Neuf cents millions de votants sont appelés aux urnes en Inde. Trente-huit jours de scrutin, du 11 avril au 19 mai. Pas une mince affaire ! Ce délai laisse à l’une des plus grandes démocraties au monde le temps de s’exprimer. Il est bon de savoir que le Lok Sabha est composé de 545 sièges pourvus pour un mandat de cinq ans, sauf dissolution anticipée par le Président.
Le Premier ministre Narendra Modi du Bharatiya Janata Party (BJP) briguera un second mandat après sa victoire de 2014 face à Rahul Gandhi du Congrès national indien. Qui des deux sera installé au pouvoir et perpétuera la relation ancestrale entre nos deux pays ?
En 2014, Modi est arrivé au pouvoir grâce au développement économique et à la création d’emplois. Cinq ans plus tard, son bilan économique est contrasté : la part des emplois industriels dans l’économie n’a que peu progressé. Le pouvoir est accusé par l’opposition de masquer les chiffres du chômage. Ce qui n’est heureusement pas le cas chez nous. Ouf !
En Inde, la politique économique a été contestée lors d’une grande grève en janvier 2019. Les opposants ont demandé une hausse du salaire minimum, le droit à la sécurité sociale universelle, l’arrêt des privatisations et l’arrêt de la réforme des lois du travail.
Néanmoins, la politique d’accès aux toilettes et à la propreté, menée par Modi, a connu un certain succès, mais une bonne partie de l’argent investie pour l’environnement, dont le nettoyage du Gange, n’a pas été dépensée…
Sautons du coq à l’âne. Avez-vous vu notre jeune Premier sur la piste synthétique du stade, coursant la bonne cause sans arrière-pensée politique, à quelques semaines des Jeux des Îles de l’Océan Indien ? Je doute fort que notre honorable Paul ou que le non moins honorable Navin puisse mieux nous satisfaire que ce “jeune” et si athlétique politicien.
Un PM 5G dont la qualité de l’image s’est nettement améliorée. Saluons au passage nos amis responsables de com’. Du petit timoré, tapi dans l’ombre du papi, nous voilà avec un homme fort, bien dans ses baskets. Faudrait juste maintenant le mettre en scène avec des gants de boxe et un petit short en lycra sur un ring !
Le sport pour lutter contre la violence. Pour vaincre l’oisiveté de mauvais augure menant vers les transes d’une drogue consommée dans l’espoir de fuir un quotidien qui emprisonne entre quatre murs. Si ce n’est derrière les écrans violents du world wild web.
Pression, tension et compétition finissent un jour par gicler à la figure des adultes. Et les parents ouvrent des yeux “hurluberlués” sur un comportement antisocial. Fuck tou zafer ! Certains devraient peut-être se remettre en question. Quid des pédagogies passéistes du système éducatif capitaliste ?
Zanfan mank lafeksion. Ne lançons pas la pierre aux premiers responsables venus ! Eux-mêmes issus de parents qui furent pris par le temps et le loan à rembourser. Et lorsque papa-maman font overtime ou sont rivés au smartphone, la communication ne passe presque plus dans ce monde interconnecté mais au fond si esseulé.
La frustration du boulot rejaillit sur les petits dezorder malelve, dans une école dépassée qui donne des leçons. Le kalot flanke par un parent démissionnaire, à bout de nerfs, claquera par ricochet un camarade sinon un prof. Pa bat zanfan brit-brit ! Taler treboul lor ou…
Le gosse meuble son manque de loisirs sains en violant les interdits (une façon de réclamer une attention, sinon une écoute de qualité ?) Zappons les écrans-nounous et les jeux vidéos violents qui bercent les enfants du virtuel. Je crains fort pour les générations prochaines.
Ne concluons cependant pas sur une note sans espoir. Car la jeunesse mauricienne a peut-être trouvé celui qui se soucie de ses besoins et de ses envies. La promesse festive des Jeux insulaires semble susciter une euphorie propre à générer un feel good factor avant les jeux législatifs. Ne serait-ce rien que poudre lancée à nos yeux ? Nous le verrons bien.
Ave Pravind !