La grève de la faim des ex-employées des foyers de l’Association d’Hébergement pour les Personnes Inadaptées (AHPI) a pris une nouvelle tournure. Normalement, ces dernières (du moins les 12 qui avaient commencé le mouvement) devraient être aujourd’hui à leur 12e jour de grève. Toutefois, c’est sur une base de rotation que les employées de Namasté ont mené leur grève de la faim depuis le 1er mai. Ces dernières se sont relayées après un laps de temps. Georges Ah Yan, le porte-parole des grévistes, a surpris plus d’un hier après-midi en dévoilant cette stratégie. Des syndicalistes (voir plus loin) qui avaient fait le déplacement au jardin de la Compagnie pour prendre connaissance de la situation des grévistes ont été pris de court par cette initiative. Par ailleurs, Jean-Alain Antoine, le co-fondateur du foyer Namasté, qui avait lui aussi participé à la grève de la faim, n’était pas présent au jardin de la Compagnie, hier après-midi. Il revient également que les quelques grévistes qui réclament la réouverture des foyers poursuivent leur mouvement chaque soir, quasiment livrées à elles-mêmes, en l’absence de leur porte-parole.
D’autre part, alors que Georges Ah Yan prévoit des sorties contre la ministre de l’Égalité du Genre, Mireille Martin, celle-ci campe sur ses positions. Dans un communiqué diffusé vendredi dernier, le ministère réitère ses explications sur la suspension de l’appellation Place of Safety octroyée à Namasté. Le ministère s’est défendu d’être responsable de la situation des grévistes puisqu’elles ont été employées par le board d’administration qui gère les structures de l’AHPI.
Inquiets du sort des ex-employées de l’AHPI, des syndicalistes du monde du travail envisagent de leur apporter leur soutien. Après un premier constat de leur situation, hier après-midi, au jardin de la Compagnie, des figures connues des différents syndicats: Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, Féderation des Syndicats du Service Civil… se regrouperont en comité pour définir la marche à suivre. Ils définiront leur action aujourd’hui. Si ce comité décide de défendre la cause des 52 ex-employées des foyers, dont Namasté, de l’AHPI, il interpellera plusieurs ministères concernés par cette affaire, y compris le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Mais à hier soir, aucune décision définitive n’avait été prise.