L’esthétique de la trance trouve à Maurice un artiste sonore, auteur de paysages bigarrés, Jinx Jay, un des DJ les plus populaires du pays. Hans Jeetun, de son vrai nom, nous invite à une relecture un peu décalée de quelques années de la musique trance (un genre musical qui a émergé en Allemagne dans les années 90). Jinx Jay, aussi producteur, dialogue autour de son nouveau de « Psy trance », de la création sonore et évoque le métissage des sons et des styles. Une démarche naturelle et une volonté de se repérer à travers des expériences inattendues.
Dans un contexte de toutes les mutations artistiques, Jinx Jay, 30 ans, natif de Port-Louis, se pose en ambassadeur de la musique trance. Il veut la promouvoir dans les clubs, festivals, événements où il est appelé à se produire à Maurice. Sa musique est entièrement réalisée à partir de sons existants (influencée par Paul van Dyk, Liquid soul, etc.) et assemblés à l’aide de l’électronique et de logiciels. Cette musique compose de la sorte des paysages sonores hétéroclites, dans lesquels s’entrechoquent fragments de matières, des sons répétitifs, avec de légères variations pour faire la transition. L’expérience peut durer plus d’une heure d`affilée. Pour rappel, la trance (dont l’origine remonte autour de la techno et de la house) est un genre qui se caractérise par un tempo oscillant entre 125 et 160 battements par minute (BPM), des phrases mélodiques répétitives, et une forme musicale avec une courbe variable. L`idée, nous dit le DJ et producteur, est de faire voyager (ou planer) le public d`un point à un autre : « bring people in a state where they feel the music… ».Il faut faire ressortir que la Trance, sa musique et sa danse peuvent jouer sur la perception sensorielle de l’auditeur et le transporter dans un état d’extase hypnotique et méditative. Cette musique qui a été victime de clichés liés à la drogue, etc., est aujourd’hui très populaire chez les jeunes. Jinx Jay nous dit que contrairement aux autres musiques, la trance a un pouvoir fédérateur. En tout cas, lui, utilise un fond sonore existant avec des messages pour promouvoir le concept de « Love, Peace, Unity and Respect ». Et ceux qui entament son voyage musical, tout en étant dans leur « trip » comme on le dit, se trouvent dans un contexte où il y a interaction entre le créateur de sons et la foule. Le musicien électronique crée une ambiance, utilise des postures (bras levés), de codes, pour faire entrer le public dans un univers à la fois intérieur et extérieur. Les gens dansent tous ensemble, unissent leurs énergies pour parvenir à la réalisation de soi. Si Hans Jeetun a commencé sa carrière comme DJ (acronyme pour Disc-Jockey) en 2007 en Angleterre, par curiosité, dit-il, il s`est fait connaître en 2012 à Maurice en faisant la promotion de la musique trance. En 2013, il entame un travail de décomposition et recomposition et exerce ses talents sur scène lors des « White Afternoon » où tout le monde est habillé de blanc. Son rôle devient plus créatif en matière de mixage des sons qu`il diffuse. Loin des idées reçues, Jinx Jay nous parle aujourd`hui de « Orion Project », de la psy trance (un style spirituel, dit-il), mais aussi une expérience, un questionnement global. Sous les traits de Orion, il crée ses propres musiques. Le but, dit-il, est de grandir comme un véritable DJ, allant plus loin que le collage, pour faire découvrir de nouveaux styles sur le marché musical, créer de vidéos. Dans sa performance, il y a 90% de musique improvisée et 10% de préparation (choix de musiques). On le reconnaît grâce à son « body language » et sa capacité d’installer des ambiances sonores. Bref, il évolue dans un véritable laboratoire musical. Liens : fb.com/officialorionproject, soundcloud.com/theorionproject. Les illustrations ont été fournies par Hans Jeetun.