Malgré tous les efforts déployés, tant par la National Empowerment Foundation, que des médiateurs privés, une quarantaine de familles du village intégré de La Valette, à Bambous, persiste à ne pas respecter une des clauses prioritaires du contrat social qui les lie à cette institution. En effet, elles ne payent plus leur loyer depuis très longtemps. Il revient que certaines de ces familles ont cessé d’honorer la mensualité de leur loyer auprès de la Mauritius Housing Company Ltd, quelques mois seulement après leur installation dans leur maison. En 2009, lorsque le premier village intégré de Maurice a été inauguré et que les premiers résidents ont emménagés dans les maisons sociales, la mensualité était de Rs 800. Celle-ci augmente par Rs 200 chaque année, passant ainsi à Rs 1 600 actuellement. Toutefois, malgré la flexibilité des autorités, plusieurs familles bénéficiaires d’un logement social à La Valette peinaient à s’acquitter de leur loyer et factures d’eau et d’électricité. D’ailleurs, après maints rappels pour factures impayées, les familles concernées ont été privées d’eau et d’électricité, avant de quitter la Valette. Les maisons ont été allouées à d’autres bénéficiaires de la NEF.
Selon nos renseignements, les 40 familles qui sont dans la catégorie des mauvais payeurs, avaient été convoquées à une réunion à la NEF, en vue de trouver un compromis à leur situation, le 23 mars dernier. Cependant, peu d’entre elles avaient fait le déplacement. Le peu d’intérêt de la part de ces familles a fini par exaspérer la NEF (qui assure l’accompagnement des bénéficiaires). Même que Caritas a été appelé à la rescousse pour décanter la situation, d’autant qu’une quinzaine d’enfants ne vont plus à l’école. Depuis quelques temps l’annonce de l’expulsion imminente des familles circulait à La Valette. Mais malgré les nombreux avertissements, une expulsion massive aurait été on ne peut plus embarrassante pour la NEF. D’où la décision d’explorer d’autres avenues pour régler ce problème. Invité à commenter le cas des mauvais payeurs de La Valette, Kadres Pillay, président de la NEF, a préféré laisser la parole à deux officiers, lesquels ont à leur tour opté pour le silence. C’est finalement le ministre de l’Intégration sociale, Suren Dayal, qui a expliqué à Week-End que les familles de La Valette ne seront pas renvoyées du village intégré. « Nous avons fait tout ce qui était possible pour permettre aux familles de collaborer avec nous. Cette collaboration doit se faire dans les deux sens. De notre côté, nous avons été à leur écoute, nous leur avons donné plusieurs délais. Mais à la fin du jour, elles doivent être en mesure de respecter leur contrat social. Je suis sûr qu’il y a des familles qui font face à de vraies difficultés financières. Et c’est aussi une des raisons pour laquelles nous invitons à nouveau toutes ces familles à prendre contact avec la NEF pour que nous discutions avec elles. Il y a toujours la possibilité de trouver une solution à ce problème. Je suis convaincu que nous pouvons les aider », déclare le ministre Dayal.
Alors que des familles de La Valette persistent à ne pas payer leur loyer, ailleurs, à Dubreuil, les ex-squatteurs du village et bénéficiaires de logement social à Résidences Dubreuil, n’ont toujours pas été invités officiellement à payer leur maison. Inquiètes, les familles relogées en août dernier, craignent devoir à payer un arrérage pour le retard accumulé.