2004-2013. En neuf ans, Fabrice Bauluck a construit un palmarès fort éloquent en kick-boxing, faisant de lui l’un des athlètes les plus titrés de toute l’histoire du sport mauricien. De son premier titre acquis en Italie en 2004, à l’issue des Championnats du monde juniors, à celui récemment  décroché chez les seniors, à São Paulo, au Brésil, Fabrice Bauluck a su faire preuve d’une constante régularité. Derrière ce succès, on retrouve un jeune homme qui a su garder la tête bien sur les épaules, tout en faisant preuve d’une grande humilité. Sans compter sa patience, sa rigueur et sa détermination. C’est d’ailleurs grâce à ces qualités et les performances acquises que Fabrice Bauluck a décroché le titre de sportif de l’année de Week-End et ce, pour la quatrième fois (2006, 2009, 2012 et 2013).
Jamais dans le passé, un sportif n’a été autant plébiscité dans ce hit parade réservé aux sportifs. Et d’emblée, Fabrice Bauluck a tenu à remercier  Week-End. « C’est un grand honneur pour moi d’être élu sportif de l’année par Week-End pour la quatrième fois. Ce journal demeure d’ailleurs la référence en matière de journalisme sportif. Je lis Week-End chaque semaine, afin d’être informé de la situation sportive. J’ajouterai aussi que Week-End connaît très bien le milieu sportif et est aussi très proche de nous athlètes. Nos efforts, nos sacrifices, comme nos difficultés, sont toujours mis en avant et je trouve que c’est une bonne chose pour les sportifs », a déclaré Fabrice Bauluck.
Pour lui, c’est toujours valorisant pour un sportif d’être reconnu pour ses performances sportives qu’autre chose. « C’était un rêve de gosse de réussir dans le sport et aujourd’hui, je suis très fier d’y être parvenu. C’est l’accomplissement de plusieurs années de travail », a-t-il fait remarquer. S’il a surtout réussi dans sa carrière jusqu’ici, c’est grâce à son humilité. De 2004 à ce jour, Fabrice Bauluck est demeuré celui qu’on a toujours connu. « Je suis resté moi-même et j’ai toujours fait mon maximum pour garder les pieds sur terre. S’il y a une seule chose qui a changé ou plutôt que j’ai gagné, c’est la confiance. » Une qualité acquise grâce aux résultats enregistrés et aux nombreuses heures d’entraînement passées dans les salles .
La patience aura été l’autre point clé dans la carrière de Fabrice Bauluck. « J’ai toujours voulu être champion du monde seniors depuis mon titre acquis chez les juniors en 2004. Pour atteindre cet objectif, j’ai pris le temps qu’il fallait et ce, sans brûler les étapes. Judex (Jeannot) m’a toujours fait comprendre que peut importe le temps que cela prendra, je serai un jour champion du monde. Ce rêve s’est réalisé et j’en suis très fier « , a-t-il fait ressortir. Fabrice Bauluck dira aussi qu’à chaque fois qu’il a échoué dans cette quête de reconnaissance mondiale, il ne s’est jamais laissé décourager. « Après chaque échec, je me suis dit que la prochaine fois sera la bonne. »
C’est finalement en octobre dernier qu’il réalise son rêve après deux titres chez les juniors (2004 et 2006), une médaille de bronze (2007) et deux d’argent (2009 et 2011) chez les seniors.
