L’Union of Bus Industry Workers (UBIW) affiliée à la General Workers Federation (GWF) a tenu aujourd’hui sa première manifestation pour les travailleurs du transport, opérant dans les compagnies d’autobus. Wakhil Lalloo, négociateur au sein de l’UBIW, soutient que 300 personnes étaient présentes, ce matin à Ruisseau des Créoles, point de départ de la protestation. Ashok Subron, porte-parole de la GWF, fustige pour sa part la « complaisance » des délégués syndicaux envers le ministre du travail, Shakeel Mohamed. Ce qui résulte aujourd’hui, dit-il, en un retard dans l’implémentation des recommandations du National Remuneration Board (NRB), qui, rappelons-le, était prévu pour décembre.
« C’est la manifestation de l’exaspération des travailleurs du transport que nous voyons aujourd’hui », explique M. Subron. Ce dernier était aux côtés des employés des compagnies d’autobus qui manifestaient leur colère face à leur condition d’emploi et leur salaire. Contrairement au mouvement de grève de l’année dernière, l’UBIW explique que la situation est des plus grave. Regroupant des employés de toutes les compagnies d’autobus, notamment la United Bus Service (UBS), la Corporation Nationale de Transport (CNT), la Triolet Bus Service (TBS), la Rose-Hill Transport (RHT) ainsi que les autobus individuels, elle affirme que c’est la colère qui domine. Ce qu’ils réclament : la mise en application des recommandations du NRB. « Les événements parlent d’eux-mêmes », explique Ashok Subron. Ce dernier a attaqué la prise de position des syndicats l’année dernière, lors des négociations pour la révision salariale. La « complaisance » de certains délégués syndicaux a contribué à la perte des travailleurs, dit-il. Revenant sur les faits, le porte-parole de la GWF pointe du doigt le retard accusé par l’application des recommandations du rapport du NRB. « Shakeel Mohamed pe abiz so pouvwar minis pou li pa donn ogmentasion salarial ek condision travay. NRB ine fini fer so rapor ek li, alors ki li aprouv li, linn repran li, li reavoy rapor kot NRB », explique M. Subron qui affirme que le document préconise une hausse de 7 à 34 % pour les salaires. « Nous reconnaissons la pression exercée par le patronat pour geler les augmentations mais les travailleurs ne peuvent être les victimes d’un tel système », maintient-il. De plus, poursuit-il, l’argument avancé par le ministre du Travail concernant le coût qu’occasionnera une telle augmentation « ne tient pas la route ». Le board du NRB, rappelle-t-il, est composé d’économistes. La GWF est d’avis que les recommandations du NRB ont été faites en prenant en considération la situation socio-économique du pays ainsi que les demandes des travailleurs. « Si le NRB a tort, le ministère aurait pu prendre toutes les décisions lui-même », déplore Ashok Subron. Les travailleurs se sont rassemblés ce matin au Ruisseau des Créoles, devant le siège de la GWF pour se diriger vers la rue John Kennedy. Ils devaient faire des arrêts à la Place d’Armes, devant le Parlement, le Bureau du Premier ministre afin d’achever leur mouvement devant la Victoria House, siège du ministère du Travail. Une lettre devait y être déposée, afin de demander une « rencontre urgente » avec le ministre pour évoquer la situation.