Organisé un festival annuel de la mangue au Domaine de Labourdonnais, à Mapou. L’idée a été lancée samedi par Noris Ledesma, conférencière d’origine colombienne et horticultrice des fruits tropicaux. Elle a fait le déplacement à Maurice afin d’animer une conférence sur les différentes variétés de mangues qui existent dans le monde.

S’adressant à l’assistance de la salle de conférences du domaine de Labourdonnais, Noris Ledesma dira que le pays dispose de « beaucoup de potentiels » pour exploiter la mangue à sa juste valeur. Elle trouve toutefois qu’on « n’accorde pas assez d’importance à ce fruit qui nourrit pourtant des milliers de gens dans le monde ».

Et d’affirmer qu’en Inde, le festival de la mangue est organisé chaque année. Lors de cet événement, on ne vend pas seulement des mangues, mais des conférenciers internationaux et des chercheurs sont aussi invités à parler de ce fruit. Le festival attire aussi les touristes. Le Domaine de Labourdonnais, soutient Noris Ledesma, « a le potentiel d’organiser un tel événement ».

Au cours de cette conférence, elle a aussi fait état des différents types de mangues qui existent en Indonésie, en Malaisie et en Inde, de même que les techniques utilisées par les Japonais pour produire des manguiers. Lors de cette conférence, Noris Ledesma a expliqué comment son amour pour la mangue a vu le jour. À l’aide d’une présentation PowerPoint, elle a expliqué qu’elle a grandi avec sa grand-mère en Colombie.

Depuis sa tendre enfance, elle a été bercée par la présence d’arbres à fruits tropicaux. Mais son fruit préféré a toujours été la mangue, qui pour elle « n’est pas simplement un fruit », mais « un mode de vie qui a permis de faire le tour du monde ». Elle ajoute : « La mangue n’est pas comme les autres fruits. Les mangues sont complexes. Elles ont toutes des caractères différents, des parfums et des couleurs propres à chacune. Elles sont comme des humains. »

Noris Ladesma, qui est aussi enseignante à l’université et détentrice d’un doctorat en agriculture économique, explique que c’est dans les années 1 700 que la mangue a commencé à se répandre dans le monde. « Ce sont au fait des pirates venus de l’Inde et du Portugal, qui parcouraient les océans avec des provisions de mangues. Ils ont jeté des noyaux par-dessus bord. Ceux-ci auraient germé dans l’eau et se seraient échoués sur des berges pour y prendre racine », a-t-elle expliqué.

Elle a aussi avancé que le manguier est « un des rares arbres fruitiers qui n’a pas besoin d’engrais pour rapporter ». Elle poursuit : « C’est un arbre qui pousse naturellement. Je préfère les abeilles pour doper la production de mangues de façon naturelle. »

Les différentes variétés de la mangue qui existent aux Vergers de Labourdonnais ont aussi été mises en exergue lors de cette conférence. Parmi, on compte Odette, Sybille Agnes, Françoise ou encore Adrien Wiehe. Certaines de ces mangues portaient le nom de la famille Wiehe Domaine de Labourdonnais. À savoir que beaucoup de ces variétés ont été introduites par les gestionnaires du domaine.