Selon les dernières statistiques, les boissons alcoolisées et le tabac représentent 11% des dépenses moyennes des ménages mauriciens

C’est sous le thème “Le Tabac et la Santé pulmonaire” que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a placé, cette année, la Journée mondiale sans tabac qui a été observée vendredi 31 mai. Un problème qui concerne pleinement les Mauriciens puisque selon les dernières statistiques de santé, les décès dus au système respiratoire représentaient, quand même, 10% du nombre global des décès à Maurice en 2017.

Par le choix de ce thème pour cette journée commémorative, l’OMS tient à mettre sous les feux des projecteurs l’ensemble des maladies pulmonaires allant du cancer du poumon aux maladies respiratoires chroniques, telle la maladie asthmatique. L’organisation onusienne pour la santé souligne, par exemple, le fait que le tabac est la première cause de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Ce trouble respiratoire se manifeste notamment par une toux douloureuse accompagnée de difficultés atroces à respirer. L’OMS indique que ceux qui choisissent de commencer à fumer à un jeune âge ont encore plus de risques de développer, par la suite, cette maladie. Il est rappelé, de manière plus générale, qu’avec les 7000 produits chimiques qu’elle dégage, dont 69 produits cancérigènes, la fumée du tabac constitue une forme très dangereuse de pollution à l’intérieur des habitations.

A titre indicatif, même si la consommation du tabac est en baisse à Maurice suivant un certain nombre de mesures prises au fil des ans, une hausse progressive sensible de la taxe qui frappe ce produit, selon les derniers chiffres de Statistics Mauritius se rapportant aux dépenses de consommation des ménages mauriciens, il s’avère que les boissons alcoolisées et le tabac représentaient 11% des dépenses moyennes des familles mauriciennes en 2017.

Il suffit de savoir, à ce propos, que, parallèlement, à Maurice, les ménages n’ont dépensé que l’équivalent de 4,7% de leurs revenus pour “clothing and footwear”, 3,8% à l’item “health” et 11,1% p “housing, electricity, gas and fuels”. Les statistiques de santé indiquent, pour leur part, que le pourcentage de morts dû à des maladies du système respiratoire largement favorisées par le tabagisme est passé d’un taux de 8% en 2011 à un taux de 10% en 2017.

Sevrage tabagique

Les thérapies congnitivo comportementales (TCC) sont de plus en plus recommandées. Ces psychothérapies aident à modifier le comportement et les habitudes de pensées. On n’en disconvient pas: il n’est jamais facile d’arrêter de fumer. D’autant plus, si l’on est fumeur invétéré. Mais, selon les spécialistes, comme c’est le cas avec l’ensemble des addictions, l’on ne devrait pas pour autant s’avouer vaincu après une première ou une deuxième tentative infructueuse. Une chose est, pourtant, sûre: comme pour d’autres accoutumances, à l’instar de celles aux drogues, à l’alcool ou aux jeux d’argent, avec la cigarette tout se passe dans la tête.

Les spécialistes soulignent que l’effet additif que produit la nicotine contenue dans le tabac sur le cerveau contrarie fortement le fumeur dans son envie d’arrêter de fumer. C’est ainsi que dans les programmes de sevrage tabagique, il est de plus en plus recommandé de recourir aux TCC. Selon le site français spécialisé tabac-info-service.fr, ces psychothérapies aident à modifier le comportement ou les habitudes de pensées.

Elles aident, par exemple, un fumeur en sevrage à ne pas “craquer” à la première vue de quelqu’un, cigarette au bec, ou quand il se sent comme alléché par la senteur enivrante d’une blonde. Ces TCC visent aussi à rompre avec certaines mauvaises habitudes et autres automatismes. Comme allumer machinalement une cigarette après une tasse de thé ou de café ou après un repas.

Ou encore, la folle envie d’en griller une à chaque fois que l’on se sent stressé ou épuisé. Il est aussi estimé que plus l’on a longuement réfléchi à son projet de cesser de fumer, mieux l’on est à même de s’assurer qu’il soit concluant. “Chaque fumeur est unique”, confie, par ailleurs, au site doctissimo.fr, le Dr Véronique Peim, tabacologue, comme pour souligner qu’aucune méthode de sevrage n’est vraiment meilleure qu’une autre. Pour elle, une chose demeure: la réussite d’un sevrage est intimement liée à la motivation de chaque fumeur et de son degré de dépendance au tabac.

Substituts nicotiniques, TCC, méthode douce, via l’acupuncture ou l’hypnose, projet de sevrage en groupe ou individuellement: chacun doit décider, de préférence, en consultation avec son médecin ou autres professionnels de santé de ce qui pourrait être le mieux pour lui. Et surtout, ne pas baisser les armes dans l’éventualité d’une rechute, car, au risque de le répéter, il n’est jamais facile de se soustraire de cet esclavage qu’est le tabagisme.