Snjezana Soormally a transmis une lettre à la presse afin qu'elle puisse rester dans l'île malgré le décès de son époux

Snjezana Soormally, une Suissesse mariée à un Mauricien, a été sommée par le Passport and Immigration Office (PIO) de quitter l’île avant le 1er septembre, et ce, suite à la mort de son époux, Mohammad Salim Soormally, le 1er mars.

« Following the loss of your status of resident, you cannot live and work in Mauritius without a residence/work permit after 1st September 2019 », lui a indiqué le PIO à travers une lettre signée par le PS Jayeprokash, le 23 mai.

« You are therefore, kindly requested to make necessary arrangements to leave Mauritius on or before that date ».

Snjezana Soormally, 51 ans, a épousé civilement Mohammad Salim Soormally, 40 ans, le 27 septembre 2017 à Port-Louis, avant de contracter le Nikkah le 12 janvier 2018.

Mari et femme vivaient ensemble à Trou aux Biches, où ils louaient une chambre à côté de leur business. Entre-temps, ils avaient entrepris des rénovations au premier étage de la maison des parents de Mohammad Salim Soormally pour pouvoir y résider.

Mohammad Salim Soormally est décédé en mars d’un problème artériel au coeur. « Il est mort dans mes bras », écrit Snjezana Soormally dans une lettre transmise à la presse. « The shock and my grief is immense ».

Malgré le soutien de sa belle famille, Snjezana Soormally souffre d’une dépression et suit un traitement. Elle parvenait difficilement à mener seule le business enregistré sous le nom de son défunt époux. « I have also lost the shop, which was a part of us for so long time. »

Ayant vendu tous ses biens à l’étranger pour refaire sa vie à Maurice, Snjezana Soormally souhaite pouvoir rester dans l’île comme une citoyenne mauricienne.

Mais le PIO est clair à ce sujet : « … Following the death of your late husband (…), you will cease to be a resident under section 6(2) of the Immigration Act as from 1st September 2019 ».


Les beaux-parents : « Nous la considérons comme notre fille »

Soormally Mahmood Soormally et Nujmoon Ness Soormally, les parents de Mohammad Salim Soormally, souhaitent que leur belle-fille reste à Maurice.

« Après la mort de notre fils, nous ne voulons pas aussi la perdre », écrivent-ils dans une lettre transmise à la presse. « She means a lot to the whole family. Depuis le début elle est, pour nous, comme notre propre fille et nous l’aimons ».

Les beaux-parents indiquent que le premier étage de leur maison appartient à leur fils et à son épouse, « with eternal right of use ». Ils ajoutent : « Elle a sa maison ici avec nous. Si elle doit partir, nous serons seuls ».

Dans sa lettre, Snjezana Soormally évoque également les liens qui l’unissent à sa belle-famille. « The parents are old and they need me too. When I got married, I also married into the Family. I am still the wife of Salim Soormally and wear his name with pride ».


L' »inhumaine » Immigration Act

L’Immigration Act soulève bien des polémiques depuis son amendement en avril par le gouvernement de Pravind Jugnauth. Qualifiée d’« inhumaine » par l’opposition au moment de son adoption, cette loi a eu comme première victime le pilote Patrick Hofman, qui avait été interdit d’entrer à Maurice en avril. En mai, Léa Ratna, une mère de deux enfants naturalisée mauricienne, avait aussi été sommée de quitter le pays après la mort de son époux mauricien.

 

Mise à jour (12h08) : Le PIO a étendu le délai initial jusqu’à septembre 2020. Bien qu’étant reconnaissante, Snjezana Soormally souhaite pouvoir rester à Maurice au-delà de cette date