Des passagers du vol d’Air Mauritius qui devait décoller d’Ivato, aéroport d’Antananarivo, Madagascar, vers 16 h hier se disent « très en colère contre la compagnie d’aviation nationale ». Raison de leur ire : « Le manque d’égard et de considération de la part des préposés de la compagnie qui étaient à l’aéroport d’Ivato et qui ont fait preuve de beaucoup d’insolence envers les passagers, démunis, perdus et paniqués », ont confié au Mauricien, ce matin, un Mauricien et un Indien qui se trouvaient à bord de ce vol.
Ce Mauricien, homme d’affaires établi à son propre compte, est engagé dans l’import/export dans la Grande Île « depuis plus d’une quinzaine d’années ». « Je n’en reviens pas ! Je suis arrivé à l’aéroport à 13 h (heure de Mada, soit 14 h à Maurice) et, à ma grande surprise, il n’y avait aucun comptoir d’Air Mauritius visible ». Notre interlocuteur revenait d’Antsirabe, une commune sise dans le sud de Tana, « et qui est à plus de cinq heures de route de la capitale. Et il faut encore compter presqu’une heure de trajet de Tana jusqu’à Ivato. C’est dire que j’ai pris la route très tôt, dimanche matin, afin d’arriver à l’aéroport deux heures avant le décollage ».
Sur place, poursuit notre interlocuteur, « la majorité des autres passagers étaient déjà présents. Je n’étais pas du tout au courant qu’il y avait eu une mutinerie dans la base militaire près d’Ivato, et je savais encore moins que l’aéroport était fermé et que les vols étaient annulés ». Appelant sa femme, à Maurice, sur son portable, le businessman apprend que « depuis midi, à Maurice, la compagnie nationale savait qu’Ivato était fermé et les vols annulés. C’est quand j’ai expliqué à ma femme que mon vol était annulé qu’elle a téléphoné au bureau d’Air Mauritius à Maurice et qu’on l’a informée de la chose… »
Il déplore que « à aucun moment, on n’ait jugé bon de prendre contact avec les passagers, car nos numéros de téléphone sont disponibles et les préposés de la compagnie savent où nous joindre. Au moins, on nous aurait informés que l’aéroport était fermé et que les vols avaient été annulés. On ne se serait pas dérangés et fait toute cette route pour être traités aussi cavalièrement ! Et surtout, on n’aurait pas pris le risque de circuler dans une zone a priori dangereuse, car les affrontements n’étaient pas loin… »
Discutant avec les passagers, notre interlocuteur explique « avoir été aux renseignements. Quand on a demandé où se trouvait le comptoir ou un préposé d’Air Mauritius, le personnel de l’aéroport nous a demandé de monter à l’étage. »
Une fois devant « les préposés en question, nous leur avons demandé quelle était la marche à suivre dans la circonstance… Or, quelle n’a pas été notre surprise quand, sur un ton très insolent, les préposés nous ont cavalièrement répondu “Faites ce que vous voulez. Allez vous plaindre à qui vous le voulez. Nous, ce n’est pas notre problème. Vous n’avez qu’à rentrer à Tana. Débrouillez-vous et demain, allez au bureau d’Air Mauritius à Tana pour refaire votre booking. Nous, on ne peut rien pour vous”… » Il se demande si « c’est aux passagers de faire cela ou n’est-ce pas là, la responsabilité de la compagnie ? Surtout en de telles circonstances… »
Un couple d’Indiens qui se trouvait à Madagascar « on holidays » s’est vu « brutalement rabroué par le préposé d’Air Mauritius », quand l’époux « a expliqué que je n’avais pas suffisamment d’argent sur moi pour prendre un taxi et retourner sur Tana. I asked the guy if the company should not be helping the passengers in such circumstances, at least to put a means of transport at our disposition… »
Ce à quoi, explique l’homme d’affaires mauricien, « le préposé nous a expliqué que comme il ne s’agit pas d’une panne ou d’autre problème relevant de l’appareil ou d’Air Mauritius, ils n’avaient aucune responsabilité en ce sens. On peut comprendre cela. »
Toutefois, retient notre interlocuteur, « il y a une manière de parler aux gens ! Cela fait plus de 15 ans que je vais et je viens régulièrement ici. Certes, quand il y avait les problèmes avant la prise de pouvoir de Marc Ravalomanana, en 2011, notamment, les choses étaient pires. Mais je pense qu’hier, vu les circonstances difficiles, ces préposés auraient pu témoigner plus d’égard et de considération envers nous, les passagers. Au moins, ils auraient pu mettre un transport à notre disposition pour rejoindre Tana. »
Au lieu de cela, poursuit-il, « chacun a dû trouver un moyen de fortune pour rentrer en ville… chacun à ses risques et périls » ? Ces passagers attendaient, ce matin, « d’être informés de quel vol allaient être commis pour nous ramener à Plaisance. Cette expérience a été très éprouvante. On déplore d’avoir été traités avec si peu d’égard dans un moment pareil. »