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La Chine a annoncé mercredi qu’elle « suspendrait » à partir de jeudi la délivrance de laissez-passer aux touristes individuels de Chine continentale souhaitant se rendre à Taïwan, un coup dur potentiel pour l’économie de l’île.

Le ministère chinois de la Culture et du Tourisme a indiqué dans un très court communiqué publié sur son site internet que la mesure était prise « en raison des relations actuelles entre les deux rives ».

Les tensions sont vives entre la Chine continentale et la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, qui refuse depuis son arrivée au pouvoir en 2016 de reconnaître le principe de l’unité de l’île et du continent au sein d’une même Chine — comme le réclame Pékin.

En ciblant le tourisme, la Chine semble vouloir frapper une économie taïwanaise déjà mal en point et ainsi déstabiliser Mme Tsai alors que celle-ci espère être réélue lors de la prochaine présidentielle sur l’île, en janvier 2020.

La République populaire de Chine permet depuis quelques années aux habitants de 47 villes de demander des laissez-passer pour se rendre à Taïwan en tant que touriste individuel.

Auparavant, les Chinois devaient obligatoirement faire partie d’un groupe. Un mode de voyage encore très prisé, notamment par les touristes les plus âgés.

Le ministère chinois de la Culture et du Tourisme n’a pas mentionné mercredi les voyages en groupe vers Taïwan, laissant entendre qu’ils restaient toujours possibles.

Ces dernières années, en signe de mécontentement face à Tsai Ing-wen, Pékin a déjà stoppé ses communications officielles avec Taipei, a arraché quelques-uns des derniers alliés diplomatiques de Taïwan et a multiplié les manoeuvres militaires près du territoire.

La Chine considère Taïwan comme une de ses provinces. L’île est dirigée par un régime rival qui s’y était réfugié après la prise du pouvoir des communistes sur le continent en 1949, à l’issue de la guerre civile chinoise.

Peuplé d’environ 23 millions de personnes, en très grande majorité d’ethnie chinoise Han comme en Chine continentale, le territoire n’est pas reconnu comme un Etat indépendant par l’ONU. Et Pékin menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance à Taipei.