• Décision prise, après que l’ancien spécialiste du 200m ait refusé de soumettre, “par principe”, un certificat de moralité au TFES.

L’ancien athlète, Stephan Buckland, ne perçoit plus, depuis trois mois, son allocation d’ancienne gloire du sport local, ayant brillé au plus haut niveau. La raison : il a catégoriquement refusé, “sur une question de principe”, de soumettre un certificat de moralité, comme exigé par le Trust Fund for Excellence in Sports (TFES), selon les règlements établis. Il a estimé que c’est “révoltant” de la part de l’Etat, de venir réclamer un tel document, non seulement auprès de lui, mais également auprès de tous ceux qui ont mouillé leurs maillots pour faire honneur à la République de Maurice. Le 3 octobre de l’année dernière, le Premier ministre Pravind Jugnauth, lançait officiellement en grandes pompes, à Ebène, la « State Recognition allowance scheme for retired athletes ».

Une mesure qui consiste à récompenser les anciennes gloires du sport ayant fait honneur au pays, à travers une allocation financière mensuelle. Pravind Jugnauth avait même qualifié cette démarche comme étant « une injustice réparée », alors que précédemment dans le budget, la mesure avait été qualifiée d’« historique ».

Les choses ont toutefois pris une autre tournure, dix mois plus tard, avec la décision du TFES de stopper temporairement les allocations allouées à Stephan Buckland. Désormais reconverti en entraîneur de sprint au sein d’un des High Performance Training Centres (HPTC) de la fédération internationale, qui est basé à Réduit, Stephan Buckland s’est dit surtout « outré » qu’un certificat de caractère soit exigé afin d’être éligible à cette allocation. « J’ai été contre cette mesure depuis le départ. Si dans un premier temps, j’ai pu bénéfi cier de mes allocations, en revanche, tel n’est plus le cas depuis trois mois, faute d’avoir accepté de soumettre ce document », a-t-il déclaré à Week-End.

Casier judiciaire vierge

Conscient des règlements par rapport à la publication d’un avis de presse, le 1er septembre 2017, il considère toutefois, cette mesure déplacée. « Je n’ai pas de casier judiciaire et cela ne me pose aucun problème de faire une demande pour en obtenir un certificat de caractère. Mais j’ai refusé sur une question de principe. Car je me demande pourquoi je devrais en faire, alors que j’ai fait honneur à mon pays à maintes reprises. Qu’est-ce que cela change? Si j’ai ce document ou pas ? Ma vie a toujours été guidée par des principes et ce n’est certainement pas maintenant que cela changera, quitte à ne pas être reconnu pour tout ce que j’ai fait pour mon pays », a-t-il fait ressortir. Il a d’ailleurs maintenu que, peu importe le passé d’un sportif, l’Etat aurait dû reconnaître sa contribution sportive d’abord et plus particulièrement, ses nombreuses années de sacrifices.

« La décision de remettre une allocation financière aux anciennes gloires est une bonne chose. Car elle vient soulager, dans une certaine mesure, les athlètes qui étaient en difficulté, après avoir mis un terme à leur carrière. Il ne faut pas non plus aller à l’extrême, pour venir maintenant refuser quelque chose qu’on disait vouloir donner de bon cœur. Je voudrais aussi savoir si les personnes âgées doivent avoir un certificat de moralité pour profiter de leur pension de retraite », s’est-il demandé. Sollicitée sur la question, la Chief Executive Officer du TFES, Sheila Seebaluck, a elle une autre lecture de la situation. Elle précise avant tout être en poste bien après que les règlements avaient été rédigés, par un comité du ministère de la Jeunesse et des Sports.

« Le TFES gère un fond, à travers des critères bien défi nis, parmi lesquels il est stipulé que le bénéficiaire ne doit pas avoir commis un “criminal offence”. Le but étant que ces bénéficiaires soient des exemples pour les jeunes. Il faut qu’ils soient “clean”, afin de renvoyer une bonne image du sport aux jeunes. Ce certificat de caractère est exigé à tout le monde et on ne peut faire exception à Stephan Buckland », a-t-elle expliqué.