Pour ceux qui le connaissent très bien, Fabrice Bauluck demeure quelqu’un de très discipliné. Que ce soit à l’entraînement ou dans la vie, il demeure le modèle à suivre pour les jeunes de sa discipline, mais aussi pour les autres sportifs en herbe. « Le sport c’est une culture. J’ajouterai même que c’est l’école de la vie. Personnellement, le sport m’a beaucoup donné et m’a permis d’être quelqu’un de responsable », a-t-il fait ressortir. Cette discipline acquise à travers le sport lui a même permis d’éviter les différents fléaux de la société. « Je viens d’un milieu modeste et je suis fier de ce que le sport m’a permis d’être. Quand je regarde autour de moi et constate le nombre de jeunes qui prennent le chemin qu’il ne faut pas, je me dis alors que j’ai beaucoup de chance. »
La famille c’est sa force
La famille est également un élément incontournable dans la carrière de Fabrice Bauluck. Issu de Beau-Vallon, à Mahébourg, le tireur vient d’une famille nombreuse et compte deux frères et quatre soeurs. Il dira sans conteste que ces derniers, aussi bien que ses parents, ont une place très importante dans sa vie. « Quand je suis entouré de ma famille, je me sens très bien. J’essaie d’ailleurs de puiser ma force  des personnes qui m’entourent. Même si je suis un solitaire dans l’âme, je privilégie beaucoup ce moment très particulier qu’on passe en famille. C’est vraiment très important de se sentir soutenu par les personnes qui vous aiment », a-t-il expliqué.
La famille, c’est aussi celle qu’il a fondée il y a un peu plus de deux ans avec son épouse Kelly-Ann. De cette union est né Klinswaynn. « C’est un autre bonheur que je vis. Cette nouvelle étape de ma vie a apporté beaucoup plus de stabilité dans mon quotidien. J’ai gagné en maturité surtout avec l’arrivée de Klinswaynn. Ce bonheur s’est répercuté sur ma carrière de sportif et par conséquent, sur mes performances. Aux derniers Championnats du monde au Brésil, j’ai boxé avec beaucoup d’assurance », a-t-il souligné.
Des moments de joie et de bonheur, Fabrice Bauluck en a connu tout plein au cours de sa présente carrière. Il n’empêche que 2010 aurait pu lui jouer un très mauvais tour avec cette blessure à l’oeil gauche lors de la Coupe du monde en mai en Hongrie. Il avait alors été éliminé dès le premier tour, l’une des rares fois où il n’avait pas été dans le dernier carré. « Dans la vie de tout sportif, il y a des moments de doute. 2010 a constitué un moment difficile,  voire très pénible, de ma carrière. A un moment donné, j’aurais pu craquer. Fort heureusement, j’ai pu me ressaisir. J’ajouterai que cette mauvaise passe m’a permis de consolider davantage ma personnalité », a-t-il fait ressortir.
Judex Jeannot: l’inspirateur
Comme il le disait d’ailleurs plus haut, l’échec lui a permis d’apprendre énormément de choses. « Une de mes grandes qualités a été de m’adapter aux situations difficiles. A travers ces moments, j’ai toujours essayé de positiver. J’en suis ressorti grandi et plus fort », a-t-il avancé. Après plusieurs mois d’arrêts en 2010 et une reprise en novembre de la même année, Fabrice Bauluck rechutait en janvier 2011. Il n’empêche qu’il a su trouver les ressources morales pour revenir plus fort que jamais et ce, avec le soutien infaillible de l’entraîneur national Judex Jeannot.
Fabrice Bauluck le dit souvent: sans Judex Jeannot, il n’aurait certainement pas atteint un niveau aussi élevé. Il dira aussi que sans ce dernier, il n’aurait pas pu surmonter ses moments difficiles de 2010. Sans oublier que c’est ce même Judex Jeannot qui l’a accueilli chez lui pendant des années, cela afin qu’il évite le long trajet de retour Rose-Hill-Mahébourg après les entraînements de l’après-midi. Fabrice Bauluck nous confiait même, dans un récent entretien, que l’entraîneur national lui accordait un argent de poche afin qu’il puisse se consacrer uniquement au kick-boxing.
« Judex est comme un modèle pour moi. C’est quelqu’un à qui je dois énormément. Il est l’architecte de tous mes succès. Je l’apprécie, non seulement en tant qu’entraîneur, mais aussi pour la personne qu’il représente. Il m’a beaucoup aidé et je lui dis merci », a-t-il indiqué avant de poursuivre, « je dis aussi merci à tous ceux qui ont cru en moi. J’ai une pensée spéciale pour les membres de la fédération, plus particulièrement Sanju (Bhikoo) et Jérémie (Rousseau), tous les entraîneurs, mes amis tireurs, sans oublier ma famille. »