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Les résidents de Morcellement Tagore, L’Escalier, en ont ras le bol. La semaine dernière, leurs maisons ont été inondées une nouvelle fois. Cette situation se reproduit chaque année depuis 2010. En dépit de leurs multiples démarches auprès des autorités concernées, rien n’a été fait à ce jour. Ils sont très remontés envers le gouvernement, et plus particulièrement leurs députés, ainsi que contre le groupe ENL, propriétaire des terrains aux alentours.

Vendredi dernier, environ 90 personnes qui résident à Morcellement Tagore, L’Escalier, se sont rendues au poste de police de la localité pour porter plainte contre les inondations courantes de leurs maisons. Avec les grosses pluies qui se sont abattues sur l’île la semaine dernière, l’eau a une nouvelle fois envahi leurs habitations, abîmant leurs meubles, appareils électroménagers et autres effets personnels. « Depuis 2010, c’est un éternel recommence- ment. À chaque fois on doit jeter tous les objets abîmés pour en acheter d’autres. C’est à croire que nous ne travaillons que pour ça. Le plus dur, c’est qu’on ne nous a jamais remboursé ces pertes. »

Suraj Haronia, Ram Mohes, Jean-Noël Mathieu, Navin Sunchowa et Barlen Caroopen sont dépassés. Toutes leurs démarches auprès des autorités concernées n’ont rien donné à ce jour. « Les députés Maneesh Gobin, Zouberr Joomaye et Bashir Jahangeer ne viennent plus nous voir. La PPS Sandhya Boygah non plus. Nous avons même adressé une lettre au Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui a promis que le nécessaire serait fait, mais nos maisons ont eu le temps d’être inondées une fois de plus… »

Dans une lettre de la National Development Unit, opérant sous la tutelle du bureau du Premier ministre et por- tant la référence NDU/7/15/13, il est mentionné : « The construction of drain at Morcellement Tagore, L’Escalier, has already been earmarked in the list of approved projects of the National Develop- ment Unit. The project will start once all wayleaves and clearances are obtained. »

Cette lettre date du 17 avril 2018 et fait suite à une requête du président du village. Dix mois après, la situation n’a pas évolué.

Les résidents de Morcellement Tagore sont également très critiques envers le groupe ENL, propriétaire de terrains dans la région. Ils se demandent pour- quoi les dispositions n’ont pas été prises pour évacuer l’eau des drains naturels dans les champs de cannes. « La propriété sucrière nous a donné ce terrain quand on a éliminé les camps sucriers. C’était de son devoir de s’assurer que nous serions en sécurité ici. Personne ne s’est intéressé à savoir quels sont nos problèmes. Toute l’eau qui descend des champs de canne vient s’accumuler ici. »Les résidents de Morcellement Ta- gore font également ressortir que contrairement à d’autres régions, ils se sont montrés très patients jusqu’ici. « Nous n’avons pas fait d’émeutes, ni de protestations. Nous avons toujours cherché des solutions de manière civilisée. Mais il apparaît qu’on ne nous prend pas au sérieux. »