La conférence de presse du MMM d’hier tournait autour de la réaction de la police face à sa campagne d’affichage « Rande Mam ». Cette affaire est survenue à la suite de la condamnation du leader du MSM, Pravind Jugnauth, par la Cour intermédiaire pour conflit d’intérêts. Paul Bérenger a déclaré que le comportement de la police « porte atteinte à deux droits fondamentaux des citoyens mauriciens, à savoir la liberté d’être libre et la liberté d’expression ».
La conférence de presse du MMM d’hier avait en toile de fond une copie élargie de l’affiche « Rande Mam », utilisée par le parti dans le cadre de sa campagne faisant suite au jugement de la Cour intermédiaire, qui a reconnu le leader du MSM Pravind Jugnauth coupable de conflits d’intérêts dans l’affaire MedPoint. De plus, pendant que Paul Bérenger faisait mention des « scandaleux » Rs 144,7 M, certains membres présents ont brandi des pancartes sur lesquelles étaient collées les affiches en question.
Le leader des mauves s’est attardé sur la condamnation à l’encontre de Pravind Jugnauth par la Cour intermédiaire. C’est ainsi que Paul Bérenger a rappelé que le 23 décembre 2010, le grand argentier d’alors, soit Pravind Jugnauth, avait approuvé le paiement de 144,7 M pour l’achat de MedPoint. Or, la clinique en question appartenait à sa soeur et son beau-frère, ce qui les a permis d’échapper au paiement d’une capital gain tax que Pravind Jugnauth avait introduit dans son Budget, voté le 22 décembre 2010 et qui a pris effet le 1er janvier 2011.
« À la lumière du jugement de la Cour intermédiaire, nous avons lancé une campagne d’affiches à travers le pays intitulée “Rande Mam” », a expliqué Paul Bérenger. Selon lui, le MMM avait bien pris la précaution de mettre sur l’affiche le nom de l’imprimeur et son adresse tout en précisant que le commanditaire était le MMM. Paul Bérenger a qualifié de « choquant » et de « révoltant » le rôle de la police, qui avait dans un premier temps « déchiré elle-même les affiches alors que de multiples affiches illégales de toutes sortes ont été tolérées ces derniers mois ».
Le pire, a-t-il dit, c’est que des membres de la force policière « ont débarqué à l’imprimerie et ont arrêté le fils du directeur ». Un militant a également été arrêté parce qu’il avait quelques affiches chez lui. II a été conduit aux CCID avant d’être relâché en présence des avocats du MMM. Le leader des mauves a expliqué qu’en apprenant l’arrestation du fils de l’imprimeur, il s’est rendu personnellement aux Casernes centrales. La police a pris sa déclaration en lui demandant ce qu’il avait à dire sur le fait que ces affiches constituaient une publication de « false news likely to provoke public disturbance ». Paul Bérenger a alors déclaré : « J’ai dit à l’officier de police que je faisais un effort pour ne pas rire dans sa figure. Il m’a alors dit de dire que je n’avais rien à déclarer. Je mets la police au défi de me poursuivre. » Et de faire mention d’un jugement du Privy Council dans lequel les juges précisaient que « le droit le plus important après le droit à la vie est le droit à la liberté ».
Paul Bérenger est ensuite revenu sur les réponses de Xavier-Luc Duval le 9 novembre 2011 concernant l’affaire MedPoint alors qu’il était ministre des Finances. Ce dernier avait alors révélé que « the whole transaction took just six days which included Christmas Eve and the Chrismas week end ». Le chèque, dont une copie avait été déposée à l’Assemblée nationale, a été « cleared » le 29 décembre.
Paul Bérenger a donc réitéré sa demande au Premier ministre concernant l’institution d’une commission d’enquête sur toute l’affaire MedPoint. Il a exprimé sa solidarité avec les membres du judiciaire face aux déclarations faites par ministres et députés, dont le Premier ministre, qui, rappelle-t-il, « a dit que le jugement rendu par la Cour intermédiaire était mauvais ».