Niché entre les villages de Bananes, Dubreuil et Nouvelle France et situé à dix minutes de Curepipe en véhicule, Midlands est un véritable havre de paix. La tranquillité, l’air pur et la luxuriante végétation sont les atouts de l’endroit. Le village est connu pour son réservoir, le Midlands Dam. C’est un lieu accueillant et l’harmonie règne parmi ses habitants.

Une visite à Midlands s’apparente à une petite marche rafraîchissante en forêt. L’air frais revigore les poumons, incitant aux profondes respirations. La petite brise qui se lève de temps en temps est un régal pour la peau et le soleil timide offre juste ce qu’il faut comme source de chaleur pour une température ambiante idéale.

Le thé est de moins en moins présent à Mildands depuis la fermeture de l’usine La Chartreuse

À Midlands, il fait suffisamment frais pour que fleurissent les plantations de thé mais assez chaud pour que les champs de cannes à sucre s’épanouissent. Les plantations de thé sont désormais moins importantes dans le village, plusieurs ayant été remplacées par la canne à sucre après la fermeture de l’usine La Chartreuse. La région abrite également le champ de tir et de formation de la Special Mobile Force.

Midlands Dam.

Mais ce doux climat se transforme parfois en calvaire avec les grosses averses qui s’abattent sur la région pendant la saison des pluies. Raison pour laquelle y a été érigé le Midlands Dam, pourvu d’une capacité de stockage de 25,50 m3. Le réservoir est le principal centre d’attraction du village. Beaucoup de personnes aiment gravir la centaine de marches qui mènent au sommet du barrage pour se délecter de la vue imprenable. Les randonneurs y font escale lorsqu’ils se baladent autour de la montagne Lagrave. Des vététistes et des joggeurs y sont également souvent aperçus. Les amateurs de pêche aiment aller y titiller les tilapia, les carpes et les bas.

À moins d’un kilomètre du réservoir, on peut observer les opérations de la compagnie Samlo. Les camions, avec à leur bord de la vieille ferraille, font le va-et-vient. Ils font partie des milliers de véhicules qui traversent le village quotidiennement. C’est sans doute un des seuls inconvénients auxquels doivent faire face les habitants de ce petit coin de paradis verdoyant. Paradoxalement, c’est le transport qui pose problème aux habitants. S’il y a des taxi-trin assez régulièrement, certains se plaignent d’un service d’autobus irrégulier. “Le bus passe chaque heure. Ce sont surtout les enfants qui pâtissent de cela. Surtout en période d’examen, quand ils ne doivent rentrer plus tôt”, souligne Sophie Ramchurn, 52 ans.

Problèmes d’eau.

L’eau est également un problème. Même s’ils vivent près de l’un des plus gros réservoirs du pays, les habitants n’échappent pas aux coupures. “Si vous n’avez pas de bassin pour conserver l’eau, vous aurez des difficultés. Le robinet ne coule que de 4h à 8h et de 14h à 20h”, confie Sabheer Somally, 53 ans. Ce dernier déplore également l’absence d’une banque dans le village ou du moins d’un ATM.

Non loin du réservoir, la vieille ferraille est transformée par Samlo

D’autres se plaignent des drains qui sont trop petits lorsqu’il y a des averses. “Ma cour est souvent inondée dès qu’il y a de grosses pluies. Il est grand temps d’agrandir ces drains”, exige Nilabye Ladsawut, 62 ans. Elle fait un appel aux autorités compétentes pour que certaines rues soient mieux éclairées, notamment celles qui mènent au Sivala. Jacques Chaland, 73 ans, souhaite que des trottoirs soient installés depuis la chapelle du village jusqu’au pont. “Cela permettrait aux gens de circuler à pied en sécurité, compte tenu des quelque 2,000 véhicules qui traversent le village tous les jours.”

Nilabye Ladsawut déplore la fourniture d’eau dans la région

Tranquillité.

Mais la tranquillité et la quiétude qu’offre Midlands font la fierté des habitants. Ils confient qu’ils ne quitteraient leur village pour rien au monde. Ceux qui y sont nés ne veulent pas partir. C’est le cas du boutiquier Deven Iyaloo, 60 ans. “Le travail a baissé, mais je ne veux pas quitter mon beau village. Tout est bon ici.”

Sabheer Somally est revenu vivre dans son village natal après dix ans passés à l’étranger

Ceux qui y sont nés et qui sont partis à l’étranger veulent revenir, comme Sabheer Somally et Jacques Chaland. Le premier nommé a travaillé dix ans comme comptable à l’étranger avant de succomber à l’appel de son pays et de son village. Il a ouvert un cold storage et s’adonne à l’élevage et à l’agriculture. “C’est un très bon endroit pour vivre.”

Jacques Chaland passe six mois en Australie et six mois à Midlands. Le menuisier est à Maurice pour être avec sa mère, tout en profitant de son petit coin de tranquillité. “Je passe mon temps entre la menuiserie et mon jardin, où j’ai planté des citrons et des légumes.”

Jacques Chaland partage sa vie entre l’Australie et Midlands

Ceux qui habitent d’autres régions veulent venir s’installer à Midlands. Sophie Ramchurn, qui habitait Floréal, y a construit sa maison, il y a trois ans. “C’est un endroit paisible et où il fait bon vivre.”