La 3e édition de l’Africa Judo Open Mauritius (AJOM) a débuté hier au gymnase Pandit Sahadéo à Vacoas. Fait marquant, la blessure de Sarah Sylva dans son combat pour la médaille de bronze contre la Po Sum Leung. Autant dire également que le niveau était beaucoup trop élevé pour nos représentants lors de cette première journée ou des soucis au niveau de l’organisation sont venus gâcher la fête.
Ils étaient plus de 200 judokas, venant de 52 pays à prendre part à l’événement. L’AJOM fait d’ailleurs partie des tournois qualificatifs en vue des Jeux Olympiques de Rio prévue au Brésil l’année prochaine. La compétition avait débuté le matin (9h30) avec les éliminatoires des différentes catégories au programme : -48 kg, -52 kg, -57 kg et -63 kg dames et les -60 kg, -66 kg et -73 kg chez les messieurs. L’on retiendra l’élimination des judokas mauriciens, notamment celle de Priscilla Morand, engagée dans la catégorie des -48 kg et qui n’a pas été en mesure de répondre présente dans l’une des catégories les plus relevées de la compétition. C’est d’ailleurs la Russe Irina Dolgova qui a remporté la médaille d’or en prenant la mesure de l’Équatorienne Diana Cobos en finale.
Sarah Sylva, engagée dans la catégorie des -57 kg, n’a pas eu les ressources nécessaires pour s’emparer de la médaille de bronze. Opposée à la Hongkongaise Po Sum Leung, elle n’a pas réussi à prendre le meilleur sur son adversaire, beaucoup plus entreprenante. D’ailleurs, l’on pouvait constater que la judokate mauricienne accusait un peu le coup, paraissant moins en jambes que son vis à vis. Et, malheureusement pour elle, Sarah Sylva fut victime d’une mauvaise chute. Inconsciente, elle mettra du temps à reprendre connaissance. « C’est une blessure au genou. Elle s’est mal retournée et les ligaments ont lâché. La douleur était tellement intense qu’elle est tombée dans les pommes », a expliqué le technicien Allemand Florian Velici.
Ce dernier explique d’ailleurs que le niveau est beaucoup trop élevée pour nos locaux qui bénéficient toutefois d’un maximum d’expérience. « Il faut être réaliste; pour le moment, nous n’avons pas le niveau escompté pour pouvoir rivaliser avec les meilleurs de la planète. Nous arrivons à passer quelques tours, c’est déjà ça. Nous continuons d’apprendre et à un moment, les efforts vont commencer à porter leurs fruits. Sarah (Sylva) avait en face d’elle une adversaire très intelligente qui a su exploiter ses moindres failles. C’est le haut niveau », a-t-il ajouté. La compétition se poursuit aujourd’hui avec les -81 kg, -90 kg, -100 kg et +100 kg chez les hommes et les -70 kg, -78 kg, et +78 kg chez les dames. Cette dernière catégorie verra l’engagement d’Annabelle Laprovidence, en lice pour une qualification olympique.
« Anabelle (Laprovidence) est une battante et elle ne se laissera pas faire. J’ai confiance en elle car elle demeure une judokate de qualité. Elle aura définitivement ses chances même si la concurrence sera rude. Il ne faut pas se voiler la face. Nous sommes face à la crème mondiale de la discipline. À elle de nous surprendre en nous sortant sa meilleure partition. Personnellement, et je pense que beaucoup seront d’accord avec moi, elle se battra jusqu’au bout pour tenter de tirer son épingle du jeu », a affirmé notre interlocuteur. La compétition débutera comme hier matin à 9h30 alors que les finales sont programmées à 16h. Comment passer sous silence les soucis au niveau de l’organisation avec notamment des problèmes de sonorisation. Lors de la cérémonie d’ouverture éclair, censée donner le coup d’envoi de la compétition, l’hymne national mauricien n’a même pas  retenti et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, présent pour l’occasion, avait lui-même pris la poudre d’escampette. Sans compter le faible taux de spectateurs pour un tournoi d’une telle envergure. Des détails sérieux qui devront être ré-étudier.
Josian Valère, président de la Fédération mauricienne de Judo, ne s’arrête pas lui  qu’aux détails de l’organisation. « Ce qui m’intéresse, ce sont les médailles. Certes, il y a encore du travail au niveau de l’organisation mais tout le monde doit se remettre en question (moi le premier) pour faire avancer les judokas. C’est bien beau de parler de frottement, d’expérience, etc, mais nous devons trouver un moyen pour que les judokas mauriciens puissent être performants pour le pays. C’est pour moi plus important que l’organisation en lui-même », a-t-il précisé.