Les premières consultations engagées entre le ministre de l’Agro-industrie et les syndicalistes du secteur sucre sur le rapport et les recommandations de Landell Mills Consultancy International pour l’industrie sucrière se sont bouclées sur une note positive pour le camp syndical. Les sources approchées confirment qu’au cours de cette rencontre qui s’est déroulée vendredi, Mahen Seeruttun a fait comprendre qu’il n’a pas l’intention d’appliquer les recommandations touchant les travailleurs.
Cette position du ministre de l’Agro-industrie est présentée comme une bouffée d’air frais pour les syndicalistes qui depuis le départ s’opposent à l’analyse des consultants britanniques de Landell Mills Consultancy International sur l’avenir de l’industrie sucrière ou cannière à Maurice avec toute une gamme de nouvelles mesures de nature « restrictive » et suscitant des controverses sur le plan des relations industrielles. Ainsi à l’issue de la rencontre de vendredi, qui a duré à peu près deux heures, de nouvelles consultations ont été convoquées dans trois semaines. Les syndicalistes, dont les membres du Joint Negotiating Panel du secteur sucre, devront revenir avec leurs propositions sur l’avenir de l’industrie sucrière et cannière.
Pour cette première séance de travail avec le ministre de l’Agro-industrie, en présence de ses officiers et son PS, les syndicalistes ont fait ressortir que depuis le début ils étaient contre la nomination Landell Mills Consultancy International pour mener ce rapport et ces recommandations. « Ces consultants britanniques se sont maintes fois dans le passé positionnés comme les défenseurs de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) dans les litiges contre les syndicats ». Et d’insister que le rapport contient des visions rétrogrades pour le secteur sucrier dans son ensemble. Ils soutiennent que ce rapport est « taillé sur mesure pour satisfaire l’agenda de certaines personnes et l’application des recommandations de Landell Mills serait un retour en arrière dans les conditions de travail de l’industrie sucrière ».
Les syndicalistes du JNP, dont Ashok Subron et Serge Jauffret, ciblent principalement l’élimination des avantages sous le Blue Print et les VRS/ERS pour toute compression de personnel à venir dans l’industrie sucrière, l’introduction de la semaine de sept jours pour les opérations à l’usine, dont la semaine de six jours pour les employés et aucun régime spécial pour le travail du dimanche, la possibilité d’importer de la main-d’oeuvre étrangère en vue d’alléger le fardeau des petits planteurs, la révision des lois du travail pour enlever la limitation de 20 % sur l’embauche de la main-d’oeuvre saisonnière et pour faire de sorte que « strike action does not substitute itself to arbitration » – en clair l’élimination du droit de grève, l’élimination de la double compensation quand les conditions d’un Collective Agreement et celles d’un COLA sont applicables sur les salaires. Autant de points touchant les travailleurs et que les syndicalistes présentent comme « préjudiciables ». Mais avec les « garanties » du ministre de l’Agro-industrie, l’espoir est de mise pour les représentants des travailleurs.