Dans une récente lettre au National Ramsar Committee, les opposants au projet hôtelier Le Chaland Resort du groupe Currimjee Jeewanjee à La Cambuse, regroupés au sein de la coalition Aret Kokin Nu Laplaz, s’interrogent sur les conditions attachées à l’octroi d’une Ramsar Clearance aux promoteurs. Ces derniers ont confirmé vendredi devant le Conseil de district de Grand-Port avoir obtenu ce permis — une des conditions de leur EIA Licence — depuis juin 2014.
Dans leur récente lettre au National Ramsar Committee, les membres de la coalition Aret Kokin Nu Laplaz demandent à ce comité national de lui communiquer les raisons l’ayant motivé à donner sa « clearance » à ce projet hôtelier du groupe Currimjee Jeewanjee. « Nous vous en serions reconnaissants eu égard aux zones d’ombre que nous avons relevées autour de ce projet », précisent-ils.
Les contestataires disent d’abord constater qu’aucune mention n’est faite dans le EIA Report des effets néfastes de la phase opérationnelle du projet sur le Blue-Bay Marine Park (BBMP). « En fait, le terme « BBMP » n’apparaît pas dans la section du Environmental Management Plan qui couvre l’impact environnemental du projet hôtelier une fois qu’il sera opérationnel, bien qu’il soit juste au bord des plages du parc marin », s’indignent-ils.
La coalition Aret Kokin Nu Laplaz note en outre que les promoteurs ne mentionnent pas non plus dans leur EIA report les polluants qui seront déversés dans le parc marin découlant des besoins de l’entretien des jardins et du landscaping de l’hôtel « mais ils concèdent que les nitrates et phosphores des effluents de l’établissement ne seront pas totalement éliminés et seront utilisés pour l’irrigation ». « Où ces excédants finiront-ils sinon dans le parc marin qui est déjà menacé?? », s’interrogent-ils.
Citant le Management Plan for Blue Bay Marine Park (2012), commandité par le ministère de la Pêche mais jamais rendu pubic, une étude de l’Eco-Sud (2012) et une étude soumise à la Convention sur la Biodiversité, les écologistes affirment que « le parc marin de Blue-Bay est déjà gravement dégradé et qu’un hôtel additionnel au Chaland va l’exposer davantage à des risques de dégradation ».
Rappelant la soumission cette année d’un rapport du National Ramsar Committee sur les « Environmentally Sensitive Areas » (ESA) de Maurice à la 12e Conférence des Parties de la Convention Ramsar tenue en Uruguay, et du souhait du comité national d’avoir la participation de la société civile pour préserver les ESA, les contestataires assurent le comité national de leur coopération.
Les contestataires font également état d’une autre soumission du National Ramsar Committee au prochain Sommet de Paris (COP12) sur la promotion de la recherche et de l’éducation sur les ESA. « Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir nous communiquer ces recherches que vous avez faites sur les Sites Ramsar de Maurice », écrivent-ils.