Dans exactement 25 jours, 2014 tirera à sa fin. Alors que bon nombre de fédérations s’activent à faire le bilan des activités organisées, afin de pouvoir rebondir en 2015, la Fédération mauricienne de Lutte semble, elle, en déphasage total avec la réalité. Car en 11 mois, cette fédération a organisé, en tout et pour tout, que trois compétitions régionales et trois stages ! Point de championnats nationaux. Pourtant,  un budget de…Rs 600 000 a été alloué par l’Etat à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports pour le fonctionnement de cette fédération !
Une question fondamentale s’impose devant pareille situation. Le MJS a-t-il le droit moral de continuer à soutenir financièrement une fédération qui ne respecte pas ses engagements envers ses licenciés et pire encore, le Sports Act ? La réponse est claire comme l’eau de roche. Car nous estimons – avec raison d’ailleurs – que l’argent du contribuable doit être judicieusement dépensé. Alors que nous avons déjà abordé la première semaine de décembre, soit le 12ème et dernier mois de l’année, la FML a organisé, en tout et pour tout, que trois compétitions régionales !  Selon des sources dignes de foi, nous sommes en mesure d’affirmer que cette fédération a organisé sa première compétition lors du deuxième week-end de février dernier, alors que la deuxième s’est tenue le 23 mars et la troisième le 12 avril dernier. Il nous revient aussi que  la FML a organisé trois stages, soit le 11 mai, les 8-9 novembre et un troisième sous la direction de l’expert Frédéric Rubio.
Comme nous pouvons le constater, il n’y a pas eu de championnat national à l’intention des différentes catégories d’âge comme cela se fait dans pratiquement toutes les disciplines soutenues par le MJS. Quand on sait que ces championnats nationaux sont d’une importance capitale pour la discipline, notamment pour ce qui est de l’évaluation des jeunes, on peut se poser des questions sur les réels intérêts et motivation des dirigeants de la FML et de son président Richard Papie en particulier. Ce dernier, il faut le rappeler, avait déclaré, lors d’une conférence de presse en mai dernier, qu’il n’était pas « accountable » à Week-End. Soit. Mais ce qu’il ne devrait pas oublier, c’est qu’il est « accountable » envers ses licenciés, le MJS et surtout envers les contribuables. Et cela pour plusieurs raisons.  
Car M. Papie et ses membres, qui se sont pourtant montrés intransigeants en refusant de reconnaître le comité régional de Rodrigues élu en février dernier, semblent désormais souffrir d’amnésie en ce qui concerne les lois qui régissent le sport mauricien. Car il faut rappeler qu’à une question de Week-End  en mai dernier, Richard Papie avait déclaré : « …Pour ce qui est des élections de février dernier, les quatre clubs qui y ont pris part ne sont pas enregistrés auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports comme le stipule le Sports Act 2013. Est-ce logique et est-ce légal ? »
Or, Richard Papie semble oublier lui-même certains aspects très importants de cette loi lorsqu’on considère que sa fédération n’a organisé en tout et pour tout que trois tournois « régionaux ». Pourtant, le Sports Act 2013 est très clair pour ce qui est du rôle d’une fédération. A la partie II faisant référence à « Organisation of Sport » sub-Part A ayant justement trait aux fédérations sportives, il est clairement stipulé à la section 1 (a) Subject to paragraph (b) and section 11 que « there shall, for each sport specified in the First or Third Schedule, be one National Sports Federation which shall be responsible for the promotion and organisation of that sport » Première interrogation. La FML peut-elle venir affirmer qu’elle a respecté cet engagement en n’organisant que trois tournois régionaux ?
 Un peu plus loin, soit à la section 4 où mention est faite des objectifs des fédérations, il est clairement indiqué que toute fédération sportive devra « (a) in relation to the sport for which it is responsible, develop and promote that sport at grass-roots level; (b) ensure that its regional sports committees and every sports club enrolled with it comply with this Act; and (c) uphold and operate on the principles of good governance, transparency, democracy, fairness and non-discrimination ». Nouvelle interrogation. La FML respecte-t-elle ces conditions du Sports Act, notamment la partie (c) ?