La Pharmacy Act de 1983 sera amendée afin de combattre la circulation de médicaments contrefaits, a annoncé ce matin le ministre de la Santé, à l’hôtel Hennessy, Ébène. « Le projet de loi est en train d’être finalisé. Il sera envoyé au State Law Office puis circulé parmi les pharmaciens. Il sera présenté lors de la prochaine session parlementaire », a annoncé Lormus Bundhoo lors d’une conférence organisée conjointement avec l’ambassade américaine dans le cadre d’une campagne contre la contrefaçon des produits pharmaceutiques. Le besoin d’une autorité nationale régulatrice se fait sentir car, a-t-il déclaré, les médicaments contrefaits constituent une menace pour la Santé publique. « De nouvelles procédures seront appliquées pour les nouveaux enregistrements de médicaments selon les recommandations internationales. »
« Une approche multisectorielle est indiquée pour combattre la circulation de ces produits avec la coopération des Douanes, de la Mauritius Revenue Authority, de l’Anti-Drug and Smuggling Unit pour lutter contre ce fléau », a déclaré le ministre de la Santé. Le développement de zones de commerce franches (free trade zones) ne fait qu’étendre la circulation des médicaments contrefaits. « L’importation illégale perdure et les produits sont réexportés vers d’autres pays », affirme Lormus Bundhoo. Quelque 7 millions de prescriptions sont émises dans les hôpitaux publics chaque année, indique-t-il. Ce qui représente 10 % du budget national du ministère de la Santé. 275 pharmacies de détail existent dans le pays et 30 firmes de vente en gros.
« Un fléau mondial », reconnaissent unanimement les professionnels des douanes, de la Police et de la Santé qui ont participé aujourd’hui pendant une demi-journée à des discussions sur la contrefaçon de médicaments. La conférence était animée par Abraham Lugo, Regional Immigration and Customs Enforcement attaché à l’ambassade américaine de Pretoria (Afrique du Sud). Maurice coopérera avec les pays de la région en vue de contrer cette menace mondiale qui n’épargne aucun pays, et plus particulièrement les pays pauvres. 60 % des médicaments contrefaits circulent dans les pays en voie de développement et 40 % dans les pays industrialisés. « Les médicaments contrefaits qui circulent le plus dans les pays en voie de développement sont, indique le ministère de la Santé, des produits destinés à sauver des vies, tels les anti-paludisme et ceux traitant la tuberculose et le Vih/Sida. Dans les pays développés, ce sont principalement des médicaments nouveaux et chers dits produits “lifestyle” qui sont en cause, en l’occurrence les hormones, les stéroïdes et les antihistaminiques. »
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un médicament contrefait a une étiquette qui a été modifiée frauduleusement pour masquer son origine. Ils concernent autant les produits de marque que les génériques. Ils sont composés d’ingrédients actifs insuffisants et vendus dans de faux emballages. « L’un des risques les plus inquiétants associés aux médicaments contrefaits est l’émergence de plus en plus étendue d’une résistance aux médicaments des bactéries, virus et parasites », indique le ministère de la Santé. Le résultat est l’inefficacité du traitement. Les produits Sub-standard contiennent des ingrédients qui ne correspondent pas aux spécifications de rigueur. Ils sont souvent dangereux pour les patients, rapporte par ailleurs le ministère de la Santé. En décembre 2011, le ministère de la Santé a constitué un comité national de pharmaco-vigilance. Selon les estimations, 25 % des médicaments vendus dans les pays en voie de développement sont contrefaits. La contrefaçon des médicaments génère un chiffre d’affaires de 32 milliards de dollars américains dans le monde.