Ceux qu’on surnomme désormais les « 243 » ont, par le biais d’un de leurs représentants, déposé une plainte au poste de police de Port-Mathurin le 19 juillet comme “precautionary measure”.

Ce mouvement soutient que, suite au licenciement de 268 General Workers il y a une semaine, des communiqués ont été émis à la radio pour informer que la liste des personnes sans emploi allait être remise à jour afin que les nouveaux licenciés soient réinscrits sur cette liste sans perdre leur nombre d’années de service, où « zot finn stamp zot kart », car un nouvel exercice de recrutement sera fait incessamment.

Si les autorités vont de l’avant avec cette décision, cela risque de causer préjudice aux « 243 », car depuis leur licenciement, en 2012, ils n’ont jamais pu se faire réinscrire sur la liste des sans-emploi au bureau de l’emploi, étant toujours considérés comme des fonctionnaires.

« Fonksioner pa gagn lapay ek pa travay. Malgre tou bann aksion ki nou finn esay fer, nou ankor touzour somer. Nou pa gagn ni enn pansion ek pa oule anrezistre nou kouma somer », soutient une source proche du dossier.

À ce jour, parmi ces 243 licenciés, il ne reste plus qu’une centaine à Rodrigues, car certains se sont exilés à Maurice à la recherche d’un emploi, causant des déchirures familiales avec les conséquences que cela entraîne. Quelques-uns ont intégré la fonction publique entre-temps et d’autres ne sont plus de ce monde. Et ils veulent simplement être réintégrés dans leurs fonctions.

Pour rappel, ces ex-General Workers qu’on appelle les 243 avaient été licenciés sans indemnisation par l’Assemblée régionale en décembre 2012 après plus de six ans de service. Et depuis, ils ne cessent de se battre afin d’obtenir justice. Cette revendication traîne depuis sept ans maintenant.

L’affaire avait été portée devant le Public Bodies Appeal Tribunal qui avait statué en février 2015 que leur licenciement était légal et justifié. Ils avaient alors contesté cette décision devant la Cour suprême qui avait, en mars 2015, cassé le jugement émis par le Public Bodies Appeal Tribunal, jugeant que leur licenciement était arbitraire et que ce dernier n’était pas habilité à juger cette affaire. Ce qui avait donné un regain d’espoir à ces travailleurs licenciés.

L’affaire a, par la suite, été portée devant le tribunal industriel mais sans vraiment aboutir. Depuis, les 243 luttent toujours pour obtenir un regain de dignité et de reconnaissance.

Ce qui les étonne encore plus, disent-ils, c’est que quand ils avaient essayé de trouver de l’aide financière auprès de la commission de la sécurité sociale afin de subvenir aux besoins de leurs familles suite à leur licenciement, on leur avait fait comprendre qu’ils n’y étaient pas éligibles, étant toujours des fonctionnaires qui reçoivent toujours des “pay slips’’.

« Nou la pay ankor pe marse me nou pa gagn lapay la, be kot larzan la ete ? » s’était interrogé l’un d’eux, ajoutant que ce qui se passe dans le pays est très grave et que le gouvernement central doit ouvrir les yeux. « Nou ti pe travay bien, met nou deor pou pran bann tikopin, asterla met sa bann mem tikopin la deor pou repran zot an septam ? Mo pa konpran ki pe pase. Gouvernman santral kontinie toler bann zafer koumsa ? » s’interroge-t-il encore.