Une réunion organisée mardi dernier dans le cadre d’une médiation entre les 11 ex-employées et la direction de la Ferme Marine de Mahébourg (FMM) a pris fin sur la proposition du ministère du Travail de verser une compensation aux licenciées de la FMM. Assurée par des préposés du ministère du Travail, la médiation a dû être écourtée suite à une divergence d’opinion, laissant la direction de la compagnie d’aquaculture décider de la marche à suivre. En attendant que la direction de la FMM prenne une décision quant à la proposition du Travail concernant une compensation salariale, les 11 femmes remerciées restent dans l’attente et l’incertitude.
Le mois d’août a mal commencé pour les 11 membres du personnel féminin anciennement employées à la Processing Plant de la Ferme Marine de Mahébourg située à Pointe-aux-Feuilles. En raison de pertes accumulées par la compagnie d’aquaculture, ces habitantes de Bambous-Virieux avaient été redéployées à la Compagnie de Textile à Curepipe. Toutefois, refusant de se soumettre à ce qu’elles estiment être un “transfert punitif”, elles ont été licenciées. La direction de la FMM soutient que c’est par manque de choix qu’elles ont été mises à la porte, ayant refusé le redéploiement. Selon la direction, dans une lettre datée le 25 juillet dernier et envoyée au ministère de tutelle, c’est suite à des pertes accumulées (Rs 350 M), ces dernières années, que la société s’est vue dans l’obligation de redéployer son personnel pour pallier la situation. Or, du côté des 11 femmes, la cause de leur renvoi serait leur “engagement syndical”. Ce serait, d’ailleurs, ce que leur aurait affirmé la direction, selon Jane Ragoo. La syndicaliste indique que 9 des 11 femmes licenciées sont syndiquées et que 3 d’entre elles sont les déléguées du syndicat.
Travailleurs étrangers
Jane Ragoo soutient également que la direction a négligé toute structure légale. Elle indique que selon une clause de la loi concernant des employés syndiqués, toute décision prise doit être discutée autour d’une table avec le syndicat. Or, dit la syndicaliste, cela n’a pas été le cas pour les 11 femmes licenciées. Selon Jane Ragoo, alors que la direction parle d’une “restructuration de la compagnie” qui justifierait le redéploiement et le renvoi des 11 femmes, elle soutient que celles-ci évoquent des rumeurs selon lesquelles des travailleurs étrangers prendront leurs postes et qu’il y aurait actuellement des personnes engagées à court terme pour faire leur travail.
Jane Ragoo estime, par ailleurs, qu’un élément n’a pas été abordé: celui du “last in, first out”, car ce sont celles qui ont le moins de temps de service à la FMM qui ont été mises à la porte. “Le drame de cette affaire est que dans le Sud, d’où viennent ces femmes, il n’y a pas beaucoup d’emplois et, de plus, elles n’ont pas d’expérience dans d’autres domaines à part l’aquaculture.”
Jean-Marie Richard, porte-parole de la direction, affirme à Week-End que les 11 femmes bénéficient d’un “leave with pay, le temps que les procédures enclenchées pour le renvoi soient achevées.” Selon lui, “les rumeurs sont fausses car aucun recrutement n’est à l’agenda; il n’y a pas de matières premières: les poissons.” Et d’ajouter: “Nous investissons également dans une nouvelle écloserie”. Dans un communiqué envoyé à la presse à l’issue de la réunion de mardi, la direction mentionne que “la FMM souhaite réitérer sa position afin que les points de vue, opinions et positions soient exprimés de manière raisonnable et puissent mener à une issue positive. C’est dans cet esprit que la FMM reviendrait à la table des négociations après les consultations internes nécessaires.”
Les 11 femmes remerciées, en compagnie des syndicalistes Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, respectivement président et secrétaire de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), se sont rendues au ministère du Travail quelques jours avant la tenue de cette médiation. Une réunion entre les parties concernées a alors été organisée mardi dernier au siège dudit ministère où ex-employées et syndicats, direction de la FMM et préposés du Travail ont tenté de trouver un accord. Cette rencontre devait être assurée par la nouvelle unité de médiation et de réconciliation du ministère du Travail mais, en raison d’une divergence d’opinions, les médiateurs ont dû prendre séparément les ex-employées et les membres de la direction. À l’issue des débats, une proposition a été faite à la direction de la FMM, celle de verser une compensation salariale de 15 jours par année de service aux licenciées. En attendant la décision de la direction, les 11 femmes remerciées se retrouvent dans une situation délicate de chômage et dans l’incertitude quant à leur avenir.