• Le leader du MMM fait part les engagements du MMM envers les travailleurs : révision des lois du travail et l’Insolvency Act; mise en chantier d’un programme d’aménagement de crèches et d’écoles maternelles

Devant plusieurs centaines de partisans du MMM rue Edward VII, à Rose-Hill, Paul Bérenger a réitéré sur un ton catégorique la volonté de son parti d’affronter seul les prochaines élections générales. « MMM pa pou fer lalians ni ek Ramgoolam ni ek MSM. Nou pe dir ou sa kategorikman » a-t-il dit sous les applaudissements de la foule.

Et d’ajouter : « Nou panse ki nou ler finn arive. » Selon Paul Bérenger, le parti mauve a beaucoup progressé dans la préparation de la liste de ses 60 candidats, ajoutant toutefois que celle-ci ne sera pas finalisée avant le Nomination Day.

Il a aussi affirmé que le programme du parti est « en bonne voie » et sera présenté « en temps et lieu ». Mais déjà, hier, le leader du parti a annoncé un certain nombre de « priorités » pour le MMM une fois que ce dernier « sera au pouvoir » et a pris des engagements en ce sens.

Dès le début de son intervention, le leader du MMM a commenté la date du 22 décembre, soit la date butoir de la dissolution du Parlement. Il a conseillé Pravind Jugnauth de « ne pas suivre l’exemple de SSR, dans les années 70′, en renvoyant les élections et en s’accrochant au pouvoir ».

Il a ajouté que « ce serait un crime » si le gouvernement restait au pouvoir au-delà du 22 décembre. « Un gouvernement qui dirige sans mandat populaire est mauvais pour le pays et l’économie », a-t-il prévenu. D’où sa demande pour que les prochaines élections générales se tiennent avant le 22 décembre, et ce « dans l’intérêt du pays ».

Il a toutefois souligné la nécessité d’un mini-amendement à la Constitution avant la dissolution du Parlement, comme cela avait été le cas en 2014, et ce afin de ne pas rendre obligatoire la déclaration de l’appartenance ethnique lors des dépôts de candidatures.

Le leader mauve a lancé un appel aux Mauriciens, particulièrement aux jeunes, afin de se rallier au MMM lors du prochain scrutin, et ce, selon lui, « pour une nouvelle Île Maurice, différente de celle de Navin Ramgoolam, entre 2005 et 2014 » et « des Jugnauth père et fils depuis 2014 ».

Ce sera la 11e participation du MMM dans des législatives, dit-il, rappelant aux jeunes que son parti, lors de sa première participation, en 1976, avait fait élire 34 députés, contre 28 au PTr et 8 au PMSD.

« Pou sa 11e partisipasion dan enn eleksion zeneral, nou krwar nou ler finn arive », dit-il, ajoutant que « le vrai déclic vers une victoire s’opérera le jour du Nomination Day ».

« Enn mare mov pou leve kan nou pou prezant nou lalis 60 kandida zour Nomination Day. »

À ceux qui douteraient encore d’une participation en solo du MMM aux prochaines élections et appréhendent un éventuel changement par rapport à cette décision, Paul Bérenger a affirmé que tel ne sera pas le cas : « Mo kone ki ena dimoun ena ankor inpe dout kan nou dir ki MMM pe al tousel. Ala mo dir zot pa pou ena oken pangar. »

Il a demandé aux jeunes de « ne pas prêter flanc aux propos de certaines personnes, selon lesquelles les politiciens sont tous pareils » et ne travaillent que pour leurs propres intérêts et ceux de leurs proches. « Il existe des politiciens propres, honnêtes et compétents », a-t-il estimé. Il a également réitéré son souhait hier de voir un grand nombre de femmes sur la liste des 60 candidats et a lancé un appel aux militants afin que ces derniers soutiennent cette démarche.

Selon Paul Bérenger le MMM est « le seul parti qui a une réelle volonté et qui aura le courage » de combattre la drogue dans le pays et de « mettre un frein au règne des trafiquants ». Il a aussi affirmé que le parti a « les compétences nécessaires pour remettre l’économie sur les rails » ainsi que dans d’autres domaines de la vie socio-économique du pays. À ce sujet, il fait état de la « bonne performance » de ce parti dans la gestion des municipalités et quand le parti était au pouvoir, entre 2000 et 2004.

En attendant la présentation du programme électoral du MMM, que peaufine la Policy Unit, le leader du parti a évoqué certaines « priorités » d’un prochain gouvernement qui serait dirigé par le MMM, avant de prendre des engagements fermes devant les partisans : des amendements aux lois du travail et à l’Insolvency Act « dans l’intérêt des travailleurs »; la révision « de fond en comble » de la Public Service Commission, de la Disciplinary Force Service Commission et de la Local Governement Service Commission; un programme d’aménagement de crèches et d’écoles maternelles dans plusieurs régions du pays, afin de permettre à un plus grand nombre de femmes de travailler; un effort spécial en direction des handicapés, « qui sont les oubliés du développement »; ainsi que la révision du concept « delegation of powers », et dont des ministres « en font une pratique abusive ».


Une dizaine d’orateurs pour convaincre

Ce dernier meeting du 1er mai du MMM avant les prochaines élections générales s’est déroulé devant une assistance plutôt bon enfant et réceptive aux différentes interventions. Les dirigeants étaient  satisfaits du rassemblement, d’autant que le parti, ont-ils affirmé, « n’a apporté aucune assistance financière aux différentes branches pour le déplacement des partisans ». Outre Reza Uteem, qui en a assuré la présidence,  une dizaine d’orateurs ont précédé le leader du MMM au micro.
À côté des intervenants habitués aux grands rassemblements politiques, Dirish Baboolall (président de l’aile jeune), Jenny Adibero (présidente de la Commission femmes) et Sheila Bunwaree (présidente du  Policy Council ) en étaient à leurs premières expériences de la foule du 1er mai sur l’estrade mauve. Selon Dirish Baboolall, les jeunes « se retrouvent dans la philosophie et les valeurs » que prône le MMM. Il a plaidé pour un développement économique tenant compte de l’écologie et des nouveaux défis à relever par rapport à l’environnement.
Selon Sheila Bunwaree, le « nouveau projet de société » sur lequel travaille le MMM est « en lien avec les réalités sur le terrain » et mettra davantage l’accent sur la justice sociale, le partage des richesses et la création d’emploi. Jenny Adibero s’est attardée sur les ravages de la drogue parmi les jeunes et sur les conséquences de ce fléau dans les familles. Elle a également rendu un hommage à toutes les femmes ayant apporté leur contribution au MMM et qui « ont fait honneur au parti ».
Les autres orateurs – Franco Quirin, Veda Baloomoody, Aadil Ameer Meeah, Deven Nagalingum, Arianne Navarre-Marie, Rajesh Bhagwan et Ajay Gunness – ont dressé un bilan « catastrophique » du gouvernement dans plusieurs domaines et n’ont ménagé aucunement plusieurs ministres dans leur constat. Ivan Collendavelloo a été une de leurs principales cibles en raison des coupures drastiques d’eau, « quand ce n’est pas des robinets à sec » pendant plusieurs jours, alors que ce dernier « avait promis un approvisionnement en eau 24/7 dans les maisons ».