Ashley Telvave a réalisé une belle performance en effaçant des tablettes le record d'Afrique au 400m

Les Championnats du monde de para-athlétisme de Dubaï ont pris fin vendredi. Le moins que l’on puisse le signaler, c’est que la sélection mauricienne, plus particulièrement les athlètes s’entraînant sous la direction de Jean-Marie Bhugeerathee, ont réalisé une belle performance. Neuf records ont été battus, dont deux d’Afrique, qui sont à mettre à l’actif d’Ashley Telvave (400m féminin) et d’Eddy Capdor, sportifs souffrant d’une déficience intellectuelle. Anaïs Angéline et Roberto Michel, souffrant eux d’une déficience physique, ont battu trois records nationaux chacun, alors que la non-voyante Anndora Asaun s’en est offerte un.

L’objectif de l’entraîneur Jean-Marie Bhugeerathee était de voir au moins un de ses athlètes réaliser un podium, voire même terminer à la quatrième place. Ce qui aurait été synonyme de qualification pour les Jeux paralympiques de Tokyo 2020 au Japon (25 août au 6 septembre). Malheureusement, cet objectif n’a pas été atteint, même si l’entraîneur pense que le coup était jouable au 100m fauteuil féminin. Toutefois, le faux départ d’une Tunisienne a déstabilisé, dit-il, Noemi Alphonse qui était pourtant très bien partie au premier départ.

En voulant trop assurer lors du second départ, Jean-Marie Bhugeerathee dira que sa protégée n’a pas été en mesure de rattraper ses adversaires, ratant la finale de dix centièmes. Selon lui, le vent a aussi pénalisé les athlètes roulant en fauteuil. «Sur ce que j’ai vu sur place, cela aurait très difficile d’aller chercher des résultats. Hormis Noemi Alphonse, Denovan Rabaye aurait peut-être eu une petite chance, à la longueur, s’il avait sauté sur sa vraie valeur à la longueur. Dans l’ensemble toutefois, c’était difficile», fait-il remarquer.
La satisfaction est de mise

Malgré cela, l’entraîneur national de la Mentally Handicapped Persons Sport Federation, qui est aussi responsable des certains athlètes souffrant d’autres handicaps, se dit satisfait de ces performances. Sur les neuf records battus, huit sont à mettre à l’actif de ses athlètes. «Le fait même de voir mes athlètes battre autant de records nationaux est la preuve que notre méthode paie. Dans ces conditions, je ne peux qu’être satisfait, même si nous n’avons pas eu de podium et de qualification paralympiques pour l’heure», déclare-t-il.

En effet, ils sont quatre athlètes a avoir battu des records lors de ces mondiaux, à commencer par Ashley Telvave. Cette dernière a battu le record d’Afrique du 400m chez les handicapés intellectuels en arrêtant le chrono à 1.09:92. Le Rodriguais Eddy Capdor, souffrant lui aussi du même handicap, a battu le record d’Afrique au saut en longueur (6m58). Pour sa part, Anaïs Angéline a battu trois records nationaux chez les handicapés physiques, 100m (14:71), 200m (30:85) et à la longueur (4m15). Idem, pour le champion du monde juniors du 400m et aussi médaillé d’argent (200m) et de bronze (100m), s’est lui offert trois records nationaux chez les seniors cette fois. C’était au 100m (17:16), au 400m: (57:29) et au 800m (1.53:75). Anndora Assaun a elle brillé avec un record national au 100m non-voyant (14:71)
Plus de moyens souhaités

Par ailleurs, Jean-Marie Bhugeerathee demeure convaincu que ses athlètes ont le potentiel de progresser davantage et de réaliser des performances de niveau mondial. Pour ce faire toutefois, il estime que plus de moyens devraient être mis à leur disposition, afin qu’il puisse compter sur un encadrement professionnel. «Nous avons eu des facilités certes, mais ce n’est pas suffisant pour briller à ce niveau. À titre d’exemple, les autres sélections étaient accompagnées de masseurs et d’autres professionnels, mais pas nous. Pourtant, c’est un aspect très important dans le quotidien d’un athlète de haut niveau et encore plus, lors des compétitions. Imaginez que Noemi Alphonse a fait cinq courses en une semaine, sans profiter d’une séance de massage au moins !», déplore-t-il.

Jean-Marie Bhugeerathee estime donc qu’il est très important que les autorités concernées mettent encore plus de moyens nécessaires à leur disposition, si le pays veut voir ses athlètes briller sur le plan mondial. «Je reste convaincu que nous pourrons aller chercher un podium un jour. Aux Jeux des Iles, nous avons eu les moyens pour briller au niveau régional et nous l’avons fait. Pourquoi alors ne pas en faire autant, voire plus, pour ce qui est du haut niveau ?», se demande-t-il.

Les résultats
Handicap physique

Noemi Alphonse
100m: 5e en demi-finale (17:66)
400m: 6e en demi-finale (59:79)
800m: 8e en finale (2.06:04)
1500m: 6e en demi-finale (3.55:26)
5000m: 11e en finale (14.25:01)

Anaïs Angéline
100m: 6e en finale (14:71, NR national)
200m: 4e en demi-finale (30:85)
Longueur: 7e en finale (4m15)

Roberto Michel
100m: 6e en demi-finale (17:16, NR national)
400m: 6e en demi-finale (57:29, NR national)
800m: 5e en demi-finale (1.53:75, NR national)

Cédric Ravet
400m: 5e en série (50:11)

Brandy Perrine
1500m: 13e demi-finale (4.09:28)

Intellectuel
Ashley Telvave
400m: demi-finale (1.09:92 NR d’Afrique)
Eddy Capdor
Longueur: 6m58, NR d’Afrique
Denovan Rabaye
Longueur: 12e en finale (6m17)

Visuel
Anndora Assaun
100m non-voyant: 3e en série (14:71 NR national)
Rosario Marianne
Poids: 5e lors de qualifications (7m55)