L’insertion professionnelle des sportifs est le maillon qui manquait à la chaîne dans la structure mise en place par le TFES (Trust Fund For Excellence in Sports) dans le cadre de son programme de sport-études lancé il y a cinq ans . Dans cette optique, un projet a été élaboré et soumis au ministère des Finances et à celui de la Jeunesse et des Sports, il y a un mois. Si tout se passe bien, le sportif se sentira encore plus considéré et se verra ainsi garantir une sécurité d’emploi pendant et surtout après sa carrière. Une façon aussi de changer cette mentalité de « sportif assisté ».
Le TFES aborde une phase cruciale de son existence après cinq années d’activité avec l’élaboration du projet concernant l’insertion professionnelle des sportifs. Un projet fort intéressant et qui comblera un vide. « Le sport-études est désormais une réalité et cela fait plaisir de voir où nous en sommes aujourd’hui avec la collaboration du ministère de la Jeunesse et des Sports. Je salue le ministre Devanand Ritoo qui s’est montré toujours très coopératif. Car cet encadrement mis en place avec le ministère est venu proposer aux jeunes des facilités qui n’ont jamais existé tant au niveau académique que  celui sportif. Après cinq années de travail et avec le résultat obtenu, nous n’avons pas à nous en plaindre », a déclaré Michael Glover, Chief Executive du TFES.
Ce dernier se réjouit qu’un projet ait pu être élaboré pour permettre aux sportifs d’entrer de plain pied dans la vie professionnelle. Mais avant, il faudra avoir l’aval des autorités et surtout avoir une politique nationale avec un comité comprenant le MJS, le HLSU (High Level Sports Unit) et le TFES, les seuls habilités à gérer ce dossier. Il se pourrait qu’un représentant de la NEF (National Empowerment Fund) fasse aussi partie de ce comité.
Pour Michael Glover, si ce projet est approuvé, il constituera un gros avantage pour le sport mauricien. « Car désormais, le sportif saura où il a commencé et de ce que sera fait son avenir professionnel. Cela se fait du reste partout ailleurs en Europe », a fait remarquer Michael Glover. Pour ce dernier, l’insertion professionnelle est une suite logique de ce qui se fait au sein du TFES depuis cinq ans. « J’en ai discuté avec le ministre Ritoo et je suis content que nous partageons la même vision. Ce qui est très important c’est que l’athlète se sente en sécurité. C’est pour cette raison qu’on s’est dit qu’il est possible de mettre en place une politique nationale concernant l’insertion professionnelle des sportifs », a-t-il souligné.
Le président du TFES a ajouté que dans le budget, le ministère des Finances a approuvé le fait que les compagnies se servent de l’argent du CSR (Corporate Social Responsibility) pour employer un athlète. Selon lui, les firmes privées sont disposées à le faire et il pense que les ministères pourraient aussi en faire autant. Aussi, c’est la raison  pour laquelle Michael Glover est d’avis qu’il est très important qu’il y ait une politique nationale à ce sujet. « Il s’agira de fixer les horaires de travail qui, à notre niveau, devraient être de 9h30 à 13h30. Cela afin de permettre aux athlètes de s’entraîner le matin et le soir. Ces athlètes auront tous le même salaire peu importe la nature de leurs métiers. Ils auront des possibilités de stages et de compétitions. Mais ce qui est encore plus important, c’est de placer l’athlète dans son créneau choisi », a expliqué Michael Glover. Il est aussi d’avis que les firmes devraient garder ces athlètes après leurs carrières sportifs comme cela se fait en Europe.
En amont à ce projet, il faut souligner le bon travail entrepris depuis la base avec la mise en place des Pole Jeunes (11 à 15 ans), Pole Espoir (16-17 ans) et Pole Maurice (17 ans à monter). Si le projet avait débuté avec six jeunes seulement, en revanche aujourd’hui, quelque 450 sportifs y sont concernés. Pour ce qui est du sport-études, les jeunes sont canalisés vers les collèges St Esprit et St Joseph pour les garçons et BPS et le Couvent de Lorette de Curepipe pour les filles.
Une démarche est actuellement en cours avec le board of governors du collège St Esprit pour regrouper tous les garçons dans ce collège et ce, dans une seule et même classe. L’idée est de démarrer à partir de la Form IV jusqu’à la HSC.  Il faut aussi souligner que l’emploi du temps des sportifs faisant partie de cette structure a été allégé dans la mesure où ils font trois matières de moins qu’en Form III. En Form IV et V, c’est six matières, alors qu’en HSC c’est deux, voire trois matières. « Aujourd’hui, personne ne peut venir dire qu’étudier et faire du sport n’est pas compatible. Ce n’est plus le cas, dans la mesure où toutes les facilités nécessaires sont misent à la disposition des jeunes pour concilier les deux ».
Totale prise en charge
Il se réjouit également que les enfants concernés par le sport-études sont totalement pris en charge que ce soit au niveau des leçons particulières, du transport et des stages et compétitions à l’étranger entre autres. « L’avantage est que le sport-études permet aussi aux jeunes de rentrer des entraînements à une heure raisonnable. Il est cependant malheureux que certains continuent à débuter les entraînements à 17h. Il faut aussi faire comprendre qu’un athlète de haut niveau doit s’entraîner plus de sept fois par semaine. »
Après le cycle secondaire, les jeunes sont pris en charge au niveau tertiaire notamment à l’Université de Maurice, au MIE (Mauritius Institute of Education) et au MITD (Mauritius Institute of Training and Development). « Nous avons la possibilité de canaliser ces jeunes vers ces trois institutions grâce au MoU (Memorandum of Understanding) que nous avons signé avec l’Université de Maurice. Nous faisons les frais de formation et ce, depuis trois ans déjà. De ceux qui ont profité et qui en profitent actuellement, on retrouve les Jessika Rosun, Fabio Ramsamy, Astrid Samoissy et Jamesson Perrine entre autres », a fait ressortir le président du TFES.
Il nous revient même que des discussions ont été entreprises pour que les bourses de perfectionnement avalisées dans le présent budget soient converties en bourses sport-études comme cela était le cas dans le passé dont les bénéficiaires Christian Bodha, Ricky Wai Choon, Sandra Govinden et autres Gilliane Edwards (Quirin). Selon Michael Glover, le TFES et les ministères des Finances et celui de la Jeunesse et des Sports sont déjà tombés d’accord sur ce point et tout porte à croire que les prochaines bourses qui seront allouées à partir de ce mois seront ainsi et sur une période d’une année.