. « Il y a des “lecturers” qui ne sont même pas réguliers et ratent plusieurs sessions », disent-ils. L’année dernière, une lettre adressée au responsable du Council for Vocational and Legal Education pour demander un renvoi est restée vaine. On leur avait fait comprendre que la date des examens avait déjà été publiée. Cette année, ces jeunes n’ont même pas pris d’initiative pour demander un renvoi.

À noter que, pour l’examen du barreau, les étudiants seront évalués sur huit questionnaires en écrit et un oral appelé “Advocacy”, qui est destiné uniquement à ceux qui souhaitent embrasser une carrière d’avocats ou d’avoués. Plusieurs de ces étudiants, qui ne sont pas à leur première tentative, « craignent le pire ». Ils expliquent : « Les examens du barreau en Angleterre coûtent une fortune et ce n’est pas donné à tout le monde. Ceux qui ont les moyens s’y rendent et passent dès la première tentative. Ceux qui veulent devenir avoué ou notaire n’ont pas le choix et prennent part aux examens à Maurice. Comment expliquer qu’en Angleterre les étudiants arrivent à “clear” leurs examens alors qu’à Maurice, plusieurs échouent ? » se demandent ces jeunes. Il est clair, pour eux, que le problème se trouve dans toute l’organisation de cette formation et la façon dont les cours sont dispensés. « Les cours sont mal structurés et la quantité de temps que l’étudiant a pour assimiler la formation, qui dure sur environ sept mois, est disproportionnée par rapport au volume. Nombre de détenteurs de “3-A” au HSC, avec les notes les plus élevées pour une admission à la faculté de droit de Réduit et qui sont considérés comme brillants par leurs chargés de cours universitaires, sont recalés à l’épreuve du barreau.

Les trois ans de cours que nous faisons à l’université n’ont rien à avoir avec l’examen du barreau. La première tentative est toujours difficile », expliquent ces étudiants, qui ont droit à six tentatives pour pouvoir pratiquer au barreau mauricien. Ceux qui obtiennent un “A” ou un “B” réussissent les examens alors que ceux qui obtiennent un “C” devront retourner la prochaine année. Ils auront cependant à payer uniquement les frais d’examens de Rs 10 000.

Par contre, les étudiants ayant obtenu une note inférieure à “C” devront repayer les Rs 120 000 pour les cours ainsi que les frais d’examens. D’autre part, une situation qui perdure depuis quelque temps et qui est aux dépens de ceux qui ne peuvent pas se le permettre, est les leçons particulières données par certains membres du barreau. Certains étudiants peuvent débourser jusqu’à Rs 4 000 par mois pour ces cours particuliers. Les résultats des examens seront connus en novembre.